vendredi 9 octobre 2015

Argentine du 27 au 29 septembre : Balneario El Cóndor, La Loberia, Puerto Madryn



Dimanche 27 septembre :

Nous ne repartons de notre bivouac sympa en bord de mer qu’en début d’après midi. Après une bonne très grasse matinée (nous étions fatigués… Vous avez peut-être du mal à comprendre mais oui, c’est possible !), les enfants, après avoir bien travaillé jouent sur la plage pendant que nous prenons des petits cafés dans le camping-car. Une bonne connexion wifi me permet de faire le précédent article.
Nous nous dirigeons vers une sympathique plage où des pêcheurs taquinent le poisson dans l’estuaire du Río Negro.
Nous apercevons des petits requins morts sur la plage.
Nous cherchons les dauphins au large mais nous n’en voyons pas. Un panneau nous explique finalement qu’on ne les voit que vers le mois de février. Les enfants escaladent une dune de sable avant de la redescendre en courant !
Nous quittons Balneario El Cóndor et empruntons la route côtière qui passe en haut de la falaise longue de 12 kilomètres en bas de laquelle nous avions observé hier la colonie de perroquets. Nous faisons une pause autour du phare de Río Negro.
Jolie vue sur Balneario, la mer et le parking où nous avons dormi hier soir.
Nous continuons notre chemin avant de nous arrêter sur un petit parking juste au dessus de la falaise. Nous voyons de nouveau tous les perroquets volant par couple. Mais cette fois, nous découvrons leur plumage par-dessus, et les couleurs sont magnifiques. Nous en verrons des centaines sur toute la route côtière.
 
Cette dernière, que nous continuons, se transforme rapidement en ripio. Nous goûtons de nouveau au plaisir de la tôle ondulée. Par endroit, il est difficile de dépasser les 20 km/h. Puis à nouveau, nous pouvons  rouler jusqu’à 60 km/h. Nous arrivons à La Loberia et à la Punta Bermeja.
Ici, sur la plage, au pied d’une falaise, nous découvrons une des colonies continentales les plus grandes du monde de lions de mer. Cette réserve abrite jusqu’à 7500 individus. Après avoir visité un petit centre d’interprétation sur le site, nous arrivons à un belvédère d’où nous surplombons la colonie.

Nous regrettons d’être un peu loin de celle-ci et de ne pouvoir l’approcher. Mais les enfants (et nous aussi !), prenons beaucoup de plaisir à regarder aux jumelles ces lions de mer.
Nous hésitons à nous engager sur la Ruta Provincial n°1 en direction de San Antonio en raison de l’heure avancée. Mais bon, il ne fait nuit ici qu’à 19 heures (nous avons gagné plus d’une heure par rapport à il y a une quinzaine de jours où nous étions à plus de 2000 kilomètres au nord). La prochaine ville pour faire étape est à 60 kilomètres et il nous a été déconseillé de dormir sur des plages car il y aurait eu des agressions nocturnes la semaine dernière. Nous prenons le ripio quand même en comptant arriver au village de Bahia Creek. Les paysages sont magnifiques.

Puis, au bout de 20 kilomètres, nous trouvons un magnifique endroit où stationner face à la mer. Un camping-car argentin aménagé dans un vieux bus est garé ici. J’approche les 5 argentins qui passent plusieurs nuits ici et me disent que l’endroit est très tranquille. Nous bivouaquons donc à côté d’eux. Ils viennent nous voir un plus tard dans la soirée en nous disant que s’il y avait le moindre souci, ils étaient armés ! Effectivement, nous les avons vu passer avec un fusil de chasse tout à l’heure… Heu… gracias…
Nous faisons une grande ballade sur la plage et profitons d’un superbe coucher de soleil. Le ciel est magnifique.
 

De retour au camping-car, pendant le repas, nous apercevons notre première baleine franche australe s’amusant dans l’eau, certainement avec son petit baleineau. Ils jouent durant une heure juste devant nous à quelques dizaines de mètres. Le spectacle est magique vu du camping-car. Nous voyons son souffle, ses nageoires, un petit bout de sa tête. Quelques petites pointes noires sortent de l’eau. Ce sont des lions de mer, naviguant dans les eaux très poissonneuses.

Nous nous couchons. Ce soir, c’est pleine lune et de plus, nous avons la chance de pouvoir observer, tout comme dans l’hémisphère nord, une éclipse totale de lune. Le spectacle est là aussi magique. Là où nous sommes, aucune pollution lumineuse ne gâche le spectacle. A 23h47, la lune se trouve entièrement dans l’ombre de la Terre.
 
Nous observons le phénomène de la fenêtre de la capucine, bien blottis sous la couette. Rapidement, les nuages arrivent, et nous ne verrons pas la fin du phénomène. 

Lundi 28 septembre :

La nuit se passe bien, jusqu’au petit matin où nous sommes réveillés par une sacrée tempête. Le vent souffle terriblement fort. Le camping-car bouge dans tous les sens. C’est incroyable.
Joli lever de soleil cependant à 6 heures du matin. Photos prises de la capucine du camping-car.
Quelqu’un frappe à la porte à 7 heures. Nous ouvrons la fenêtre de la capucine. Ce sont nos voisins qui nous demandent si nous voulons bien bouger notre véhicule pour nous rapprocher d’eux et ainsi les protéger des vents. Leur auvent menace de s’envoler malgré les grosses cordes d’arrimage.
Nous nous demandons s’il ne vaudrait pas mieux reprendre la route et rejoindre au plus vite la ville, mais nos voisins, protecteurs, nous le déconseillent et nous disent d’attendre que la tempête se calme. Ils ont certainement raison. Sauf que celle-ci ne se calme pas. Tout au long de la matinée, la marée est montante et les vents se renforcent d’autant.
 

Nous restons bien au chaud dans notre coquille d’escargot. Il est impossible de sortir. Les portes du camping-car s’arracheraient avec le vent. Les enfants travaillent, je lis les guides touristiques sur les incroyables moments qui nous attendent dans les prochains jours, je trie mes photos, je fais des cafés. Notre voisin vient me voir pour me dire que vers  15 heures, nous pourrons reprendre la route tranquillement.
Nous décidons de ne pas poursuivre par la route côtière jusqu’à San Antonio car le vent a dû recouvrir la piste de sable. Les locaux nous avaient dit que nous pouvions emprunter cette piste seulement s’il n’y avait pas de vent. Nos repartirons donc en chemin inverse pour refaire les 20 kilomètres de ripio (avec déjà quelques belles ornières de sable hier tout de même) nous séparant de La Loberia. Alors que de l’autre côté, il en reste 130 et cela n’est pas raisonnable compte tenu du temps. Cela nous fait pourtant faire un détour de 120 kilomètres… mais on a le temps…
Audrey et Victor préparent des crêpes. Anaïs m’accompagne pour en apporter une assiette à nos voisins. Il est impossible de marcher droit dehors. Nous montons à l’abri dans leur bus. Ces cinq amis pêcheurs habitent à 800 kilomètres d’ici et passent la semaine sur la côte. Je bois l’apéro avec eux, du Fernet Coca avec plein de glaçons... Nous leur donnons les crêpes toutes chaudes et un joli dessin préparé par Anaïs. Nous repartons avec des poissons pêchés hier, préparés et congelés. Ils insistent sur la meilleure façon de les cuisiner : coupé en tronçons et frits dans de l’huile. On suivra leurs conseils !
Il est 12h30, la tempête ne faiblit pas. La marée semble au plus haut, les énormes vagues s’éclatent sous forme de gros rouleaux à une dizaine de mètres du camping-car. Le spectacle est superbe. Nous nous sentons seuls au monde. Personne ne passe sur la piste. Les mouettes au mieux font du vol stationnaire. Ou sinon, elles volent en reculant. Ce qui fait éclater de rire les enfants.
Une heure plus tard, le ciel s’éclaircit un petit peu. Le vent ne faiblit pas. Nous prévenons nos voisins que nous partons. Ils nous embrassent, nous remercie encore pour les crêpes et nous souhaitent bonne chance et bon voyage.
Tous les argentins croisés sont vraiment très gentils, attentionnés, protecteurs, souriants… Nous ne comptons plus les petits signes de la main ou les appels de phares sur la route, les petits mots dès que nous nous arrêtons sur un parking et les « ¡ Que lindo ! » lorsque nous leur racontons notre voyage. Ils sont de plus très impressionnés par notre véhicule ; ici, il n’y a pas de camping-car ou vraiment très peu. Nous en avons croisés 4 ou 5 depuis le début du voyage.
Bref, nous prenons donc la piste et rapidement, nous sommes à l’abri du vent par les petites dunes.

Nous roulons finalement assez facilement. A tour de rôle, Anaïs et Victor prennent le volant sur mes genoux sur quasiment 10 kilomètres. La tôle ondulée fait tout trembler dans le camping-car.
Nous parcourons ensuite 250 kilomètres dont une bonne centaine en ligne droite d’une monotonie déconcertante. Il n’y a… rien à l’horizon. Nous ne croisons même plus d’élevage sur cette distance.
Quasiment pas de circulation non plus. Vent de face. La route droite se perd à l’horizon. La végétation se résume à une steppe assez dense d’arbustes d’un mètre de haut au maximum.
Nous arrivons à Las Grutas, station balnéaire où nous bivouaquons au bord de la mer.
Nous prenons l’apéro pour fêter notre 50ème jour de voyage et nos premiers 5000 kilomètres… Bon, pour tout vous dire, on avait trouvé d’autres excuses pour boire l’apéro pour les 45ème, 46ème, 47ème, 48ème, 49ème jours…
Nuit tranquille.

Mardi 29 septembre :

Les enfants font leur travail d’école sur la route avec Mamantresse qui s’assoit avec eux autour de la grande table. Le programme se déroule bien. Victor fait beaucoup d’efforts et de progrès en lecture. Il commence à lire de petites phrases simples et se débrouille très bien. En maths, il a compris le système des dizaines. Anaïs travaille en littérature, en Histoire… et apprécie d’autant plus la géographie durant ce grand voyage.
Premier contrôle phytosanitaire à la sortie de San Antonio sur la Ruta 3 qui contrôle que nous n’importons pas de viande et de fruits et légumes en Patagonie, quand bien même nous y sommes entrés  depuis 500 kilomètres ! Nous concernant ce contrôle se limite à une simple vérification approfondie des papiers. Nous avons réussi à rouler 2000 kilomètres sans nous faire contrôler ! Cela change des provinces du nord de l’Argentine où nous nous sommes fait arrêter jusqu’à 4 fois en quelques dizaines de kilomètres…
Je lutte contre un vent de côté impressionnant. Pas de bourrasques dangereuses pour la conduite mais un vent constant de côté. En témoigne la photo de ce malheureux agent de la DDE locale habillé tel un cosmonaute. La température n’excède pas 10° et le froid ressenti avec le vent est saisissant.
Je bas mon record de consommation (14l/100 au lieu de 12 environ en conditions normales) depuis que nous avons le camping-car malgré l’aspiration d’un camion pendant environ 80 kilomètres.
Changement de province, et nouveau contrôle phytosanitaire (enfin par pour nous), à priori le dernier, juste avant Arroyo Verde. Heureusement, Marion et Daniel nous avaient prévenus de ces contrôles et nous avions pu cacher tous nos produits frais dans le coffre-fort. (Bon, en fait, on a tout caché pour rien… c’était juste histoire de devoir expliquer aux enfants qu’on faisait quelque chose de pas trop légal…).
Sur le bord de la route, nous voyons quelques jolies lagunes. 
A midi, nous avons parcouru 260 kilomètres et sommes arrivés à Puerto Madryn, assez grande ville, encore sur le continent et marquant l’entrée de la péninsule Valdés.
Nous trouvons une place en plein centre ville en bord de mer avec d’un côté une grande aire de jeux faisant le plaisir des enfants et de l’autre, une laverie. Quatre machines à laver seront nécessaires pour repartir à zéro avec du linge propre. Cela fait un mois que nous nous débrouillons avec nos petites lessives dans notre bidon étanche. Cela fonctionne très bien. Le linge en sort en sentant bon mais avec quelques tâches (propres !) tout de même.
Petite ballade glaciale sur le front de mer et sur la plage.  Nous ne sommes pas assez couverts malgré nos polaires et blousons. Il va falloir sortir nos sous-vêtements techniques. Nous voyons de jolies sculptures dans des troncs d’arbre.
 
 

Nous faisons un tour à l’office de tourisme et achetons une carte détaillée sur la péninsule Valdés avec les différents ripios et accès aux sites où observer la faune marine : baleines, éléphants de mer, lions de mer, pingouins de Magellan, et peut-être même des dauphins et des orques... Voilà ce qui nous attend à partir de demain ! En attendant, chacun se glisse dans des draps tout propres…

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