mardi 2 février 2016

Chili du 24 janvier au 31 janvier : Paso de Jama, Désert d'Atacama

888 km parcourus en camping-car et 140 km parcourus sur une dépanneuse !
du 24 janvier au 1er février
19 725 km parcourus au total




Dimanche 24 janvier :

Nous avons passé notre dernière nuit en Argentine dans le village de Susques avant la frontière chilienne. Nous sommes remis du mal de l’altitude qui nous avait embêtés hier. Notre première nuit en altitude à 3600 mètres d’altitude s’est donc bien passée.
La matinée d’école pour les enfants et Audrey se passe bien. De mon côté, je m’occupe du blog en profitant de l’improbable wifi du bar devant lequel nous sommes garés dans cet endroit si isolé.
La route en direction du Paso de Jama se passe bien et nous montons tranquillement de quelques centaines de mètres d’altitude sans trop nous en rendre compte. La végétation est rase. Le paysage est grandiose. L’asphalte de la route 52 est en très bon état.





Des maisons isolées sont perdues le long de la route. Des enclos circulaires faits de pierres encerclent les animaux.
 Des salars (déserts de sel) nous éblouissent par leur blancheur.


Malgré l’altitude se rapprochant des 4000 mètres, toujours pas de neige. Juste quelques hauts sommets aux alentours de 6000 mètres sont blanchis.
Nous passons devant le village de Jama où les habitants semblent vivre de l’exploitation des mines voisines et de l’important poste de frontière voisin.
Nous sommes donc arrivés à 13 heures au Paso de Jama à 4200 mètres d’altitude. Nous allons entrer au Chili mais nous avons un mauvais souvenir de notre dernière entrée au Chili où la douanière nous avait retiré tous les petits souvenirs de voyages ramassés par les enfants dans la nature. Aussi, cette fois, nous avons pris le soin de cacher dans des doubles fonds de placards les quelques plumes d’oiseaux ou autres petits morceaux de bois.
Après une attente d’une heure et une trentaine de minutes passées à faire les 6 guichets habituels de passage de douanes, le passage du douanier dans notre véhicule se passe finalement très bien et il complimente Anaïs pour la beauté de ses yeux plutôt que de fouiller le camping-car. Il vérifie juste le contenu du frigo sur la présence de fruits, légumes et autres produits frais. Il n’ouvrira pas la soute dans laquelle il y avait des morceaux de bois souvenirs. Nous avions pris le soin de cocher la case sur le formulaire de douane comme quoi nous avions peut-être des choses interdites et avions mis le pot de miel en évidence, qui nous a été confisqué.
Tranquillisés par ce passage de douane et après un petit café, nous continuons l’étape du jour qui doit nous mener à San Pedro de Atacama à 157 km. La réelle ligne de frontière se situe un peu plus loin à 4320 mètres. Nous entrons au Chili.
La route de ce côté de la frontière est toute aussi bonne mais continue à grimper...






Les étendues blanches de sel sont d’une beauté incroyable que les photos ont du mal à refléter. Les flamands roses cherchent à manger dans les lagunes. Les vigognes, toutes tranquilles font de même, et broutent les rares touffes d’herbes.
Le paysage est lunaire, et parsemé de volcans.






Record d’altitude battu ! Nous montons à 4832 mètres sans aucun signe de faiblesse de la mécanique.
Nous sommes plus hauts que le Mont Blanc ! Quant à nous, à part le souffle un peu court, tout se passe bien. La beauté des paysages est saisissante.
A cette altitude et depuis qu'on a franchi les 4500 mètres, les montagnes sont pelées. Nous allons rester tout un moment sur des hauts plateaux à cette altitude.
Quelle sensation incroyable de se sentir seul au monde !


Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de San Pedro de Atacama mais nous sommes encore à 4500 mètres. Nous passons au pied du volcan Licancabur.
Il marque la frontière entre le Chili et la Bolivie. C’est un cône parfait et majestueux, qui normalement en janvier février est recouvert de neige. Les effets de cette année particulièrement chaude sur toute la planète et des conséquences d’El Niño font que même du haut de ses 5916 mètres, il n’y a pas un flocon de neige sur son sommet.
Puis, nous arrivons en haut d’une ligne rectiligne de 20 kilomètres qui dévale vers San Pedro de Atacama et qui va nous faire perdre 2000 mètres en quelques minutes.
Cette pente à 10% n’est cassée par aucune courbe ou virage pour nous faire perdre de la vitesse. Même en deuxième, le moteur s’emballe et dépasse les 4000 tours/minute si je ne freine pas. A mi-distance, je dois m’arrêter pour faire refroidir les freins qui sentent le chaud. Je repars et fais les derniers kilomètres en frein moteur en première à 15 km/h... C’est un peu long mais sécurisant et nous descendons tranquillement vers San Pedro de Atacama. Sur la ville, nous voyons des mini tornades se former et soulevant du sable.
Nous nous rendons au point de stationnement du cimetière où se rendent en général les voyageurs car le centre ville et ses petites ruelles sont inaccessibles. Et là, nous retrouvons Alex et JB, Catherine et Philippe puis également deux autres familles de français que nous n’avions pas encore rencontrés : Valérie et Christian, ainsi que Doreen et Michel.


Sympathique bivouac partagé ensemble où chacun sort de quoi manger et évidemment boire... la soirée se termine par un petit digestif offert par les bretons avant d’aller se coucher...






Lundi 25 janvier :

Matinée bullage. Après l’école, nous sommes accueillis par Valérie et Christian pour un petit café. Nous sommes en admiration devant leur camion 4x4.
Quel confort ! Chauffe-eau, chauffage au sol, groupe électrogène, climatisation... Ils parcourent les Amériques sur plusieurs années en plusieurs allers-retours en France en laissant leur camion ici. Nous les envions... Quand on sera grand, on fera pareil !
Arrive un autre voyageur québécois sillonnant, avec son chien, les 3 Amériques dans un superbe vieux Toyota de 1983.

Arrivent également, un 4x4 d’une famille de Coréens, nationalité que nous n’avions pas encore croisée jusqu’à présent durant notre périple.
Petit tour à la boulangerie créée par un français, pour acheter du pain confectionné dans la tradition française.
Nous partons à la découverte du désert d’Atacama, le plus aride au monde. Par endroit, il n’a pas plu depuis 80 ans.




Nous prenons la route vers Peine, petit village oasis de 300 âmes perdu au milieu de l’immensité désertique et aride d’Atacama, à plus de 100 km de San Pedro de Atacama, à 2400 mètres d’altitude.



Les maisons sont en pierre et recouvertes de tôles ou de chaumes. Le village bénéficie d’incroyables infrastructures sportives : gymnase, terrain de foot synthétique, aire de jeux, piscine naturelle... Certainement que l’exploitation des mines de lithium ramène de l’argent au village. Le salar d’Atacama contient le plus grand gisement connu au monde de lithium.


Nous allons nous rafraichir dans les deux bassins alimentés par le petit río. L’eau est aux alentours de 25°. Nous surplombons l’un des déserts les plus arides au monde en nous baignant. Incroyable.


Nous filons à la Laguna de Chaxa et entrons ainsi au cœur du salar d’Atacama. Fabuleux spectacle que Dame Nature nous offre une nouvelle fois. Nous faisons un circuit pédestre au milieu d’incroyables sculptures naturelles de sel, difficilement descriptibles. Je vous laisse apprécier par ces quelques photos.





Le salar est crée ainsi : toute la réserve d’eau provient des précipitations tombant sur la Cordillère des Andes. Celles-ci s’infiltrent et coulent de manière souterraine. Il n’existe pas de sorties à la mer de ces cours d’eau qui par évaporation, favorisent l’accumulation de sel. Il a ainsi été donné naissance à ce salar il y a des millions d’années.




L’impression est d’autant plus magique que le soleil est en train de se coucher offrant de superbes jeux d’ombres sur ces concrétions salines.




Cette lagune compose l’un des sept secteurs de la Reserva Nacional Los Flamencos. Nous voyons donc une quantité incroyable de flamands roses sur les lagunes.



Ces derniers se nourrissent d’artemias qui sont des petits crustacés de moins de 1 cm capables de résister à la salinité de l’eau, aux basses températures et à la faible quantité d’oxygène. Le pigment Béta carotène qu’ils possèdent donne aux oiseaux migrateurs et en particulier aux flamands roses cette couleur si particulière. Étant riches en protéines, ils donnent aux flamands l’énergie nécessaire pour rejoindre l’hémisphère nord.
Soudain, nous assistons à un spectaculaire envol de flamands avec en toile de fond, les Andes rougies par le soleil couchant.


Nous faisons face aux volcans de la cordillère des Andes. Parmi eux, le plus actif du nord du Chili, le volcan Láscar, culminant à 5592 mètres d’altitude. Depuis 1850, il a enregistré plus de 30 éruptions explosives, dont la dernière en 2007.
Nous rencontrons un couple de voyageurs français autour du monde, Nathalie et Pierre, avec qui nous discutons un long moment, tout en admirant le coucher de soleil remarquable sur le salar d’Atacama.

Il est 21h15 lorsque nous rejoignons notre camping-car. Malheureusement, les guardaparques nous empêchent de dormir sur le site. Nous partons donc de nuit, à la recherche d’un bivouac au milieu de ce désert. Quand soudain, à 21h45, un peu en retrait de la route, nous voyons une petite lampe bouger et la silhouette d’un camping-car. Et bien devinez qui c’est... et oui, la Mamayouria en charmante compagnie de Catherine et Philippe, Mary et Manu que nous avions quittés il y a quelques jours à Salta ont rejoint le Chili par le Paso Sico en y observant des paysages merveilleux mais au prix d’une piste assez éprouvante.
Nous nous posons donc pour bivouaquer en plein milieu du désert d’Atacama. Incroyable. Le ciel d’une pureté exceptionnelle à cet endroit de la planète, est superbement étoilé. Nous assistons au lever de lune derrière la Cordillère des Andes. Magique.


Mardi 26 janvier : 

Matinée devoirs pour les mamans et les enfants.

Puis récré au milieu du désert d'Atacama...



Matinée technique pour les papas. Merci Manu et Philippe pour le coup de main pour tenter de dépanner mon frigo.
Nous démontons le gicleur et le brûleur, enlevons pas mal de poussière mais ça ne marche pas beaucoup mieux : 22° dans le frigo et 6° dans le congélo. Tant pis. De mon côté, j’aide Manu à démonter son boiler (chauffe-eau) qui a du mal à démarrer. Démontage complet, nettoyage de toute la poussière accumulée par les ripios. Ça ne marche pas beaucoup mieux. Tant pis.
Midi, nous prenons la route vers un endroit que nous ne pensions pas pouvoir aller visiter car à la lecture des guides, seuls les 4x4 peuvent y accéder. Par chance, la Mamayouria y est passé hier et pense que malgré notre camping-car traction (et non propulsion), ça peut peut-être le faire. Au pire, ça ne le fera pas et aurons fait 160 km pour rien ! Nous partons donc vers le sud sur 80 km d'asphalte menant vers le paso Sico. La route quitte le plateau du salar situé à environ 2500 mètres pour atteindre quelques dizaines de minutes plus tard l’altitude de 4350 mètres, une nouvelle fois sans encombre.
Puis, nous arrivons sur la piste de 9 km nécessitant soi-disant un 4x4, mais tout doucement, en première, Victor arrive à négocier les passages sablonneux et le petit virage assez raide. La piste traverse de magnifiques steppes sauvages.



Nous découvrons à la sortie d’un virage, la lagune Miñiques. Quel spectacle de trouver si haut perché un si reposant site, dans un silence étourdissant. Le bleu lagon de l’eau contraste avec le blanc du sel autour de cette lagune d’altitude.




Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons à la lagune Miscanti. Pique-nique avec cette vue magique, tout en observant les vigognes à quelques mètres de nous qui paissent tranquillement.



L’endroit est assez venteux et nous observons un joli tourbillon de sel et de poussière se créer sur la lagune. Mais il ne fait pas froid malgré l’altitude. L’hiver, il fait -30° ici.

Nous allons marcher autour de la lagune Miñiques.









Nous rebroussons chemin et remontons en direction de San Pedro de Atacama. En descendant le col, nous retraversons le village si isolé de Socaire qui surplombe le Salar. Il abrite 380 habitants. L’église avec son clocher séparé a beaucoup de charme avec ses matériaux en pierre taillée, en terre et son toit de chaume.

Depuis Socaire, magnifique vue dégagée sur le salar.

Autour de ces villages construits autour d’un point d’eau, poussent fruits, légumes, maïs et riz sur des terrasses étagées.

Puis, nous arrivons de nouveau dans l’immense plateau du désert d'Atacama. Nous passons devant un autre volcan actif.

Plus loin, nous faisons une nouvelle halte rafraîchissante à la quebrada de Jeré, véritable oasis nichée au fond d’un canyon où coule le maigre río Jeré.

Incroyable paysage au milieu de ce désert, l’un des plus arides de la planète. Difficile d’imaginer que ce maigre cours d’eau s’est transformé en une gigantesque coulée de boue ayant fait des dégâts terribles dans la région.
Ici, poussent des grenades, des coings, des figues, des vignes... Les canaux irriguent les différentes parcelles.






Des constructions traditionnelles ont été restaurées. Les poutres de la charpente sont reliées entre elles par des lanières en cuir de lama.

Des grottes on été taillées dans la roche par les préhispaniques dans le but de conserver les fruits du verger.
Nous remontons en direction de San Pedro de Atacama et observons de magnifiques couleurs sur les montagnes, dues aux jeux d'ombres créés par les nuages.

Nous empruntons le début de la route menant à Calama et traversons ainsi de fabuleux paysages constituant le parc de la Cordillera de la Sal et de la vallée de la mort.




Mais l’entrée du parc de la vallée de la Lune où nous avons rdv avec nos amis n’est plus sur cette route suite aux coulées de boues de 2012 mais sur la route basse menant elle aussi à Calama. Demi tour et nous retrouvons les deux familles françaises. Cependant, il est un peu trop tard pour pleinement profiter de ce site. Nous y reviendrons dans quelques jours. Nous rejoignent Catherine et Philippe, ainsi que la Mamayouria avec qui comme d’hab, nous ne verrons pas les heures de la soirée passer. De nouveau, nous assistons à un lever de lune, de pleine lune dans la vallée de la lune !


Nous trainons à discuter et à si bien discuter que Mary et Manu nous proposent de les accompagner en faisant un aller-retour dans le Sud Lipez, région du sud de la Bolivie, à seulement 80 km. Mais l’accès est certainement compliqué car ce ne sont que des pistes à une altitude dépassant les 5000 mètres d’altitude. Aussi, il n’est pas très prudent ni raisonnable de d’y rendre seul. Bon, ce n’est pas à notre programme, enfin pas pour le moment mais plutôt dans quelques mois avec Liliane et Daniel, les parents d’Audrey qui vont nous rejoindre et avec qui nous avons prévu de faire une excursion ensemble dans le sud Lipez et dans le Salar d’Uyuni. Mais bon, les excursions organisées se faisant souvent au pas de course, nous décidons autour de quelques verres, sans trop réfléchir, d’accompagner nos amis pour partir ou du moins tenter d’accéder à ces magnifiques lagunes. Si ça ne passe pas, on fera demi-tour... De plus, c’est l’occasion de prolonger un peu le plaisir de partager un dernier moment dans ce voyage ensemble car après, c’est sûr, nous prenons deux directions différentes.

Mercredi 27 janvier :

Matinée technique consacrée au rangement, à une grosse lessive... pour Audrey. Moi, je me remets à la réparation de ma fuite de gasoil et trouve un joint torique défectueux au niveau du bocal décanteur d'eau de mon préfiltre. De son côté, Manu s’arrache toujours les cheveux avec son chauffe-eau.
Et enfin, Philippe répare son ressort de rappel de mâchoires de freins sur son poids-lourds. Je lui file un petit coup de main pour remettre en place sa roue de 120kg !
Fin de matinée, nous filons vers le centre de San Pedro de Atacama, puis tentons de faire quelques courses alimentaires dans les toutes petites épiceries desquelles nous ressortirons seulement avec 10 saucisses knackis et 12 œufs. Très difficile de s’approvisionner dans cette ville si touristique. Étonnant.
L’après midi, nous faisons route avec la Mamayouria vers los Ojos del Salar. Superbe. Nous nous arrêtons pour nous rafraichir dans ces deux profonds yeux parfaitement circulaires d’eau très légèrement salée.
 Quelle sensation que de se baigner dans un endroit pareil, en plein désert !









Puis nous continuons la même piste vers la lagune de Tebenquiche




Puis, après s’être réapprovisionnés en eau et en carburant, il est temps à 17 heures de faire route vers notre sortie de demain, les geysers del Tatio, auxquels il faut être présent dès 6h30 le matin. 70 kilomètres nous séparent de cet endroit et surtout de nouveau, il nous faut grimper à 4300 mètres d’altitude. 2h30 nous seront nécessaires pour parcourir cette distance. La route est en partie asphaltée sauf sur les derniers 30 kilomètres où elle se transforme en une grosse tôle ondulée. La conduite est fatigante mais par contre, quel spectacle et quel paysage. C’est une nouvelle fois incroyable et nous avons du mal à réaliser que nous sommes dans des endroits pareils.

Petite pause bien agréable devant une lagune avec des flamencos que les 4 enfants s'empressent d'imiter.




 Puis nous continuons notre montée en altitude.


A cette altitude, nous nous sentons vraiment seuls au monde... 








 Certains volcans crachent des fumerolles.

Nous arrivons pour bivouaquer sur le parking des geysers et retrouvons comme convenu, Catherine et Philippe avec qui nous ferons la visite demain matin. Apéro partagé mais sans alcool, altitude oblige... Nous nous réchauffons avec une infusion à base de maté et de feuilles de coca.
Les 12° de dehors et le vent nous font rapatrier chacun dans nos camions respectifs d’autant plus que demain, le réveil va sonner de bonne heure, et ça nous n’en avons plus l’habitude.
Première nuit à 4300 mètres. Nous testons le chauffage Webasto de notre camping-car et avons la surprise de le voir démarrer malgré l’altitude ; ce qui s’annonce pratique avec les températures négatives annoncées pour cette nuit ! Sans le savoir, je dois avoir un kit altitude sur mon Webasto.

Jeudi 28 janvier :

Dès 6h30, nous sortons affronter les -7° bien couverts de plusieurs épaisseurs, gants et bonnets. Il y a bien longtemps que nous nous n’étions pas couverts comme ça.
C’est en effet à l’aube que les geysers sont les plus visibles. Ils se réveillent en raison de l’amplitude thermique entre la température de l’eau aux alentours de 85° et la température extérieure encore bien froide tôt le matin. Après 9 heures, les geysers reviennent dans le ventre de la terre.
On trouve ici une quarantaine de geysers (soit 11% des geysers de la planète) et 60 sources chaudes.
C’est l’hiver qu’ils sont le plus impressionnant en raison de l’amplitude thermique encore plus importante mais en plein été, ce n’est quand même pas si mal !
Il fait donc encore nuit noire. En camping-car, nous entrons sur le site des geysers et allons nous garer au troisième parking, là où ils sont les plus impressionnants. Les dizaines de minibus de touristes arrivent sur le site et nous ne serons pas longtemps seuls à découvrir ce lieu magique.
Nous assistons au lever du soleil. Le spectacle est exceptionnel.








Les fumerolles et les gerbes d’eau atteignent plusieurs mètres de hauteur. Les petits cours d’eau sont eux aussi fumants.



Le soleil s’est levé laissant apparaître un ciel bleu et des rayons qui vont vite nous réchauffer.



Des algues magnifiques semblent aimer cette eau bouillonnante.
Bien entendu, les sentiers sont balisés et il est interdit de s’approcher des geysers. Plusieurs accidents mortels ont déjà eu lieu.
Le sol est jonché de concrétions minérales extraordinaires.







Nous nous déplaçons sur le deuxième parking et partageons un petit café pour patienter le temps que les groupes de touristes reprennent leur bus pour rejoindre San Pedro de Atacama. C’est ça le luxe de ne pas être en excursion organisée. Nous nous réchauffons aux premiers rayons de soleil et enfilons nos maillots de bain !
Et oui, il y a possibilité de se baigner dans un grand bassin alimenté par une source bouillonnante. Quel bonheur de tremper à 4300 mètres d’altitude, alors qu’il y a à peine deux heures, nous étions si frigorifiés.

Nous continuons à partager de si bons moments avec Catherine, Philippe, Mary et Manu. De leur côté, Anaïs et Victor s’entendent si bien avec Auria et Youenn.
Nous nous retrouvons quasiment seuls dans ce grand bassin.
Puis, nous empruntons le sentier qui rejoint le premier parking. Là, les geysers sont très impressionnants et l’eau bouillonne en sortie de ces bassins. Un bon jacuzzi à 85° !




Nous quittons ce superbe site. Victor monte dans le camion de Catherine et Philippe pour parcourir quelques kilomètres. Je ne vous explique même pas sa joie ! Philippe quitte même la route pour faire un peu de hors piste sur un terrain sablonneux.

Nous nous arrêtons pour notre pause de midi dans le hameau de Machuca. Nous achetons des brochettes de lama que nous dégustons avec des petites salades.




Je profite de cette pause pour réparer une fuite qui vient de se déclarer certainement avec le ripio, à un collier de serrage de ma durite d’alimentation en gasoil de mon filtre à carburant. Cette opération m’oblige à déposer le porte filtre. J’en profite pour changer mon filtre. 
Nous quittons Machuca, faisons 200 mètres et... le camping-car s’arrête. Impossible de repartir.
Philippe, malgré sa gentillesse et ses compétences en mécanique, ne peut me venir en aide. Nous soupçonnons un problème de pompe à carburant. Aurais-je fais une bêtise en changeant mon filtre ? Un grain de sable se serait-il glisser dans le filtre ? Peut-être... Toujours est-il qu’on est mal... On est à 4000 mètres, sans réseau téléphonique, à 40 km de San Pedro de Atacama, petite ville où personne ne pourra nous venir en aide. Notre chance, c’est de ne pas être seuls dans ces moments et d’être avec nos amis. Philippe me tracte jusqu'à la place de Machuca afin de rester en sécurité. Merci Philippe !

Mary se propose de rester avec Audrey et les 4 enfants dans notre camping-car le temps que je parte avec Manu à la recherche d’une solution de dépannage. Nous rejoignons en 2 heures la grande ville de Calama distante de 140 km. Nous arrivons juste avant la fermeture chez Fiat qui ne possède pas de dépanneuse mais qui nous oriente vers une entreprise de remorquage qui est fermée à cette heure ci.
Nous allons nous désaltérer et manger en ville. Le centre est très glauque. Prostituées, trafiquants de drogues et des hommes errants avec un regard pervers regardent passer les femmes habillées et maquillées de manière très provocante. Particulière ambiance. Nous avons même du mal à trouver un bar. Beaucoup sont gardés par des vigiles qui bloquent l’entrée cachée derrière un rideau noir...
Finalement, nous trouvons un pub où passer la soirée. Nous rejoignons le van de Manu et préférons changer d’endroit pour bivouaquer. Nous allons devant le grutier qui rouvre ses portes demain à 9 heures.
Durant cet après-midi, les enfants ont bien été sages avec leurs mamans et ont pu partager de nouveau quelques bons moments ensemble, dans ce petit hameau de 10 habitants à 4000 mètres d'altitude.

Vendredi 29 janvier :

9 heures, la secrétaire accepte de nous venir en aide malgré l’éloignement (140 km) et l’altitude de notre lieu de panne (4000 mètres). Je négocie la course mais m’en tire pour plusieurs centaines d’euros tout de même. Ça fait mal mais je n’ai pas le choix. Dans ce type de voyage, nous ne sommes pas assurés pour l’assistance et le remorquage. On le sait, c’est ainsi... Une enveloppe budgétaire est évidement prévue pour cela. Rendez-vous est pris pour 14 heures. Juste le temps pour nous de faire quelques courses sur Calama avec Manu. Début d’après midi, la secrétaire reporte le rdv à 16 heures. Nous repartons rejoindre nos familles en donnant rdv à la dépanneuse pour 18 heures sur Machuca.
Gros moment de stress en guettant la dépanneuse qui n’arrive finalement qu’à 20h40.


Après une bonne heure de chargement compliqué sur la grue en raison de mes 2 mètres de porte-à-faux : à coup de cales en bois et à force de creuser dans le sable, nous arrivons à monter le camping-car sur cet énorme camion de remorquage. Le plateau est à 1,70 de haut. L’ensemble chargé avec l’aide de Victor fait donc presque 5 mètres de haut et 15 tonnes.
Audrey et les enfants se couchent dans le camping-car. Je préfère monter avec le chauffeur que je trouve assez fatigué car il roule depuis 9 heures ce matin. La descente vers San Pedro de Atacama m’inquiète un peu. Malgré la confiance que j’acquiers rapidement envers le chauffeur expérimenté, les courbes en épingles à cheveux qui vont nous faire perdre 1500 mètres d’altitude en pleine nuit me font serrer les dents. Les vitesses du camion passent très difficilement. Puis, nous tombons en panne... de camion. Fuite d’air sur le circuit de freinage en pleine descente. Me voilà couché sous le camion avec le chauffeur à réparer la fuite.
Nous repartons et aurons mis 1h40 à parcourir 41 km et à rejoindre San Pedro de Atacama. Je propose un café à notre chauffeur qui n’en peut plus. Il accepte et nous nous réfugions dans le camping-car pour faire une pause.
Il reste 100 km et finalement, nous arrivons à Calama à 2h30 du mat’, soulagés d’être sortis de cette galère dans laquelle nous serions encore sans l’aide précieuse de Mary et Manu. Encore merci les amis...
Au fait, j’avais rêvé un peu mieux pour ce 29 janvier, date anniversaire de notre rencontre avec Audrey, il y a... 20 ans ! On s’était même promis un petit resto en tête à tête...

Samedi 30 janvier :

Journée attente devant Fiat comme il risque d’y en avoir beaucoup. Ils pourront diagnostiquer la panne au mieux lundi, peut-être mardi. Puis, en fonction de la panne, il faudra commander la pièce qu’ils n’ont pas en stock.
Peu importe, nous sommes autonomes en énergie, en eau, et avons un grand centre commercial à côté pour faire des courses. Une grande aire de jeux est à 10 mètres du camping-car. Nous captons le wifi du resto chinois. L’avenue est un peu bruyante et les nuits aussi avec la présence d’un night-club à 50 mètres... Mais bon, je préfère être ici qu’à 4000 mètres dans la cordillère des Andes !
Heureusement, ma femme et mes deux enfants si adorables sont là pour me remonter le moral... Bon, le bon côté des choses, c’est que ça va me laisser du temps pour regarder au chauffe-eau qui ne fonctionne plus ainsi qu’au congél’ qui ne fait plus du tout de froid !
Réveil à la mi journée pour moi qui ai récupéré un peu de sommeil après ces deux dernières journées un peu fatigantes et stressantes. Les bretons qui ont des problèmes de freins nous ont rejoint à Calama. Les enfants profitent du square tous ensemble avant qu' Alex et JB ne reprennent la route vers Antofagasta dans l'espoir de trouver une solution à leurs problèmes mécaniques qui ne peuvent être résolus ici.
L’après-midi, nos deux enfants jouent calmement et trouvent de quoi s’occuper. Ils sont adorables. Puis, nous partons faire un tour au centre commercial...
De retour, Audrey prépare un plateau-télé et nous nous posons devant « La Belle et la Bête » avant d’aller nous coucher.

Dimanche 31 janvier :

Petite journée tranquille avec mise à jour du blog, nombreux Skype pour se remonter le moral avec famille et amis, ménage approfondi du camping-car, petit tour à l’aire de jeux...
Dorine et Michel, autres voyageurs rencontrés à San Pedro de Atacama il y a quelques jours, ayant appris par Alex et JB ( le réseau fonctionne, merci les copains !) que nous étions en panne, viennent eux aussi nous remonter le moral. Quelle solidarité dans cette communauté de voyageurs !
Pour s’occuper, nous lisons nos guides touristiques sur ce qu’il y a à visiter dans la ville de Calama ; en voici un résumé :
Guide du routard : « Paumée au milieu du guide du désert d’Atacama... ville sans aucun charme... un je ne sais quoi d’agressif dans l’air... des bandes de chiens errants... passez votre chemin... »
Petit Futé : « Aucun intérêt touristique spécifique... Calama possède le plus de bordels du Chili... C’est la cité des 3 P (Polvo, perros et putas, poussière, chiens et putes)... »
Gallimard : « La ville n’ pas grand-chose à offrir en dehors de ses rues bordées de bars et de clubs de second ordre... »
Et bien, on va bien s’amuser en attendant la réparation du camping-car... en espérant que ça ne dure pas trop longtemps afin d’avoir le temps de retourner sur San Pedro de Atacama afin de visiter des sites que nous n’avons pas eu le temps de découvrir comme la vallée de la lune... Mais ça, vous le saurez dans un prochain article ou bien en nous suivant sur notre balise GPS. Dès qu’elle bougera de nouveau, ce sera bon signe !
Allez, je vous laisse avec le 21ème épisode de Dany le nain.

Article suivant : Chili du 1er au 15 février : Calama... en panne, San Pedro de Atacama