vendredi 11 septembre 2015

Argentine du 6 au 8 septembre : Parque Nacional de Teyú Cuaré, Missions jésuites de San Ignacio Miní.



Dimanche 6 septembre :

Aujourd’hui, il s’agit de se remettre sérieusement au travail. Les enfants sont restés deux jours sans école avec les visites de réserves naturelles. La matinée est donc consacrée à se remettre à jour. De mon côté, comme d’habitude pendant ce temps, c’est l’occasion pour moi de faire une longue mise à jour du site, de trier les photos. Je bénéficie d’une très bonne connexion wifi que j’ai laissé tourner toute la nuit pour faire les sauvegardes de photos sur le cloud Google ainsi que des mises en ligne de vidéo sur Youtube.
Je répare une petite fuite d’eau sur mon système de filtration rajouté avant le départ qui nous permet de traiter les bactéries et virus de n’importe quelle eau quel que soit l’endroit où nous faisons le plein. C’est bien pratique et ça nous évite de nous encombrer avec des bouteilles d’eau.
Bon, je vous passe les habituels divers pleins et vidanges. Nous prenons la route plein nord de l’Argentine. Nous quittons la province de Corientes pour celle de Misiones. D’un coup, les paysages changent, deviennent vallonnés, verts. Nous traversons quelques petites forêts exploitées pour la transformation du bois. La terre devient très rouge et une poussière de la même couleur recouvre la route, le mobilier urbain…
La route traverse une ville, chose qui ne nous était pas arrivée depuis des centaines de kilomètres. Nous sentons que nous approchons d’une région touristique à l’approche de la ville de Posadas. Sur le secteur où nous arrivons, circulent beaucoup de cars de tourisme qui vont des Missions Jésuites jusqu’aux chutes d’Iguazú.
Nous cherchons à rejoindre le Parque Nacional de Teyú Cuaré près de San Ignacio. La piste que nous empruntons est bien praticable à vitesse lente sur environ 10 kilomètres. Cependant, elle est très étroite et nous avons eu la chance que la seule voiture croisée fût une toute petite Fiat 500. De plus, les branches frottent de chaque côté du camping-car ainsi que sur le toit. Attention, pour les prochains voyageurs en camping-car passant par là qui sont maniaques de leur véhicule, vous allez le rayer un peu… Nous, ça va, nous avions baptisé le nôtre dans les péninsules du sud-ouest irlandais où nous l’avions déjà bien rayé sur les côtés. A l’arrivée, nous sommes récompensés par une superbe petit parking boisé avec une petite maison où habite le gardien du parc qui vient nous accueillir et nous souhaiter la bienvenue. Il nous fait visiter les installations à notre disposition : barbecue, table de pique nique, eau à disposition, WC. Les enfants jouent avec d’autres enfants au ballon avant que ces derniers ne partent. Nos restons un peu seuls au monde au cœur de cette jolie forêt subtropicale.

Lundi 7 septembre :

Nous sommes réveillés par le bruit des oiseaux. Quel bonheur d’ouvrir la fenêtre, encore sous la couette, et de les observer. 
Juste après notre petit déj, nous partons randonner sur un joli sentier qui descend jusque sur les berges du fleuve Paraná.

Puis nous remontons par un escalier de plus de 300 marches d’où nous avons un superbe point de vue sur le fleuve. Juste en face, sur la rive droite, c’est le Paraguay.


La forêt subtropicale que nous traversons est magique. On y croise aussi bien des fougères que des cactus et des palmiers. La forêt est envahie de lianes qui relient les arbres entre eux.




Nous observons beaucoup de gros lézards, des papillons, une jolie libellule (Mathieu, c’est quoi comme espèce ?).

Sur le chemin du retour, nous récupérons du bois mort pour le barbec’ de ce midi.
De retour de la rando, Audrey s’occupe des enfants, moi de l’intendance du camping-car…
Petit barbecue super sympa. La viande rouge argentine est excellente et d’une tendresse ! et les bananes à la braise, papi Jean Claude, c’est super bon (avec un peu de dulce de leche, c'est pas mal non plus...) !

Nous nous sentons tellement bien ici que nous envisageons d’y passer une deuxième nuit mais l’orage arrivant nous fait vite partir pour ne pas rester bloqués sur la piste. Nous allons à quelques kilomètres dans le bourg pour y visiter demain les ruines des missions jésuites de San Ignacio Miní.



Mardi 8 septembre :

Bon, avant tout et pour ceux que ça intéresse, voici un petit mot d’histoire pour vous expliquer ce que sont ces missions jésuites :
Dès 1549, les jésuites arrivent au Brésil avec pour mot d’ordre d’évangéliser et de civiliser la population locale. Depuis le début du 16ème siècle et l’arrivée des conquistadores espagnols, le système de l’encomienda leur reconnaît la propriété des terres et de la population qui est donc exploitée dans les champs et les mines. Ce système est remis en cause suite à de grandes révoltes indiennes et suite à l’opposition de l’Église. En 1609, un décret abolit le « service personnel » que doivent rendre les indiens aux colons. Le roi autorise les jésuites d’Amérique de fonder un État autonome dans cette région. En 1732, 30 missions sont ainsi créées et regroupent plus de 140 000 habitants Guaraní. Les jésuites font usage de leur savoir médical et de la protection qu'ils offrent aux Guaraní. En échange, les Guaraní doivent se convertir au christianisme. Pendant 150 ans, ces missions vivent pratiquement isolées du monde extérieur avec un mode d’organisation communautaire autonome. Mais les attaques des marchands d’esclaves portugais à partir de 1632 feront déménager ces missions et fuir le Brésil pour aller s’installer au Paraguay et en Argentine. De 1700 à 1750, c’est le véritable âge d’or des missions où les jésuites ont réussi à supprimer la polygamie, la nudité, les maisons communes. La peine de mort est abolie. Tous les habitants pratiquent l’élevage collectif. Tout se partage, s’autogère et s’échange. Des services publics, des écoles et des hôpitaux sont créés. Mais en 1750, les portugais lancent une campagne de dénigrement contre les jésuites. En 1759, suite à un changement de roi, les frontières espagnoles et portugaises sont modifiées en Amérique et les missions tombent aux mains des portugais. Les jésuites sont expulsés  et les missions sont détruites en  1817.
San Ignacio Miní, est classée avec six autres missions par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité. Ses ruines sont parmi les mieux préservées du territoire jésuite jadis formé aux confins de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay.
C‘est donc de bonne heure, que nous partons visiter ce superbe endroit encore vide de touristes à cette heure ci. Nous visitons d’abord un musée très bien fait sur l’histoire des missions.
Maquettes, panneaux explicatifs et œuvres d'art des Guaraní qui étaient excellents dans les travaux manuels (sculpture du bois, poterie...).


Par la suite, nous entrons sur le site et découvrons les maisons d'habitations des Guaraní.



La place principale de San Ignacio était bordée de l’église, un cabildo (chapitre de la communauté), la résidence des pères jésuites, un cimetière et sur trois côtés, d'habitations indigènes.
L’église mesurait 74 mètres de long sur 24 mètres de large ; les murs étaient constitués d’une pierre de sable locale rouge, assemblée sur deux mètres d’épaisseur, ce qui a permis à l’édifice de surmonter deux cents ans d’abandon.




Puis, nous entrons dans le cloître, le "patio de los padres".


L'empilage des grosses pierres qui servait à édifier les murs est de toute beauté.
Au milieu de ces ruines, la végétation luxuriante pousse en abondance. C’est magnifique.





Après ces deux heures à se balader, nous sortons du site et croisons Catherine et Philippe, les voyageurs tourangeaux que nous avions croisés avec leur gros camion, 1000 kilomètres plus bas à Colonia.

Nous continuons notre route en direction des chutes d'Iguazú.

@ bientôt...

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