mercredi 14 octobre 2015

Argentine du 9 au 12 octobre : Puerto Madryn, Gaimán, Rawson, Isla Escondida, Punta Tombo


Vendredi  9 octobre :

Le PC a pu tourner toute la nuit connecté au bon wifi de la station et ainsi permettre de sauvegarder sur le cloud Google toutes les photos ainsi que les petites vidéos Youtube. La matinée se passe comme tous les jours, Audrey travaille avec les enfants et moi, je m’occupe du blog et d’un peu d’entretien sur le camping-car. En fin de matinée, il est temps d’aller à la laverie si nous voulons récupérer notre linge avant de repartir de Puerto Madryn ce soir. Puis un petit tour à Carrefour. Là, nous rencontrons Michèle et Michel, encore un couple de français retraités voyageant en Land avec une cellule. Petite discussion et échange d’informations bien utiles de voyageurs mais chacun doit repartir de son côté, nous nous recroiserons certainement plus loin car nous empruntons le même circuit.
Puis, nous voulons visiter l’écocentre, un musée apparemment très bien fait sur la faune locale. A l’extérieur, un impressionnant squelette de baleine échouée en 2000 sur les plages du golfe.
A l’entrée, les tarifs, eux aussi impressionnants, nous rebutent un peu. Nous ressortons. L’inflation galopante en Argentine, comme on vous en a déjà parlé est vraiment dramatique, surtout pour les argentins évidemment mais également pour les touristes. Nous sommes partis avec des guides touristiques édition 2015 et les tarifs ont déjà explosé. Ici, 80% d’augmentation ! Ailleurs, souvent 30, 40, 50% d’augmentation par rapport à l’année passée. Sur le parking, nous discutons avec un couple français expatrié à Buenos Aires. Nous parlons avec eux de ce problème. Ils nous expliquent que du coup, les argentins dépensent toutes leurs économies car ils s’attendent à une très prochaine dévaluation importante de leur monnaie, peut-être même imminente avec les nouvelles élections présidentielles de fin d’année. Les argentins vivent dans une sacrée incertitude compte tenu de cette inflation de plus de 30% par an. Les salaires ne suivent pas, évidemment, et le salaire moyen tourne souvent autour de 500 à 800€ sachant que le niveau de la vie est très semblable à celui de la France. En ce qui nous concerne, nous avons la chance d’avoir pu rentrer avec des liquidités en euros ou en dollars que nous changeons au cours parallèle. Ce cours augmente sans cesse. Au mois de juillet, on espérait pouvoir changer à notre arrivée dans la capitale à 1€ pour 13 pesos au lieu de 10 au cours légal. Finalement, nous avions changé à 1 pour 15. Aujourd’hui, c’est à 1 pour 17 ! Autant dire qu’il n’y a plus d’argent qui rentre dans les banques. Tout se paye en liquide ici. Il y a même des remises si on paye ainsi. Étant arrivés bientôt à court de pesos, nous devons changer à nouveau des dollars que nous avions retirés au Paraguay et en Uruguay en prévision. Michèle et Michel nous donnent une adresse à Puerto Madryn d’un petit kiosque vendant des babioles aux touristes venus voir les baleines. Nous y allons et retrouvons dans la file Catherine et Philippe, les tourangeaux… Je me présente à l’employé qui m’appelle le patron quand je lui dis que je veux faire du cambio. La discussion se poursuit autour de la calculatrice. Malheureusement, il n’a plus de pesos car il a été dévalisé aujourd’hui par les touristes et peut-être quelques chanceux argentins ayant eu la chance de se procurer des $. Il passe un coup de fil à un ami et nous emmène dans un gros 4x4 noir aux vitres sur teintées à l’autre bout de la ville. Il échange sur le trottoir avec son ami quelques liasses de billets. Nous reprenons la route avant de nous arrêter sur un côté pour effectuer la transaction $/pesos. Nous discutons avec cet homme très gentil de ce change mis en place depuis 4 à 5 ans. Il nous confirme que tout ici se paye en liquide et surtout en monnaie refuge, tel le $ ou l’€, y compris l’achat d’une voiture ou d’une maison. Ce système de change est vraiment très étrange mais nous comprenons que les argentins ayant des liquidités en pesos préfèrent perdre un petit peu aujourd’hui en les échangeant contre des dollars que certainement beaucoup demain s’il y a une nouvelle dévaluation, comme déjà en 2002.
Tiens, nous apprenons par Michèle et Michel qu’une autre famille nous court après. Ils sont avec leurs 3 enfants, eux aussi comme nous l’étions il y a une semaine à la recherche de familles parlant français pour créer quelques relations… Nous échangeons quelques mails. Ils suivent notre position GPS sur notre site et nous arrivons à nous retrouver dans Puerto Madryn ; nous discutons un petit moment avec cette famille belge de 5 voyageant eux aussi en Land. Malheureusement, ils sont pris pour la soirée, invités à une concentration de Land. Tant pis, nous restons en contact et nous retrouverons plus tard sur les routes patagoniennes…
Et bien, aujourd’hui, nous avons fait le plein de français ! C'est sympa et c’est toujours rassurant en cas de galère de pouvoir s’aider les uns les autres sur la route.
Nous prenons la route toujours en direction du bout du monde qui est encore bien loin. La route est monotone. Nous sommes en fin d’après-midi et comme souvent quand Victor commence à fatiguer et qu’il commence surtout à avoir faim, il devient pénible avec sa sœur : « Victor, pourquoi tu embêtes ta sœur ? » « Parce que je ne sais pas quoi faire » « ah, et bien regarde par la fenêtre » « oui, mais il n’y a rien à regarder… »…
Nous nous arrêtons dormir dans la ville de Gaimán que nous visiterons demain. Pour nous endormir, il y a des allers et venus de voitures autour du camping-car, qui s’arrêtent de longs moments à côté de nous moteur allumé, il y a des gens qui jouent au foot à côté de nous et puis il y a aussi… des chiens ! Bonne nuit…

Samedi 10 octobre :

Nous sommes donc à Gaimán, petite ville sur les bords du río Chubut, dans la province du même nom. Cette ville a été fondée par les premiers colons d’origine galloise en 1884. Les gallois ont donc quitté leurs vallées vertes à partir des années 1860 pour échapper à une oppression culturelle et religieuse qui les empêchait de vivre selon leurs coutumes et de parler leur propre langue. Ils sont ainsi venus profiter des opportunités économiques, très exagérées, que leur faisait miroiter l’Argentine. Ils sont arrivés dans cette pampa et ces plateaux désertiques, avec un vent à décorner les bœufs, et sur des sols très peu fertiles.
Bon, à la lecture des guides touristiques, nous nous attendions à un plus joli petit village pittoresque… La visite se résume à un petit parcours dans la ville, à quelques jolies petites maisons en briques rouges et quelques bâtisses historiques.


Nous passons devant la toute première maison de Gaimán, construite en 1874. Nous pouvons la visiter et répondre à des questions intéressantes des enfants sur le mobilier encore d’époque.


Nous voyons l’ancienne poste dans un bâtiment habillé de tôles ondulées.

C’est dans ce village qu’a été construit le premier collège de Patagonie en 1906 par la communauté galloise.
L’intérêt touristique de cette ville est également d’aller boire une tasse de thé dans une casa de té, derniers lieux où perdurent les traditions galloises, mais à plus de 10€ le thé et les petits gâteaux, on s’en est passé…
A 8 kilomètres de là, nous partons visiter dans un paysage montagneux extraordinaire le parc paléontologique Geoparc.

La visite consiste en une petite rando d’1h30 qui permet de monter jusqu’en haut de la montagne.


Tout au long du sentier, nous pouvons observer in-situ des fossiles d’ossements de mammifères vieux de 15 à 45 millions d’années. Il est surprenant d’imaginer que la mer recouvrait ces immenses plaines de la Patagonie jusqu’à la cordillère des Andes. Nous voyons donc sous des petites pyramides de verre, des fossiles de dauphins, de baleines, de tatous.



Arrivés en haut de la colline, à 125 mètres d’altitude, le sol est jonché de coquilles d’huitres.
La vue est vraiment magnifique. D’un côté, le désert patagon. De l’autre, les couleurs vertes de la vallée du Chabut.
Agréable ballade même si le site manque un peu d’entretien et d’explications.
Nous repartons pour une petite heure de route en direction de la côte et allons bivouaquer sur le port de pêche de la ville de Rawson, ville également d’origine galloise. Nous avons la chance d’arriver à l’heure où les chalutiers, tous de couleur orange, rentrent au port avec toute l’activité portuaire qui va avec. Les mouettes par centaines accompagnent ces bateaux.

Dans le port, quelques loups de mer sont à l’affût de restes de poissons tombés à l’eau.
De petites grues chargent directement les caisses de poissons recouverts de glace dans des camions frigos.
Quelques vendeurs dans la rue interpellent les voitures pour vendre de grosses langoustines toutes fraiches. Nous achetons 1 kg de filet de merlu préparés devant nous et 1 kg de ces langoustines pour 8€. La marchandise descend juste du chalutier.

Une gentille femme dans sa caravane garée en bord de route, nous vend de quoi manger ce soir, à savoir des empanadas (petits chaussons farcis de viande hachée, oignons, œuf, poivron…) et des parts de gâteaux roulés et fourrés au dulce de leche… Nous rentrons frigorifiés par le vent manger tout ça et vite nous mettre sous la couette. 

Dimanche 11 octobre :

L’école des enfants se passe bien et le rythme est bien pris. Victor est très fier d’arriver à écrire en phonétique ce qu’il veut sur son ardoise. Il progresse bien et arrive à lire des petites phrases du genre : « Max court dans la cour mais on le pousse et il est rouge de colère ». De petites étiquettes commencent à tapisser un coin du camping car avec les sons « au » », « ou », « en »… Anaïs depuis quelques jours, demande à travailler en autonomie dans sa chambre « parce que maman, l’an prochain, en CM2, je n’aurai pas toujours la maitresse à côté de moi quand je me pose une question… ». Mais aujourd’hui, nous devons de nouveau interrompre les enfants dans leur travail : « les enfants, regardez vite par la fenêtre, il y a des dauphins ! ». Pas toujours facile de bivouaquer et de faire l’école en bord de mer ! Nous voyons en effet des toninas. Ce sont de surprenants animaux, aux allures de bébés orques, noirs et blancs, ressemblant à des gros dauphins. « Allez les enfants, on se remet au travail, s’il vous plait… ». Et moi, pendant ce temps, je suis dans la capucine en train d’écrire ces quelques lignes.
Nous faisons une petite ballade sur la jetée du port, en espérant observer d’autres toninas mais nous n’en voyons pas, certainement, à cause de la marée basse. D’ailleurs, le port paraît bien calme ce matin, comparé à l’agitation d’hier soir. Tous les chalutiers sont partis en mer.
Nous observons quand même un lion de mer et tout un tas de mouettes cherchant à taquiner son museau sortant de l’eau par moment.
La digue est recouverte de sympathiques tags et différents dessins tel celui-ci que nous aimons bien et que nous vous transmettons à vous tous qui nous suivez...
Ce midi, dégustation des langoustines, cuisinées comme nous l’ont conseillé les pêcheurs d’hier, à savoir juste panées dans la chapelure et passées à la poêle. En apéro, nous savourons des langoustines achetées, préparées et cuisinées à l’escabèche. Un délice…
Autre délice avec le café : les alfajores fourrés au dulce de leche et nappés de chocolat noir achetés à Puerto Madryn (Bonjour les calories...).
Puis, nous prenons la route ou plutôt la poussiéreuse et monotone piste RP n°1 en direction du sud.
Nous traversons l’immense parc éolien de Rawson constitué de 40 éoliennes (l’un des plus importants du pays) et avons une pensée pour notre ami Dimitri.
Au bout de 60 kilomètres de bon ripio (par temps sec, certainement plus compliqué par temps humide), nous descendons à la superbe plage d’Isla Escondida.
Une grande baie ouverte sur la mer d'Argentine et sur l’océan Atlantique abrite une jolie plage de gravier et de rochers plats.
Sur celle-ci bronze une colonie d’éléphants de mer.
Nous pouvons les approcher de très près tout en gardant des distances de sécurité avec ces monstres de plusieurs tonnes. Le harem est constitué d’un énorme mâle, vraiment énorme, et de 16 femelles qui viennent de mettre au monde ces dernières semaines 16 bébés tout noirs.





Autour de ce harem, trainent deux autres mâles qui eux, n’ont pas réussi à en constituer un.
Par jalousie peut-être, ils cherchent à attaquer les petits jusqu’à réussir à les voler. L'un des deux a ainsi réussi à isoler deux petits, mais assez grands pour être sevrés et n’ayant plus besoin de leurs mamans. C’est ainsi qu’il se constitue son propre harem. Le chef du harem joue pourtant parfaitement son rôle et bouge ses 4 à 5 tonnes en rugissant et ouvrant grand sa gueule en direction de l'intrus dès que celui-ci approche. Le spectacle est impressionnant.

Les femelles ne font que prévenir le mâle lorsqu’elles sentent le danger approcher.
Sur la petite vidéo qui suit, au début, nous voyons bien le mâle intrus arrivant par la droite, puis le mâle dominant protégeant son harem. La scène est surprenante.

Au milieu d’une grande ballade sur la plage, nous faisons une pause pour ramasser de quoi remplir les boîtes aux trésors d’Anaïs et de Victor. La marée descendante a en effet tapissé la plage de superbes coquillages.

Quant à moi, accompagné des rires des enfants, je fais l’éléphant de mer mais ne rivalise pas par rapport aux 5 mètres de long de cette énorme patate.
Puis les enfants passent quelques heures à jouer sur la plage et à s’imaginer des histoires. Victor prend une petite voiture et joue dans le sable. Anaïs prend un livre, s’emmitoufle dans sa polaire et son écharpe toute chaude tricotée par Huguette avant le départ, et lit sur la plage tout en levant les yeux de temps en temps pour observer les éléphants de mer à 20 mètres d’elle.

Du haut de ma capucine, j’admire mes jolis enfants jouer calmement ainsi que ces impressionnants animaux marins, vraiment impressionnants...
Ce soir, pas d’apéro. Nous avons oublié. Zut...
Nous bivouaquons, encore une fois dans un endroit de rêve, sur cette plage, à quelques mètres de la colonie d’éléphants de mer.

Toute la soirée, nous observons le comportement bien étrange de ce harem. La plage se vide de ses quelques visiteurs du dimanche et nous restons à 3 voyageurs dormir ici, dont le gros poids-lourd allemand que nous retrouvons par hasard pour le 3ème bivouac de suite.
Nous nous installons tous les 4 sous la couette et encore une fois, nous regardons un « C’est pas sorcier » sur… les éléphants de mer de Patagonie ! Pendant le film, nous entendons, à côté de nous, rugir le mâle. Génial !
Voilà une nuit qui commence, où nous pensions bien dormir au calme, loin de toute civilisation. C’était sans penser que le mâle continuerait à défendre son harem toute la nuit. C’était également sans imaginer qu’un éléphant de mer, ça ronfle ! On a eu l’impression, toute la nuit, qu’il était dans notre lit ! Imaginez... son ronflement ressemble à celui d’une Harley Davidson stationnée contre le camping-car qui essaye de démarrer mais qui n’y arrive pas. Et je n’exagère pas... enfin, pas trop...

Lundi 12 octobre :

Réveil compliqué, la nuit a été agitée. Pas pour les enfants, qui ont bien dormi, et comme tous les matins se réveillent à 7h. Aujourd’hui, pendant les devoirs, par la fenêtre, pas de dauphins, ni de baleines, mais toujours la colonie d’éléphants de mer. Il y a toujours les deux autres mâles qui font leurs malins et taquinent le mâle dominant du harem.
Après les devoirs, les enfants reprennent les mêmes activités qu’hier. Ils jouent en plein vent dans le sable. Nous entamons une agréable ballade sur la plage de graviers jusqu’à des rochers recouverts de mini moules.
On continue d’observer de près les éléphants de mer suite à l’émission « C’est pas sorcier ». On voit bien sur la photo qui suit que les éléphants, contrairement aux lions de mers, n’ont pas de pattes arrières, mais juste des nageoires.
On pense qu’une naissance a eu lieu cette nuit après avoir entendu certains bruits, et en observant le pelage du petit et enfin le côté protecteur de sa maman ce matin.

On a compris aussi hier pourquoi ils se recouvraient sans cesse de sable et d’algues. C’est pour se mettre à l’abri des rayons du soleil.





Avant de repartir, nous cherchons le barbecue oublié par nos amis les Sanagustins, mais sans succès ! Puis nous continuons la piste de terre et de graviers jusqu’à la colonie de pingouins de Magellan de Punta Tombo. Ici encore, les prix ont flambé et ont été multipliés par 2,5 en quelques mois. Quand des amis sont passés en 2007, le prix était de 35 pesos, il y a 6 mois 80 pesos, il y a 3 mois 130 pesos, aujourd’hui, il est de 180 pesos. Mais, la visite vaut vraiment le coup. Elle commence par la visite d’un centre d’interprétation très bien fait.
Puis nous faisons une promenade de 3 kilomètres au travers la colonie, la plus grande au monde.
Elle regroupe 210 000 couples de manchots (Pingouins de Magellan) venus s’accoupler ici comme tous les ans. La population en Amérique du Sud est de 1 million de couples. Ce sont les mêmes que nous avions vus sur la péninsule Valdés mais nous en avions vus tout au plus une centaine. Ici, il y en a à perte de vue sur les petites collines.


Là aussi, les mâles ont creusé des terriers sous des arbustes bas et piquants, typiques de la steppe patagonienne, avant que les femelles n’arrivent. Par contre, contrairement à il y a une dizaine de jours sur Valdés, quelques œufs ont à présent été pondus et le mâle et la femelle, à tour de rôle, couvent les deux œufs de 7,5 cm et de 125 grammes, pendant 40 jours. La plupart des œufs sont pondus le 18 octobre (imaginez 105 000 femelles pondre en même temps !).
Au milieu de cette aire protégée, nous voyons de nombreux guanacos (cousins du lama) et les petits rongeurs (cuis), ainsi qu’un magnifique aigle commun posé juste devant nous.




Le parcours est très bien aménagé sur des sentiers et des passerelles sur lesquels nous devons régulièrement céder le passage aux animaux.







Nous assistons à la sortie des manchots de la mer. Ils doivent péniblement franchir les rouleaux.
 Anaïs et Victor jouent à être imités par les manchots (ou bien à les imiter !).
Nous restons dormir sur le parking, nous évitant ainsi de reprendre la piste à la tombée de la nuit pour plusieurs dizaines de kilomètres.

Ne manquez pas le dernier article de Dany le nain, écrit par notre nièce Ella, toujours prête à rebondir sur les derniers évènements vécus. 

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