mardi 12 avril 2016

Dany le nain - épisode 25


LE CARNET DE VOYAGE DE DANY LE NAIN – ÉPISODE 25

On est allés dans la forêt amazonienne… Je crois que les jours passés là-bas ont été les pires de ma vie !
On a donc passé un séjour dans une tribu amazonienne. Ces gens étaient effrayants ! Ils partaient chasser dans la forêt pour se nourrir… Ils chassaient des caïmans ! Des caïmans ! Moi, ces bêtes-là, j’en avais à peine vu une que je suis parti en courant !
Et puis ils ont des rites étranges, des traditions, des cérémonies… Enfin, appelez ça comme vous voulez, mais c’est bizarre ! Ils nous ont proposé un bain avec les caïmans pour purifier nos corps et nos esprits ! Bien entendu, les Mollalpagas ont chacun leur tour gentiment décliné leur offre. Mais quand ça a été à mon tour de m’y soumettre, j’ai eu beau protester, on ne m’a pas laissé le choix ! Je me suis débattu, mais les Mollalpagas leur ont dit que ça me ferait un  bien fou.
On m’a emmené au bord d’une sorte de rocher qui surplombait légèrement le fleuve, et on m’a dit de sauter. Bien entendu, en dessous de moi, il y avait une dizaine de caïmans qui tournaient dans l’eau. J’ai refusé. Ils m’ont dit de ne pas avoir peur, que les caïmans n’étaient pas méchants… Je n’ai pas sauté pour autant. Je me suis retourné vers eux, toujours au bord de mon rocher mais tournant le dos au fleuve, et leur ai dit droit dans les yeux que je ne sauterai pas. Alors, ils ont entamé une sorte de danse rituelle, en tapant dans leurs mains et en déclamant des chants indiens. Puis, la foule des aborigènes s’est séparée en deux, et le chef est apparu au milieu, tel Moïse séparant la mer en deux. Le silence s’est fait immédiatement. Malgré le sourire jovial qui coupait en deux son visage, je dois avouer que la coiffe de plumes, le collier de crânes et la peau de bête pendant à sa ceinture avec une grande machette ne m’ont pas rassuré. J’étais pétrifié. Il s’est approché, les bras tendus en signe de bienvenue, comme s’il voulait me prendre dans ses bras. Les Mollalpagas m’ont dit plus tard qu’ils l’avaient trouvé fort sympathique. J’avoue que, pour ma part, ce n’est pas comme ça que j’aurais décrit l’impression qu’il me fit. Il s’avança vers moi. Effrayé, je fis un pas en arrière et basculai du rocher en haut duquel on m’avait perché. De la suite, je ne me souviens de presque rien, à part être tombé au milieu des caïmans et d’avoir tenté de remonter à la surface (je ne sais pas nager).
Quand je me réveillai, j’étais allongé dans un hamac, une compresse fraîche sur la tête et une sorte de marabout-sorcier à mon chevet.
Il portait un masque en bois, qui ressemblait plus à une énorme boite peinte de couleurs vives et percée aux yeux et à la bouche, qui lui descendait à la taille. Le visage peint sur le masque n’était vraiment pas rassurant. Le sorcier avait à la main un bâton surmonté d’une sorte de figurine mi-homme mi-chèvre. Il me fixait à travers les deux petits trous percés dans le bois. Il dégageait une chose étrange et mystique, et je n’arrivais pas à soutenir son regard.
« Bois, me dit il soudain. Ça venin du serpent. Dieu-serpent veiller sur toi, étranger.
- C’est… C’est du venin ?
- Oui, ça venin. Bois ! »
Je ne cherchai même pas à me débattre, effrayé à l’idée des représailles si je vexais le Dieu-serpent. C’était amer et ça sentait la plante. J’eus du mal à avaler.
On m’obligea à rester deux jours de plus alité, à boire trois fois par jour le venin du serpent.
Quand je fus rétabli, le chef demanda à me voir. Il me dit qu’une vieille prêtresse était venue le voir. Quand elle avait invoqué les Dieux, ils avaient dit à la pauvre femme que grâce à mon passage dans la tribu, s’ils sacrifiaient un bébé caïman (leur animal totem) sous mes yeux, leurs sols seraient dix fois plus fertiles pour l’année à venir. On sacrifia donc un bébé caïman sous mes yeux. Pour me remercier, le chef me fit m’asseoir sur son trône, ce qui était un immense honneur, et on fit sculpter une statuette à mon effigie, et on la fixa sur le haut de leur totem.

Les jours suivants, la tribu voulut m’impressionner en me montrant tout ce qu’ils savaient faire. J’assistai donc à la chasse, à la récolte de larves se cachant au creux des arbres (et je dus les goûter), on me promena en pirogue (et je tombai dans l’eau une bonne dizaine de fois, au milieu des piranhas). Ce fut infernal.
Après la forêt, nous sommes retournés à la civilisation. On a fêté pâques, en faisant la chasse aux œufs dans le camping car ! Heureusement qu’il y avait du chocolat, sinon, ça m’aurait saoulé !  Mais le lendemain, j’avais déjà mangé toute ma récolte. (Je ne vous cache pas que j’ai un peu pioché dans celle des enfants, mais surtout il ne faut pas leur dire…).

Le matin du premier avril, je me suis réveillé à l’affut. Je ne laisserai personne, je dis bien personne me jouer de tour ou me coller le moindre poisson dans le dos. Je me suis méfié toute la journée, et, d’ailleurs, je les ai bien eus… Ils n’ont pas pu m’en coller un seul ! De toute façon, au premier avril, personne n’a jamais réussi à me coller de poisson, je suis trop malin ! Je n’ai jamais eu de poisson dans le dos ! Ils ne pensaient quand même pas qu’ils allaient réussir à avoir le grand Dany ! Eh, ils m’ont pris pour qui ?
Et si, Dany, on t’a bien eu… !        Les Mollalpagas
On a continué à voir des paysages merveilleux, et j’ai même pu poser avec quelques amis alpagas !

On est en Equateur, maintenant… Je vous redonnerai des nouvelles…

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