lundi 7 septembre 2015

Argentine du 1er au 5 septembre : Cólon, Parque nacional El Palmar, Laguna de Iberá



Mardi 1er septembre :

Nous avons donc dormi dans une station service près de la ville de Mercedes en Uruguay à quelques kilomètres de la frontière.
La matinée est occupée à faire les devoirs et un peu d’intendance pour le camping-car. Comme toutes les 48 heures, nous devons refaire le plein d’eau de 100 litres. Nous ne remplissons pas pour l’instant la deuxième réserve d’eau de capacité équivalente, tant que nous trouvons facilement de l’eau dans les stations services, dans un souci de gagner un peu de poids. Nous sommes déjà assez lourds comme ça (plus de 4 tonnes). C’est aussi l’occasion de vidanger les eaux grises (douches, éviers…), et les eaux noires, c'est-à-dire la cassette. Bon, pour les non-initiés, la cassette, c’est la boîte à caca ! Et oui, 20 litres toutes les 48 heures ! Et sans boire de bière en plus… Et puis il faut aussi remplir le réservoir du camping-car… Bon, voilà pour l’intendance du camping-car pour ceux qui se posaient la question. Pendant qu’on y est, on se lance dans la lessive. Les résultats de notre machine à laver sur notre précédent voyage avaient été concluants. Nous nous servons d’un gros bidon étanche où nous mélangeons linge sale, lessive et eau et les mouvements du véhicule sur la route font le reste. Surtout ici, vu l’état des routes…
Nous prenons la route et juste avant le grand pont qui enjambe le fleuve Uruguay, nous arrivons au poste de frontière de Fray Bentos. Les formalités sont assez rapides, environ 30 minutes. Présentation des passeports pour nous ; pour le camping-car, présentation des papiers : CG, assurance, papier qui nous avait été remis à l’entrée dans le pays qui nous permettait de circuler dans le pays et d’en sortir. Nous repartons avec un nouveau papier équivalent pour circuler en Argentine. Petit tour au duty-free mais rien d’intéressant.
La route nous fait passer par hasard devant le premier supermarché que nous rencontrons depuis notre arrivée en Amérique du sud. Ça tombe bien, car cela fait plus de 3 semaines que nous faisons les courses au quotidien dans des petites épiceries ou des stations services. Nous sommes donc tout contents de rentrer avec notre caddie que nous allons bien remplir dans le Carrefour. Nous le remplissons bien, d’autant plus que les placards et le frigo du camping-car étaient vides car nous ne savions pas si nous pouvions passer des produits frais à la frontière Uruguay/Argentine (en fait, dans ce sens on aurait pu).
La journée est déjà bien entamée avec toute cette intendance mais bon, de temps en temps, il faut bien. Nous roulons en direction du nord sur une autoroute dans un état correct. Une nouvelle nuit est passée sur un parking de station service. C’est bien pratique au point de vue sécurité, pour faire les divers pleins et pour capter le wifi gratuit. L’antenne amplificatrice de signal wifi posée sur le toit nous rend bien des services et permet d’avoir le wifi dans le camping-car même si on est garé assez loin (on a testé jusqu’à plus de 200 mètres pour le moment).

Mercredi 2 septembre :

Bon, il faut s’occuper du linge qui trempe depuis 24h. Et là, grand luxe, nous avons une essoreuse ! C’est volumineux, mais quel bonheur…
Nous partons visiter la ville de Colón. Pas exceptionnelle par ses monuments, mais c’est une jolie petite ville bien arrangée et bien entretenue autour de ses larges avenues et places. Mais dès que l’on sort des axes principaux, les routes ne sont plus bitumées ou pavées, mais en terre.
Petite pause aux jeux aux normes locales pour les enfants. Petit tour de la place principale et de l’église.
Puis, nous allons à la plage !
 
Sur les bords du fleuve Uruguay qui marque la frontière avec l’Argentine, que nous voyons donc à quelques dizaines de mètres, nous construisons tous les quatre un joli château de sable.
A vrai dire, mises à part les sources thermales que nous n’avons pas testées, l’intérêt de cette ville est bien son côté balnéaire. En haute saison, l’ambiance doit être assez sympa avec ses dizaines de barbecues répartis sur des terrains au bord du fleuve.
Au fait, nous ne vous avons pas encore parlé du Dulce de leche. Bon, nos amis voyageurs qui sont déjà venus ici doivent en avoir un bon souvenir. C’est de la confiture de lait. Imaginez la consistance du lait concentré sucré avec un goût de caramel au beurre salé, mais sans le sel… Et bien, quel délice ! Ça se mange à la petite cuillère comme le Nutella chez nous… On en met une cuillère dans le café à la place du sucre. C’est trop bon !
Nous reprenons la route jusqu’à la réserve naturelle du Parque Nacional El Palmar célèbre pour ses palmiers yatay vieux pour certains de 800 ans. Nous roulons sur une piste en bon état pendant 12 kilomètres.
Nous empruntons en fin de journée deux sentiers de randonnées.
 
C'est l'occasion d’observer avec pas mal de chance, des espèces animales que nous ne connaissions pas : mulita pampeana (tatou), carpinchos, zorros (renards)… C’est magique. Les carpinchos ne sont pas du tout farouches et se baladent par dizaines autour de nous. Il s’agit du plus gros rongeur du monde. Les enfants et nous sommes ravis d’observer cette faune.
 
 
Nous descendons sur la plage au bord du fleuve Uruguay. Face à nous, le pays Uruguay.
 
Audrey nous prépare une petite soirée crêpes sur lesquelles nous tartinons... du dulce de leche ! Bien entendu… On a même essayé crème fraiche + dulce de leche, ben, c’est encore mieux. On ne pourra plus jamais reprocher à Papi Daniel son mélange beurre-nutella sur ses tartines...
Nous essayons de dormir sur un parking sur le bord de l’Uruguay en espérant que personne ne vienne nous déloger car les panneaux marquent « no acampar ». Et bien, veremos…

Jeudi 3 septembre :

On a bien fait d’essayer. Personne n’est venu nous déranger et nous avons passé une nuit bien au calme au cœur de cette immense réserve. Pendant qu’on était couché, nous avons observé à la lampe frontale par la fenêtre de la capucine un renard autour du camping-car. Ses yeux verts se reflétaient dans le faisceau lumineux.
Ce matin, pas de devoirs. Nous les ferons plus tard dans la journée. Nous partons faire une ballade de deux heures toujours au cœur de la réserve mais dans une partie plus boisée, assez vallonnée en bordure du fleuve Uruguay.
 
 
Les rayons du soleil traversent les arbres qui n’ont pas encore toutes leurs feuilles. La lumière est magnifique. Les oiseaux chantent en continu.
 
Nous sommes tout seuls et nous nous sentons seuls au monde. Nous ne voyons pas de faune particulière mais nous observons avec attention, les traces fraîches laissée par celle-ci : carpinchos, jabalí (sanglier)…
Nous regardons les guides pour programmer la suite de notre voyage, nous consultons les blogs d’autres familles voyageuses dont celui d’ensemble autrement autour du monde qui racontent leurs galères en allant visiter la laguna d’Ibera en raison du mauvais temps. La météo semble favorable de notre côté pour 3 à 4 jours. Nous décidons de rapidement y monter afin de pouvoir profiter de cette réserve sans trop galérer sur sa longue piste d’accès. Audrey passe à l’arrière du camping-car pour faire l’école aux enfants. Mais Victor annonce : « maman, je veux bien arrêter et je veux bien que tu me donnes la bassine s’il te plait ». « Bon d’accord… ».
Nous roulons jusqu’à la nuit en essayant d’atteindre la ville de Mercedes, dernière étape avant l’accès à la piste. Nous tournons en rond dans cette ville avec une certaine difficulté à trouver une place de stationnement. Les rues sont chargées. Il y a beaucoup de circulation et la nuit est tombée. Les stations services de centre ville sont trop petites pour nous accueillir. Finalement, nous trouvons une rue un peu plus large et deux agents de circulation nous aident à manœuvrer. Nous stationnons devant une maison dont le propriétaire vient dans la soirée frapper à notre porte pour nous proposer ses services si nous avons besoin et nous proposer de faire le plein d’eau chez lui, chose que nous acceptons avec plaisir au petit matin. Nous appréhendions le bruit de la ville pour dormir mais en fait, ça a été.

Vendredi 4 septembre :

Nous prenons de bonne heure la route en direction de Carlos Pellegrini au cœur de la Reserva Provincial Iberá. D’une superficie de 13000 km², ses prairies, ses savanes, ses immenses zones humides abritent 628 espèces animales. Ses marais et étangs forment la plus grande réserve d’eau douce  du continent. Bon, sur la carte postale, ça paraît joli (et en vrai, encore plus…) mais le problème c’est l’accès ! Pour parcourir les 40 premiers kilomètres, nous empruntons une superbe route goudronnée, certainement la plus belle depuis que nous sommes en Argentine, mais d’un coup sans prévenir...
...l’enrobé s’arrête et laisse place à une véritable tôle ondulée sur les 80 derniers kilomètres que nous mettrons 3h30 à parcourir. J’ai quand même réussi à faire une pointe à 40km/h. Le reste du temps, à une petite moyenne de 30 km/h, tout l’intérieur du camping-car bouge et nous avons l’impression que  les placards vont se décrocher des cloisons ! Le tout est d’éviter les trous, les ornières et les gros cailloux au milieu de la piste.
Heureusement que le temps est sec et qu’il n’a pas plu ces derniers jours
Pendant 120 kilomètres, il n’y a… rien : juste une grande ligne droite avec des parcelles de champs en jachère dont certaines accueillent des élevages de vaches, de zébus, d’autruches et de moutons.
 
Pas de villages, de hameaux ; juste quelques estancias sur des magnifiques petits oasis de verdure.
Sur la piste, plus on se rapproche de l’entrée de la réserve, plus nous observons la faune typique de celle-ci (carpinchos, cerf des marais, oiseaux…).
 
 
 
Arrivés sur place, on en a plein le dos et le camping-car aussi mais quelle surprise d’arriver au bout de 120 kilomètres de quasi ligne droite dans un petit havre de paix. Nous stationnons à l’entrée de la réserve face à l’immense lagune.
Autour du Centre des Visiteurs que nous visitons, quelques carpinchos broutent l’herbe.
Nous rencontrons un "gato montés" (chat sauvage).
Nous apercevons pendant quelques dizaines de secondes un crocodile, immobile. Je prends mon appareil photo, zoom dessus. J’ai en plein dans le viseur sa gueule grande ouverte. Mais avec Audrey, nous en concluons qu’en fait, c’est un faux. Je décide de ne pas appuyer sur le déclencheur de l’appareil photo, ne trouvant pas trop d’intérêt à photographier une « statue » de crocodile. Victor s’approche par derrière de la « statue ». Il est à 1 mètre de celle-ci quand, tout à coup, la « statue », qui n’en était pas une, en ¼ de seconde bondit dans l’eau… Oups ! (Victor va bien, on ne racontera pas cet épisode à mamie Liliane...).
Bon, finalement, les autres doivent être vrais aussi, je les prends en photo !
 
Nous empruntons un long pont qui mène au village de Carlos Pellegrini. Certaines planches de bois manquent. Le bruit du passage d’un véhicule sur celui-ci résonne dans tout le village.
Comme dans la majorité des villes et villages rencontrés jusqu’à présent en Uruguay et en Argentine, tous ont la même structure où toutes les rues forment des quadras. Elles sont toutes à l’équerre et forment donc des carrés. Il est d'ailleurs très facile de se repérer et d'y circuler car rares sont celles à double sens de circulation. Lorsque nous demandons notre route, les habitants nous parlent en disant : « prenez la 8ème quadra à droite puis la 5ème à gauche… ».
Ici, dans ce village de 1000 âmes, pas de rues goudronnées, encore moins en gravier ou autre mais simplement du sable tassé par la circulation. Nous conseillons donc aux prochains voyageurs en camping-car non 4x4 d’éviter de rentrer dans le village s’il a plu récemment.
On se demande comment font les habitants pour vivre ici. La première ville étant à plus de 3 heures de route. Il n’y a pas de commerces à part quelques toutes petites épiceries. Le dépôt de carburant a brulé et il faut faire 240 kilomètres aller/retour pour faire le plein ! En fait, quasiment tous semblent vivre du tourisme même si, en cette période creuse, nous croisons très peu de touristes dans le secteur. Ce dernier est assez excentré des gros sites touristiques du pays et les tours opérateurs ne passent pas par ici. De plus, les touristes motorisés ne semblent pas très nombreux compte tenu des importantes distances à parcourir entre deux sites.
Nous parcourons le village à pied, et observons les jolies maisons.
Nous montons sur un mirador d’où nous avons un excellent point de vue sur la lagune.
En suivant leurs cris, nous découvrons hauts perchés dans les arbres trois singes.
 
Puis des magnifiques papillons, oiseaux, perroquets...
Nous croisons le chemin d’Antonio qui nous propose de nous servir de guide pour faire une visite nocturne des chemins balisés à l’entrée de la lagune pour partir à la découverte des animaux. Nous nous retrouvons à 19h30 pour une bonne heure de ballade bien agréable sous un ciel étoilé comme rarement nous avons eu la chance de voir. Nous sommes à 120 kilomètres de la première ville. Nous n'avons donc aucune pollution atmosphérique ou lumineuse et observons une voie lactée superbe.
Pas beaucoup de chance ce soir, nous verrons à la frontale « juste » trois carpinchos (on devient blasés, on en voit des dizaines depuis deux jours !), des Yakarés (crocodiles) et un tatou. En revanche, le bruit des animaux (grenouilles, oiseaux…) à la nuit tombée est tout simplement merveilleux. Les lucioles éclairent de petits points verts partout autour de nous. Les enfants adorent.

Samedi 5 septembre :

Ce matin, le réveil sonne. Nous avons rendez-vous à 7h à l’embarcadère pour partir faire deux heures de ballade au cœur de la lagune sur un bateau.
 

C’est en effet le soir ou le matin que nous avons la chance d’observer le plus d’animaux. Soleil levant, à la fraîche, nous partons longer les berges de la lagune où des masses végétales flottantes abritent une faune et une flore exceptionnelle. Nous avons la chance de voir le lobito del río (loutre), le ciervo de los pántanos (cerf des marais), des yakarés (caïmans) et carpinchos (gros rongeurs) par dizaines. Nous avons également vu des dizaines d’espèces d’oiseaux mais nous ne sommes pas assez connaisseurs pour légender les photos… (à part peut-être les cicognes !).
 
 
 
 
 
 
Retour au camping-car. Nous discutons avec des villageois sur l’état de la route 40 au nord du village qui nous permettrait d’éviter de redescendre sur Mercedes avant de remonter sur Posadas. Ceci nous éviterait un détour de 200 kilomètres, mais il nous est grandement déconseillé de prendre cette piste en encore plus mauvais état que celle empruntée hier. Nous jouons la sécurité et revenons par là où nous sommes arrivés. C’est donc reparti pour 3h30 de ligne droite.
Je ne pensais pas qu’un camping-car était aussi peu étanche à la poussière ! Il y en a partout dans notre petite maison. L’extérieur, est lui aussi (mais plus facilement nettoyable…) rouge de poussière !
J’apprécie beaucoup les modifications apportées avant le départ à savoir le montage des suspensions pneumatiques ainsi que la tôle de protection sous le moteur qui a frotté à plusieurs reprises. De même, la grande bavette caoutchouc transversale ajoutée en dernière minute permet d’éviter la projection des cailloux sous le châssis et les différents réservoirs et gaines.
Sur la piste, nous nous arrêtons discuter avec un gaucho parti à dos de cheval dans le village d’à côté…
Un peu plus loin, nous en apercevons un autre au galop et regroupant ses chevaux.
 
 
Soudain un mirage apparaît : le bout de la piste semble se transformer en route asphaltée !!! Quel soulagement pour nous quatre et pour notre monture qui s’en est bien sortie…
J’arrête une mobylette tricycle chargée de bouteilles de gaz voulant lui en acheter une au format argentin. Il me vend la consigne comme aux deux autres endroits où nous nous sommes déjà arrêtés plus de 100€… Bon, on verra plus tard !
Nous continuons notre route en direction des chutes d’Iguazú. La ruta 14 que nous empruntons est en bon état contrairement à celle qui montait sur Mercedes. Nous roulons à 100-110 km/h sans être ralenti par des traversées de villages car il n’y en a pas…
La police nous arrête par deux fois. Pas de contrôles de papiers ou autre, simplement : « Vous êtes de quelle nationalité, vous allez où ?, Ah, buen viaje » et un grand sourire… Nous faisons là encore des dizaines de kilomètres sans rien voir, pas même une station service. A l’approche d’une ville, à la troisième où nous demandons, celle-ci accepte de nous donner le mot de passe wifi qui me permet de faire cette nouvelle mise à jour du blog qui semble bien suivi par vous tous (le cap de 10 000 pages vues a été franchi, incroyable !),  et de consulter et répondre à vos nombreux mails qui  nous font toujours plaisir…
Nous dormons sur la partie privée d’une maison d’où nous captons le signal wifi de la station service voisine. J’aperçois la propriétaire à qui je vais évidemment demander si je peux dormir devant chez elle. Elle accepte. Les enfants donnent au petit Brandon, 18 mois un de leur doudou (ils en ont amenés 3 caisses pour offrir au fur et à mesure des rencontres). Petits sourires et jeux de ballon échangés avec lui.
Bon petit plats préparés par Audrey pendant que moi, j’écris ces quelques lignes…

Dany le nain a publié son épisode n°5, il n'a pas l'air de bonne humeur ! Oh, ça va bien lui passer...

Allez également lire les carnets de voyage d'Anaïs et de Victor.

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