jeudi 10 mars 2016

Pérou du 2 au 8 mars : Trujillo, Cajamarca, Chiclayo, Lambayeque

1139 km parcourus du 2 au 8 mars
23 762 km parcourus depuis le départ

Mercredi 2 mars :

Nous quittons Huanchaco et repassons par Trujillo faire les pleins d’eau et de gasoil. Nous profitons de la grande ville et d’une adresse trouvée sur l’appli iOverlander pour faire remplir nos deux bouteilles de gaz quasiment vides. Puis, nous nous engageons sur la route 10A, qui est censée nous mener à la ville de Cajamarca d’ici deux jours. La route traverse la montagne sur 350 km environ.
Je m’arrête demander l’état de la route à un policier mais celui-ci me dit qu’il ne l’a jamais empruntée ! Et le relief n’est pas dessiné sur la carte ! Cependant, elle est dessinée sur la carte par un gros trait rouge.
Rapidement, la route grimpe à plus de 2000 mètres. Les paysages sont absolument merveilleux. La végétation est quasi tropicale.

 Mangues, ananas, bananes poussent généreusement en bord de route.


Nous sommes surpris de voir jusqu’à quelle hauteur les parcelles de terre sont cultivées, surtout sur des pentes impressionnantes. Nous n’avions pas encore vu de paysages aussi verts et surtout jusqu’en haut des montagnes. Quel contraste avec l’aridité de la côte.




Contrôle de papiers par les policiers. Tout est en règle.
Dans les champs poussent des hectares de canne à sucre. Selon les parcelles, le travail se fait à la main ou à la machine.

Les usines la transforment sur place dans la vallée. Des habitants de la vallée en font également du jus de canne à sucre, du cogollito (sorte de rhum), du miel. Nous achetons tout cela et nous régalons.
 
Le temps aujourd’hui, en altitude, est à la pluie et de nombreux importants éboulements tombent sur la route.



Il faut faire également faire attention aux nombreuses plaques d’égouts qu’il manque.
Les villages et hameaux traversés sont bien vivants. On sent les habitants autonomes et autosuffisants en nourriture grâce au riz et aux mini élevages qu’ils ont. Souvent, un simple cochon, un mouton, une chèvre attachés à une corde et 3 poules et un dindon en liberté devant la maison.

Les enfants jouent dans la rue, sur les trottoirs, parfois dans un grand caniveau devant la maison.
Nouveau contrôle de papiers par les policiers. Je prépare mes papiers quand le policier me demande si je suis en règle. Je lui réponds que oui. Il me dit de continuer mon chemin...
La route continue à monter, à monter... Nous voici rendus à 4200 mètres d’altitude. Il pleut. La végétation à cette altitude est plus éparse.




Nous nous arrêtons manger. Comme régulièrement, j’ouvre le capot pour faire des petits contrôles visuels et là ! HORREUR !!! le liquide de refroidissement bout et déborde du vase à expansion !!! Alors que bizarrement, le moteur lui ne chauffe pas.
Que se passe-t-il ? Début de joint de culasse ? Nous avons vraiment la poisse de tomber en panne dans des endroits pareils à 4000 mètres d’altitude à 120 km de la ville la plus proche sur des routes peu passagères... Oui, mais ce sont ces routes qui sont jolies... Je laisse refroidir, remets 3 litres de liquide de refroidissement.
Nous reprenons la route après manger. Petit arrêt de contrôle 1 km après. Rebelote, le liquide s’est remis à bouillir alors qu’il avait bien refroidi durant la pause repas. Je regarde de plus près au bocal et à son bouchon qui est censé grâce à son clapet intégré réguler la pressurisation du réservoir. Hors, nous sommes passés aujourd’hui de 0 à 4200 mètres et la pression atmosphérique n’est forcément pas la même ici qu’au bord de la mer. Et je diagnostique que ce fameux clapet est bloqué. Je le remets en place, remets 1,5 litre de liquide de refroidissement et nous faisons demi-tour. Tant pis pour ces jolis paysages et pour Cajamarca mais il reste encore plus de 230 km de montagnes pour rejoindre cette ville. Nous préférons nous rapprocher de la grande ville de Trujillo. Du coup, le moteur force moins en descente et il n’y a plus de surchauffe du vase à expansion.
Nous profitons sur la descente de ces fabuleux paysages et des villages traversés.



 Les piments sèchent devant les maisons.
Le temps a changé. Les passants sont emmitouflés dans leur poncho.






Nous arrivons dans les nuages. La visibilité se réduit.
La pente est forte et le frein moteur ne suffit pas à ralentir le camping-car. Les freins chauffent et nous nous arrêtons une demi-heure pour laisser refroidir les disques et les plaquettes avant. Nous repartons. Premier coup de frein, la pédale de frein est molle. Après 20 nouvelles minutes de pause, nous pouvons repartir et la suite de la descente se passe bien. Mais la nuit tombe et nous voulons nous arrêter bivouaquer avant Trujillo. 
Troisième contrôle de papiers par les policiers de la journée.
Nous passons la nuit dans une station service à l’approche de la grande ville. Journée intense en émotion et bien fatigante avec ces 8000 mètres de dénivelés !
Nous dégustons le fromage et les fruits exotiques achetés aujourd’hui sur la route pour une poignée de soles.

Jeudi 3 mars :

Nous prenons la route de bonne heure en traversant la grande ville de Trujillo. Nous nous retrouvons en plein marché, à l’heure des livraisons de début de journée où les camions sont garés en double ou triple file et où les employés déchargent tous ces camions à la main.






Nous prenons direction vers le nord sur la panam’. Arrivés au carrefour menant à la ville de Cajamarca, cette fois-ci par une bonne route, nous hésitons. Tout droit sur la côte, ou bien à droite vers la sierra. Le camping-car ne chauffe plus et puis, il faut bien que l’on s’assure qu’il puisse monter en altitude car nous avons encore un doute. Et puis, au pire si nous avons un souci, nous avons encore une grande ville sur la route pour nous dépanner avant d’attaquer dans quelques jours les routes de l’Equateur. Nous tournons à droite.
La route au début est beaucoup moins belle que celle d’hier. Il y a par contre beaucoup plus de rizières irriguées et inondées par une grosse rivière coulant dans la vallée.


Nous voyons les gens travailler dans les parcelles qu’ils labourent avec l’aide de bœufs.
D’énormes sacs de riz sont en vente sur les bords de route.
Le parcours commence à être sinueux et les croisements avec les gros camions sont parfois limite.
Nous prenons du plaisir à observer la vie dans les villages traversés et à observer les habitants qui travaillent dans les champs ou qui attendent que le temps passe, assis devant chez eux, parfois en vendant quelques articles alimentaires.




D'autres travaillent.




En prenant de l’altitude, nous nous arrêtons dès que nous montons de 100 mètres supplémentaires en altitude afin de vérifier que le liquide de refroidissement ne chauffe pas. Tout fonctionne bien à chacun des arrêts.
La route est maintenant presque aussi jolie que celle d'hier.

Les 180 km de route se passent bien et nous sommes soulagés de voir que le camping-car puisse monter à l’altitude de 3200 mètres sans soucis. Nous arrivons dans les nuages et la visibilité se réduit à 10 mètres par endroit.

Les véhicules roulent feux de détresse allumés car on ne voit rien. Les derniers 30 km se passent derrière une file de camions à 15 km/h... sur une route très sinueuse sans bande d’arrêt d’urgence. C’est vraiment l’endroit où il ne faut pas tomber en panne.
Nous arrivons à Cajamarca, grande ville où une nouvelle fois grâce au partage entre voyageurs via iOverlander, nous trouvons un bivouac en plein ville près de l’immense centre commercial Plaza Real. Nous prenons l’apéro pour fêter cette journée sans panne ! Bien fatigués par cette journée tout de même un peu stressante, nous ne veillons pas ce soir.

Vendredi 4 mars :

Des maçons en travaux sur un immeuble en construction près duquel nous sommes garés nous demandent de bouger pour éviter les projections de ciment sur le véhicule. Contact, et... le camping-car NE DEMARRE PAS... GROSSE FUMEE BLANCHE... Pas bon... Mais pas bon du tout... Je contrôle le niveau d’huile et il manque 1/2 litre ! Joint de culasse ? Turbo ? Nous sommes à 2 700 mètres d’altitude dans une grande ville mais sans garage Fiat. STRESS...
Je regarde sur internet en tapant dans Google les symptômes de ma panne mais en fait c’est comme quand on est malade, il ne faut jamais aller voir sur internet car on n'y lit que le pire !
Mais bon, je suis quand même une nouvelle fois très inquiet. J’interpelle un policier en lui expliquant mon problème. Il m’appelle un mécanicien qui 15 minutes plus tard arrive avec sa caisse à outils. Il travaille environ 2 heures à chercher la panne et fait appel à la dépanneuse pour nous remorquer jusqu’à son garage situé à 2 km. Un plateau arrive mais il est trop petit pour que nous grimpions dessus.
Nous nous faisons tracter avec une sangle dans les rues bondées de voitures, camions et motos-taxis conduisant n’importe comment. 3 mécanos accompagnant le chauffeur de la dépanneuse montent sur le plateau et en descendent à chaque carrefour pour faire la circulation.
Nous arrivons dans un endroit improbable, un garage tout pouilleux où une dizaine de mécaniciens et de carrossiers travaillent sous la pluie, les pieds dans la boue.
La dépanneuse du garage décroche la sangle en plein carrefour et voici 7 mécanos qui viennent me pousser en marche arrière dans la cour du garage, avec un gros trottoir à monter. Le portail est à peine plus large que le camping-car. De plus, à peine franchi ce dernier, il me faut braquer à 90°, sans direction assistée. Le meilleur arrive : il nous faut reculer au dessus d’une fosse profonde de 2 mètres en faisant passer les roues arrière sur deux étroits passages de roues. Ouf... on y arrive.

Rapidement, Omar, notre mécano préféré se met à démonter toute la façade avant du véhicule pour accéder à la pompe à injection. Je lui ai en effet expliqué les dernières réparations qui avaient été faites il y a quelques semaines à Calama. Il soupçonne la fameuse valve de rétention de gasoil de provoquer un dysfonctionnement de l’arrivée de gasoil. Il l’enlève et remet à la place la vis que j’avais précieusement conservée.
Vraiment bien joué, le camping-car redémarre en fin de journée. Il commence le remontage du radiateur et de la carrosserie. Il ne pense pas que le turbo, ni le joint de culasse soient défectueux.
Audrey prépare des crêpes pour l’ensemble des employés. La journée se termine pour les mécaniciens.  Nous sommes soulagés bien que nous n’ayons pu essayer sur la route le comportement du camping-car. On est confiants pour demain.
Nous arrivons à négocier avec eux pour qu’ils nous enferment au sein du garage et que nous puissions à vivre dans notre casa rodante. Joli bivouac ?

Samedi 5 mars : 

Omar embauche tard ce matin. Nous sommes impatients. Nous profitons du wifi du garage pour nous mettre à jour sur le blog.
J’observe les mécaniciens et carrossiers travailler dans des conditions assez précaires. Ils ont peu d’outillage à main. Leur outillage électrique et pneumatique est d’un autre âge. Quand il se met à pleuvoir, ils se couvrent d’une grande bâche en plastique. Ceci ne les empêche pas d’être des experts dans leur métier. Pour le coup, les péruviens auraient bien des leçons à nous donner au niveau environnemental. Ils ne jettent pas mais réparent. Par exemple, un client vient d’apporter cette voiture qui a fait des tonneaux.
Chez nous, la question du devenir de ce tas de tôles froissées ne se poserait même pas. Ici non plus, la question ne se pose pas. Dans deux mois, elle sera comme neuve et sans remplacer les pièces métalliques mais simplement en les redressant à coups de marteau et de tas.
On en profite pour faire recharger le circuit de climatisation et réparer cette dernière qui ne fonctionnait plus à cause d’un fusible relais manquant depuis la dernière intervention mécanique. J’en profite également pour demander un coup de main pour descendre ma roue de secours coincée sous le châssis. Omar me fabrique d’une main de maître l’outil que j’ai égaré qui permet de descendre cette roue. De mon côté, je change mes 2 roues avant car les pneus arrivés à quasiment 25 000 km sont lisses. Je mets donc à la place mes deux roues de secours neuves que j’avais depuis le début du voyage.
Les mécanos terminent le remontage de la carrosserie et la remise en eau du circuit de refroidissement. L’heure est venue de passer à la caisse pour le remorquage, le dépannage (2 jours de main d’œuvre), la fabrication de l’outil pour ma roue de secours... : 175€ le tout... On a vraiment eu énormément de chance de tomber en panne dans une ville comme Cajamarca après tous les kilomètres de montagnes et de déserts que l’on a fait juste avant. On a eu de la chance de rencontrer ce policier qui nous a trouvé ce dépanneur si rapidement. On a eu de la chance de tomber dans ce garage et sur Omar comme mécanicien. Bref, on a eu de la chance, beaucoup de chance. Seulement deux jours de perdus.
Vers 17 heures, à l’heure où le garage va fermer ses portes pour le week-end, le camping-car est prêt. Nous prenons la route et allons le tester dans les rues de Cajamarca. Nous passons devant un magasin Michelin où je m’arrête demander à tout hasard s’ils ont des pneus pour changer mon train arrière qui ne finira pas le voyage. Ils ont en tout une dizaine de paires de pneus toutes dimensions confondues et par chance (encore !), ils ont une paire adéquate en dimensions et en indice de charge pour le camping-car. Changement sur le champ. Prix français.
Nous partons vers le petit village de Llacanora passer la fin de journée. Ce petit village de montagnes nous semble bien accueillant et tranquille pour y passer la nuit sur sa place, bien garés en sécurité devant le poste de police.

Nous partons marcher dans les ruelles. Cela fait 4 jours que les enfants ne sont pas sortis du camping-car ! Ils se défoulent sur la petite place, en courant dans les allées. Le village est agréable avec ses vieilles maisons aux larges débords de toits pour protéger les murs en adobe et les passants des fréquentes pluies.

Certains murs sont faits d’alternance de couches de pisé et de pierres.
Il y a des vendeurs ambulants de nourriture à chaque coin de rue et nous allons faire notre repas en achetant à plusieurs d’entre eux pour une poignée de soles différents petits plats délicieux : tripes-pommes de terre, galette frite, chicharrón con mote (porc confit-maïs blanc), petits gâteaux secs... Le stand de brochettes de pattes de poulets ne nous disait rien...





Les vieilles femmes tricotent dans la rue.



Petit apéro pour fêter la deuxième jeunesse du camping-car qui semble avoir retrouvé toutes ses capacités. Les enfants jouent  sur la place et nous terminons la soirée sous la couette dans la capucine à regarder un film tous les  4.

Dimanche 6 mars :

Nous retournons nous garer à l’endroit où nous étions tombés en panne près du centre commercial de Cajamarca. Nous ne sommes pas très loin du centre historique mais Anaïs n’est pas très en forme. Nous prenons donc une moto-taxi pour nous rendre sur la place d’armes. C’est aussi l’occasion de tester ce moyen de transport. Nous voici à 4, bien serrés à l’arrière de cet engin, slalomant entre les voitures et franchissant les énormes caniveaux de la ville.


Nous descendons sur la place centrale de la ville. Celle-ci est bien arrangée avec ses espaces verts bien entretenus. C’est sur cette place qu’eut lieu le choc des cultures inca et espagnole en 1532. C’est ici que Pizarro fit prisonnier Atahualpa, empereur inca.
Aujourd’hui, concert avec un volume sonore incroyablement fort nous obligeant de nous éloigner pour apprécier cette jolie musique, mêlant rythme moderne et instruments traditionnels.

Les femmes, toujours coiffées de leurs chapeaux en feutre couvrant leur chevelure noire tressée, sont très élégantes.









Jolie fontaine en pierre.
L’église San Francisco possède une façade très ouvragée voire surchargée. Malheureusement, comme beaucoup de monuments, elle est fermée en ce dimanche. Ses deux clochers ne datent que du 20ème siècle.
Juste derrière, le couvent San Francisco.
Face à cette église, trône la cathédrale qui ne fut achevée qu’en 1960, et encore elle ne possède pas de clocher.
Elle a été construite avec des pierres de palais Inca. Elle aussi a une façade baroque très chargée.
Les rues sont bordées de maisons coloniales aux larges débords de toits et aux jolis balcons de bois.










Un peu plus loin, le Complejo de Belén est formé d’une église du 18ème siècle, et des anciens hôpitaux.

Nous quittons la ville pour nous rendre au site des Ventanillas de Otuzco. Il s’agit d’une nécropole taillée dans une falaise, datant de l’époque Cajamarca, soit de -200 à 1240 après JC. Mais ce site aurait été occupé dès 1130 avant JC.

337 tombes sont creusées dans la roche et servaient de sarcophage mais on imagine mal comment des corps pouvaient être enterrés dans ces si petites niches. Peut-être s’agissait-il d’urnes funéraires ?
Pour terminer cette journée, nous nous rendons aux Baños del Inca. C’est là que l’empereur Atahualpa vint en cure dans les eaux sulfureuses, afin de soigner une blessure, juste avant d’être fait prisonnier par Pizarro.
De l’eau thermale, réchauffée dans les profondeurs de la Terre par le magma bouillonnant sort à une température de 72° et alimente des bassins. Nous achetons nos billets d’entrée sans trop savoir à quoi cela donne accès. Les jolis bassins fumants que l’on voyait de la rue ne sont pas accessibles. Nous voici dans une longue file d’attente de plus d’une heure. Nous observons les gens. Au fur et à mesure, une cabine privée se libère et de 1 à 5 personnes entre dans l’espace libéré. Mais de quoi s’agit-il ? Vient notre tour, nous entrons dans une salle de 4 m² au haut plafond tout moisi. Dans celle-ci, une grande « baignoire » vide d’environ 3m² que nous remplissons avec des robinets d’eau thermale.
Bon, c’est un peu bizarre... mais nous apprécions quand même de pouvoir prendre notre premier bain depuis le début du voyage ! Nous comprenons que les gens n’ayant pas de salle de bains chez eux, viennent en famille ici pour se laver, un peu sur le principe des hammams au Maghreb ou en Turquie. D’autres y viennent en couple, certainement pour d’autres raisons. Mais il s’agit de faire vite, car le temps est limité à 30 minutes...
Sortis de là, nous nous offrons pour un prix dérisoire un massage pendant que les enfants nous attendent sagement dans la salle d’attente. Agréable moment de détente sur un air de musique d’« Imagine » ou de « My Way » joué à la flûte de pan.
En rejoignant le camping-car, nous achetons 4 portions de saucisses, brochettes, patatas rellenas tout cela pour 1€ par personne. A ce prix là, ça vaut à peine le coup de cuisiner !

Nous bivouaquons tranquillement sur le parking de la place de Baños del Inca.

Lundi 7 mars :

La nuit fut bien tranquille. Dès le petit matin, comme souvent ici, une longue file d’attente d’une centaine de personnes se crée devant le guichet de la banque. On ne comprend pas trop pourquoi.
Nous prenons la route en prenant le soin de mettre un dessin animé aux enfants. En effet, Victor supporte mal les virages quand il n’est pas concentré sur un écran. Et là, des virages, il va y en avoir sur 150 km. Nous sommes à 2700 mètres, allons monter à 3200 pour redescendre à 0. De quoi tester le camping-car... En espérant ne pas tomber en panne dans la montagne car la prochaine ville est bien loin... à 280 km ! Nous sommes ravis d’avoir enfin retrouvé la puissance d’origine... tout fonctionne à merveille, même la clim’. Cette fois-ci, on sent bien qu’on est réparé pour de bon.
Nous profitons, mieux qu’à l’aller, des beaux paysages aux alentours de 3000 mètres qui étaient dans une purée de pois quand nous étions passés par cette même route à l’aller.
C’est vert, c’est humide, c’est dans les nuages toute la journée. La végétation par endroit est exubérante.

Les péruviens des montagnes sont toujours aussi beaux coiffés de leur hauts chapeaux en feutre et couverts de leurs ponchos. Les femmes portent leurs bébés dans des grandes écharpes sur leurs dos.



Les pubs politiques envahissent même les coins les plus reculés du Pérou. Enormément de façades de maisons sont peintes du nom des partis.
Le travail dans les parcelles à flancs de montagnes nous impressionne toujours autant.
Puis, après une longue descente, dont pas mal de kilomètres en première vitesse, nous voici rendus dans la plaine et ses nombreuses rizières.  




Des camions tres charges (desole, je rajoute cette phrase au cyber cafe, et il n'y a pas d'accents sur le clavier !) d'enormes sacs de riz ralentissent la circulation.
De retour sur l’axe panaméricain, il nous reste une centaine de kilomètres à faire pour rejoindre la grande ville de Chiclayo. Certains la rejoignent en prenant l'air.

Nous traversons un désert fait de dunes de sable. Le paysage, malgré sa monotonie pourrait être agréable s’il n’était pas une déchetterie à ciel ouvert sur des centaines de km².

C’est incroyable comment le Pérou est dégueulasse. Ce n’est pas juste une bouteille ou un papier qui trainent par terre mais réellement des poubelles entières que le vent, les chiens et les vautours explosent. A l’approche de la ville, ce sont même les camions de ramassage d’ordures ménagères qui viennent vider leur chargement quotidien dans la nature. Certains y mettent le feu.
Des milliers de tas de gravats mélangés à du plastique et d’autres matériaux jonchent également ce désert. Quel contraste avec les paysages de la sierra dans lesquels nous étions il y a quelques heures.
Pour rappel, il y a quelques jours, notre président de la République Française venait à Lima remercier le président Humala pour son engagement en faveur du climat. Le Pérou était un des partenaires privilégiés lors de la fameuse COP21, conférence sur le climat organisée il y a peu en France. Il y a encore du boulot à faire si on veut sauver notre planète !
La lecture de nos guides touristiques nous vantait les 3 petits villages côtiers de Puerto Eten, Santa Rosa et Pimentel. Nous n’y avons trouvé pourtant aucun charme particulier dans ces villes aux rues défoncées et sales.

Juste peut-être celui de revoir les cabellitos de totora, ces embarcations de roseaux.

Nous avions prévu de bivouaquer ici, mais on ne le sent pas. Nous continuons donc sur une quinzaine de kilomètres et atteignons la grande ville de 500 000 habitants de Chiclayo. Evidemment, la circulation est dense et bruyante. Nous trouvons une petite rue où stationner à un bruyant carrefour mais qui nous semble assez sécurisée en raison du passage piéton et routier assez important. En contre partie, c’est... bruyant. Nous avons du mal à supporter la chaleur écrasante. Nous envisageons de vite remonter dans les prochains jours vers les altitudes de l’Equateur chercher un peu de fraîcheur.

Mardi 8 mars :

Nous passons la matinée à aller nous promener dans Chiclayo. Le cœur de ville n’a rien d’intéressant. Sa place d’armes est entourée de vilains bâtiments à part la cathédrale et un autre d’inspiration coloniale.

Comme dans toutes les grandes villes d’Amérique du sud, des liasses de dollars et d’euros s’échangent sur le trottoir contre les monnaies locales.
Nous allons déambuler dans le Mercado Modelo, un immense marché couvert qui nous fait penser au Grand Bazar d’Istanbul (en moins grand, bien sûr) ou aux souks du Maroc où tout se vend : fruits, légumes, jus de fruits frais, poissons et viandes (les enfants demandent pourquoi les poissons sont sur les tables et pas sur de la glace, quant-à la viande... ce sera repas végétarien pour ce midi !), artisanat, quincaillerie... Moment agréable.











Petit tour chez le coiffeur pour les filles puis nous rentrons dans la fournaise du camping-car.
Nous prenons la route vers Lambayeque qui est réputée pour avoir un des musées les plus intéressants du Pérou, le Museo Tumbas Reales de Sipán.
Ce récent musée abrite les inestimables richesses trouvées en 1987 dans les tombes de la Huaca Rajada.

Dans la pyramide de Sipán, vieille de 1750 ans, a été trouvé El Señor de Sipán, entouré de plus de 1000 objets parmi les plus fins de l’art Mochica. D’autres tombes dont celle du Sacerdote (le grand prêtre) et du Viejo Señor ont aussi été découvertes ainsi qu’une quinzaine d’autres sur le même site. Pour la première fois, la sépulture intacte d’un souverain mochica allait livrer ses secrets. Le seigneur, âgé de 42 ans, était accompagné dans son interminable voyage vers l’autre monde de 3 femmes, d’un jeune enfant, d’un gardien, de trois guerriers, tous sacrifiés, de même que des animaux (lamas, chiens). Les défunts étaient ensevelis avec leurs objets, leurs bijoux... qui permirent de mieux décrypter une civilisation qui ne connaissait pas l’écriture.
La visite de ce musée ouvert il y a 15 ans commence par une présentation de la culture Moche. Superbes collections de céramiques et d’art métallurgique.










Au 2ème étage, on en apprend plus sur la découverte des tombes et les travaux effectués à Sipán. Présentation des pièces issues des fouilles. Le travail des archéologues est très bien mis en valeur avec une série de photos de leur travail agrémentée des objets découverts au fur et à mesure.
Enfin, au 1er étage, on accède à la reconstitution de la tombe du Sacerdote et aux restes du Señor de Sipán, entouré de sa famille et de ses richesses.
Ce passionnant musée présente une quantité impressionnante et superbement mise en valeur d’objets archéologiques en or, en argent, en cuivre. Les tombes sont reconstituées ainsi qu’une scène de la vie quotidienne à Sipán, avec des personnages de cire.
Nous avons adoré cette visite. Dommage que les photos soient strictement interdites. Et cette fois-ci, pas moyen de tricher car les sacs sont fouillés à l’entrée ! Les photos viennent d'internet.
Nous prenons la route pour rejoindre la ville étape de ce soir, Piura. La panam’ est rectiligne sur 200 km. L’altitude grimpe au maximum à 20 mètres. Le désert de sable traversé est de nouveau une décharge à ciel ouvert sur 200 km. Sur cette distance, pas de villes, villages et même hameaux. Mieux vaut prévoir pour le plein de carburant car si on en vient à cours de gasoil, la seule solution est d’en acheter aux rares habitants qui en vendent sur le bord de la route dans des bouteilles de 0,75 litre !
Nous arrivons à la nuit tombée à Piura et nous arrêtons bivouaquer dans la première station service venue, la ville étant réputée peu sûre.
Demain, 180 km nous séparent de l’Équateur où nous envisageons de passer environ un mois et demi. La suite du voyage, ce sera Pérou, Bolivie, sud Brésil et Uruguay pour le retour fin juillet.

En attendant la suite de nos aventures, je vous laisse en compagnie de Dany le Nain qui publie son 23ème épisode !

Article suivant : Equateur du 9 au 13 mars : Catacocha, Loja, Cuenca


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