mardi 12 avril 2016

Equateur du 3 au 5 avril : Quito


Dimanche 3 avril : 

Nous sommes à 22 km au sud de la ligne équinoxiale au cœur des Andes équatoriennes à Quito, capitale de l’Equateur, comptant 2 670 000 habitants. La ville a un passé colonial de 6 siècles. Son centre historique, le moins modifié et le mieux préservé d’Amérique du sud, est classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco depuis 1978 (ce fut la première ville avec Cracovie en Pologne à avoir été classée). Perchée à 2850 mètres d’altitude, c’est la deuxième capitale la plus haute du monde après La Paz (Bolivie). La ville s’étire entre les volcans sur 30 km de long pour seulement 4 à 7 de large. Les volcans Rucu et Guagua Pichincha la culminent du haut de leur 4627 mètres et 4747 mètres.
Plus de vestiges Incas à Quito. Les espagnols ont utilisé les pierres des temples pour construire les nouveaux bâtiments que nous allons visiter. Nous avons donc au programme de ces 3 jours : églises (mais on ne visitera pas la quarantaine de la vieille ville), monastères (on ne visitera pas non plus la quinzaine de la vieille ville), palais, rues et places pavées... et quelques musées (il en existe plus d’une dizaine, dans nos guides du moins, mais certainement beaucoup plus !).
Nous bivouaquons dans le quartier de La Carolina au nord de la ville, quartier des affaires, des commerces, des ministères, des ambassades et des grandes banques. Autour de nous un grand parc entouré de hauts buildings de béton, de verre et d’acier. Parking surveillé par des agents de sécurité et des policiers toute la journée pour 0 à 2$ par jour selon l’humeur des agents encaissant le parking ; enfin, on ne va pas se plaindre car pour les quiteños, c’est 60 cents de l’heure et deux heures maxi ! Autant dire qu’on ne craint rien à laisser le camping-car ici toute la journée pendant que nous partons visiter le Quito colonial en taxi ou en trolley-bus.
Aujourd’hui, ni maths ni français au programme pour les enfants mais visites culturelles ! et ils vont être servi...
Nous commençons la visite de Quito par la fondation Guayasamín et la Capilla del Hombre. Situées dans le quartier Bellavista, encore plus au nord de la ville, nous décidons d’y aller en camping-car car aujourd’hui dimanche, les rues sont quasi désertes. Mais on aurait dû se douter qu’avec un nom comme Bellavista, on devait avoir une belle vue et donc que le quartier se trouvait en hauteur... Nous voici à grimper à 3000 mètres d’altitude par des rues tellement pentues que les roues avant patinent dans les ruelles étroites et pavées encore humides. Mais bon, on arrive en haut avant de s’apercevoir qu’on est monté... trop haut et qu’il faut donc redescendre.
Bref, on est consolé par le fait qu’on ait une belle vue sur Quito dont les quartiers envahissent les pentes des volcans (encore actifs...).
Le Guagua Pichincha, qui a aujourd’hui la tête dans les nuages, est en effet une véritable menace pour la ville et pourrait un jour l’engloutir sous des coulées de lave et de boue. Il a d’ailleurs recouvert de 30 cm de cendres la ville en 1660 et de nouveau dans des proportions moindres en 1999. Le nuage atteignait 20 km de hauteur.
Nous sommes donc dès l’ouverture à l’entrée de la Capilla del Hombre. Oswaldo Guayasamín (1919-1999) est un grand peintre de réputation internationale, né à Quito. Il commence à peindre dès l’âge de 7 ans. Dans les années 1960 et 1970, il est dans sa période « Edad de la ira » (« âge de la colère ») et peint ses terribles œuvres sur l’homme victime des guerres et des dictatures, sur la cruauté de la vie et sur l’injustice des assassinats.

Il prend ainsi position face aux injustices d’une société qui discrimine les pauvres, les indiens, les noirs, les faibles. En 1979, après avoir été emprisonné pour s’être engagé contre la dictature militaire de son pays, il entame le cycle de la « Edad de la ternura » (« âge de la tendresse ») et peint une cinquantaine d’œuvres exprimant l’amour, la tendresse, la solidarité.



Guayasamín a créé en 1996, la Capilla del Hombre qui est ce grand centre culturel et musée que nous visitons aujourd’hui. L’artiste a fait don de tout son patrimoine à l’Equateur. Ce projet a été désigné par l’Unesco « Projet prioritaire de l’Humanité ». Cette Capilla, ressemble à un énorme bunker aux lignes inspirées d’un temple Inca.
Le monument a des volumes intérieurs énormes dans lequel sont bien mises en valeur ses œuvres monumentales. Nous parcourons tous les 4 avec beaucoup d’intérêt ce musée dans lequel on suit les différentes périodes de la vie de Guayasamín.

La visite se poursuit par l’intérieur de sa maison ou plutôt demeure de plusieurs centaines de m² avec une vue incroyable sur Quito.
Les pièces sont énormes et on visite salon, salle à manger, chambre et sa vitrine de statuettes érotiques (très érotiques) devant laquelle Audrey passe vite avec les enfants pendant que je reste un peu en retrait... et surtout son impressionnant atelier, dans lequel il a réalisé une partie de ses œuvres. Les tubes de gouache, les palettes, les œuvres inachevées sont encore là.



De là, nous revenons nous garer au parc de La Carolina. L’après-midi, nous partons à la découverte du Quito colonial, qui, comme tous les dimanches, est entièrement piéton.
Le Museo Casa de Sucre est l’une des plus belles demeures coloniales de Quito, propriété de la famille du Maréchal Sucre, héros de l’indépendance de l’Equateur en 1809.
Les pièces sur deux niveaux surplombent une galerie encadrant un élégant patio à l’allure andalouse, rafraîchi par une fontaine.
Plusieurs salles reconstituent le mode de vie bourgeoise du début du 19ème siècle. Les grandes salles sont séparées par des cloisons amovibles construites en bambous.
Nous allons visiter la Compañia, église de la Compagnie des jésuites commencée en 1605 et terminée en 1765 ! C’est l’une des églises les plus riches d’Amérique latine. La façade baroque, construite en pierre volcanique est magnifiquement sculptée et riche en détails finement ciselés (fleurs, anges...).

Le portail est encadré d’élégantes colonnes torsadées et sculptées.

L’intérieur est EPOUSTOUFLANT !! Il est entièrement recouvert d’or. Colonnes, autel, retables, portes, coupelles, voûtes, tout est passé à la feuille d’or 23 carats. C’est en fait l’or des Incas que les espagnols ont fondu pour recouvrir murs et plafonds. La somptueuse décoration intérieure est d’inspiration maure et comprend fruits, oiseaux...




Admirables pupitres et confessionnaux en bois sculptés.
Un superbe orgue de 1888 est composé de 1104 tubes.
Après le dernier tremblement de terre de 1987, l’église a entièrement été restaurée durant 19 ans.
Nous sortons et passons devant le musée numismatique de la Banque Centrale de l’Equateur. Bel édifice des années 1930.
La visite du centre historique se poursuit en passant devant de beaux monuments, dont l’église Carmen Antiguo de San Jose et l’église et le monastère San Agustín.

Nous arrivons Calle la Ronda, ruelle coloniale étroite et escarpée, la plus ancienne de Quito. Joli alignement de hautes bâtisses aux façades coloniales blanches ou colorées de tons pastel, balcons ouvragés en fer forgé, toits de tuiles. De nombreux artisans occupent ces maisons.


Point de vue sur la Vierge del Panecillo, immense statue de 45 mètres en aluminium venue d’Espagne, dominant tout le vieux Quito, à plus de 3000 mètres d’altitude.
Dès que nous levons les yeux, nous avons des points de vue incroyables sur l’immensité de la ville.
Retour en trolley-bus à La Carolina et petit passage à la bibliothèque pour feuilleter quelques livres.

Lundi 4 avril :

Nous arrivons Place de l’Indépendance, dite aussi Plaza Grande.
Devant tant d’affluence et tant d’agitation policière, nous nous renseignons et apprenons que la relève de la Garde Présidentielle va avoir lieu à 11 heures.
Nous changeons donc notre programme et traînons un peu autour de cette place et découvrons ces jolis monuments d'inspiration coloniale à Art Déco, notamment dans la rue Espejo.

Le Centro Cutural Metropolitano, occupe les anciens bâtiments de l’ordre des Jésuites. A l’intérieur, très large patio à la toiture de verre.

L’église El Sagrario (17ème siècle) est une ancienne chapelle de la cathédrale. Somptueuse entrée.
L’intérieur est très baroque, très chargé avec ses colonnes et maître-autel décorés de dorures.


Les murs peints donnent (à peu près) l’illusion du marbre. Comme dans toutes les églises de Quito, de nombreuses œuvres de peintures ornent les murs.
Nous voici de retour sur la Place de l’Indépendance. C’est le cœur névralgique du vieux Quito. Elle est encadrée sur 3 côtés de bâtiments historiques : la cathédrale au sud (milieu du 16ème siècle), le Palacio del Gobierno à l’ouest et le Palacio Abizcopal (palais de l’archevêché) et l’hôtel Majestic qui fut le premier Hôtel de ville, au nord.



Aujourd’hui, le nouvel Hôtel de ville prend place sur le quatrième côté de la place dans un vilain édifice bétonné.
Au centre du jardin de la place se dresse le monument en marbre de Carrare en hommage aux Héros du 10 août 1809. La place est plantée de magnolias, d’hibiscus, de jacarandas et de cocotiers.


La foule arrive sur la place, les policiers sont présents par centaines aidés de leurs chiens renifleurs. Sur les toits des bâtiments autour de la place prennent place des tireurs d’élite. On apprend que le Président Rafael Correa va peut-être se montrer !


Une centaine d’écoliers en tenues s’assoient sur des chaises préparées au pied du palais.
Puis à 11 heures pétantes, un impressionnant orchestre arrive, les gardes du palais sont présents par dizaines.





Puis, le couple présidentiel, le Ministre de l’Intérieur, l’Ambassadeur de l’Argentine en Equateur et Miss Equateur viennent saluer la foule au balcon du Palais. Acclamation du public en délire. Cris de joie de la foule.


Pas de discours du Président mais beaucoup de signes de la main, des cœurs faits avec ses doigts, des grands sourires... Quelle côte de popularité ! Elu depuis 2006, il a fait beaucoup bougé le pays en faisant adopter une nouvelle constitution inspirée « d’une politique économique souveraine qui ne tolère plus les abus d’aucune multinationale ». Elle prévoit aussi un système économique « social et solidaire ». Le gouvernement instaure une « révolution citoyenne » et multiplie par ailleurs les investissements dans les écoles, la santé, les retraites et les infrastructures de transport (ponts, routes, aéroports...), transformant le pays en vaste chantier. Partout dans le pays, nous voyons des grands panneaux « Quand tu achètes, achète d’abord équatorien ». L’Equateur est le premier pays à avoir ratifié le nouveau mécanisme relatif aux droits sociaux et économiques mis en place par l’ONU, qui permet à toute personne estimant que ses droits sont bafoués de porter plainte auprès des Nations Unies.
Mais tout n’est pas rose. Le travail des enfants est encore présent. Le pays est très endetté. L’Equateur est l’un des pays les plus corrompus d’Amérique. 26% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les salaires restent bas. Le Dollar qui a remplacé le Sucre en 2001 a renchéri le coût de la vie. Et je vous ai déjà parlé des ravages écologiques et des conséquences sur les populations indigènes de l’Amazonie dus à l’exploitation de 500 000 barils de pétrole par jour. L’économie équatorienne, principalement soutenue par la dépense publique grâce aux revenus du pétrole, a subi le contrecoup de la baisse du prix des hydrocarbures et est entrée en récession en 2015.
Cependant, le Président Correa reste très apprécié de ses électeurs qui viennent de l’élire pour un 3ème mandat. Et ça se voit dans le public. A la fin de la relève de la garde au bout d’une demi-heure, le Président salue durant de longues minutes la foule qui de plus lui souhaite aujourd’hui un joyeux anniversaire.


Nous nous éloignons de la foule et rejoignons le Couvent de San Francisco situé sur une immense place pavée bordée de jolies maisons coloniales. Le monastère occupe depuis 1680 l’emplacement de l’ancien palais de l’Inca Atahualpa. Avec ses 3,5 hectares, c’est le plus grand ensemble conventuel des Amériques. Ses murs blancs se détachent du ciel gris annonciateur d’un orage imminent.
On commence la visite par l’église qui, avec la cathédrale, est le plus ancien sanctuaire chrétien de Quito (1534). L’intérieur est éblouissant avec l’art cumulé du Mudejar et du Baroque. Partout des dorures ornementent tout ce qui peut l’être.


A côté, un vaste cloître encadre un mignon jardin.
On accède ensuite au pas très passionnant (pour nous en tout cas) musée Franciscano Fray Pedro Gocial, qui présente une collection de pièces d’art religieux  du 16ème au 19ème siècle. On en fait vite le tour.
Nous accédons par la suite à l’étage de l’église qui nous permet de dominer la nef principale et d’avoir une superbe vue sur les détails des plafonds à caissons d’inspiration mudéjar, ainsi que des 61 stalles toutes veillées par un Saint différent, endroit où viennent prier les moines. L’autel baroque est orné d’argent et de miroirs.


Sur la partie gauche de ce long alignement de façades, la chapelle de Cantuña offre également une mignonne façade.
Il est temps de se réfugier à l’abri des trombes d’eau dans un petit resto accueillant travailleurs locaux et touristes français qu’on reconnait au Guide du Routard posé sur la table !
Nous continuons notre visite du quartier historique dont le tracé respecte le modèle espagnol de damier, rendu toutefois difficile par les caprices de la topographie locale.
Outre les beaux monuments visités, nous passons devant de belles et nobles demeures aux murs blancs à l’allure andalouse, pour certains.




La Casa del Alabado, occupera le début de notre après-midi. Il s’agit d’un superbe musée d’art précolombien de l’Equateur qui occupe un beau bâtiment colonial du 17ème siècle superbement restauré.
Ce musée, récemment ouvert, expose en mettant magnifiquement en valeur 3000 pièces archéologiques.
Un parcours thématique propose la découverte du monde des ancêtres, du monde primordial, du monde parallèle, du monde spirituel du Chamán, du monde des élites et enfin du monde de l’Art. On découvre ou redécouvre ainsi les cultures Valdivia, Cañari, Tolita, Puruhá, Napo, Chorrera, Guangala et pleins d’autres...












Nous apprécions beaucoup ces sculptures de la culture Valdivia (-4000 à -1500 avant J.C) aux traits étonnamment modernes.


La journée continue et nos enfants continuent à suivre toujours avec le même entrain et le même intérêt ce que nous leur faisons découvrir. Ils posent beaucoup de questions.
Nous enchainons avec l’Eglise de la Merced (1559), l’une des plus imposantes de la ville.
A l’intérieur, beau plancher en bois qui craque, maître-autel doré ; nef et plafonds sont couverts de stucs roses et blancs aux motifs d’arabesques d’inspiration mudéjar. Bon, on n’est pas dans le raffinement des églises, des palais ou des mosquées d’Andalousie ou du Maroc.


A quelques centaines de mètres, et au prix d’une belle montée qui nous essouffle un peu (on est quand même à 3000 mètres d’altitude)...
...nous arrivons à la Basílica del Voto Nacional. Cette énorme bâtisse a été construite dès 1882, par un architecte français en s’inspirant de la cathédrale de Bourges. C’est la plus grande construction gothique d’Amérique du Sud.
Elle a la particularité d’avoir des gargouilles inspirée de la faune de l’Equateur : tatous, tortues et iguanes des Galápagos, tamanoirs, singes, pumas...

Les tours culminent à 117 mètres. Nous montons à mi-hauteur par un ascenseur avant de continuer sur une passerelle qui passe au dessus de la nef de la cathédrale.
Puis, nous escaladons de raides et étroites échelles métalliques qui nous permettent d’atteindre un des clochetons ; les normes de sécurité en France ne nous permettraient pas de faire ça...
La vue sur Quito est imprenable. On embrasse la totalité de la vallée, du Quito moderne au nord, au Quito colonial jusqu’à la colline du Panecillo, au sud. De chaque côté du centre de Quito, les pentes des volcans.





Petite pause pour boire un Irish Coffee, perchés dans un café en haut d’une tour de l’église avec une incroyable vue sur Quito et sur la colline del Panecillo.

Redescente avec une belle vue sur la nef.
La plaza del Teatro Sucre, bien restaurée comme la majorité des bâtiments du vieux Quito, abrite le théâtre construit en 1878.
Retour sur la place de l’Indépendance et nous entrons dans le patio del Palacio Arzobispal datant du 18ème siècle. Il est composé de deux patios de style andalou. Encadrés de galeries, il abrite aujourd’hui boutiques et restaurants.
Pour terminer cette longue et agréable journée à la découverte du Quito colonial, nous allons visiter le Palacio del Gobierno qui est le Palais Présidentiel. Ce n’est pas la résidence de Rafael Correa mais par contre c’est là qu’il a ses bureaux.
La visite commence par une séance photo où un cliché de nous 4 pris dans un des patios nous est offert à la fin de la visite.


En montant au premier étage, on remarque une superbe fresque en mosaïques réalisée par Guayasamín en 1960 et qui évoque la conquête de l’Amazonie.
Nous visitons une salle de réunions où le président réunit ses ministres, aux lustres en cristal et au mobilier magnifique.
Anaïs et Victor, sur le balcon dominant la place, sont fiers d’imiter les gestes du Président à l’endroit même où il était ce matin !

Puis le salon de banquets où vient de se terminer la fête de l’anniversaire du Président. Nous avons d’ailleurs entendu en passant dans la rue il y a quelques instants la chanson « Cumpleaños feliz ».
On termine par le salon jaune, où s’alignent les portraits de tous les présidents équatoriens ayant terminé leur mandat. C’est ici qu’ont lieu les réceptions officielles.
Dans les couloirs, de nombreuses vitrines contiennent des cadeaux offerts par des chefs d’Etat étrangers, dont ces deux médailles offertes par la France.

Les Emirs du Quatar, offrent quant à eux, des chevaux en or et en argent et autres objets en or...

Retour sous une pluie battante au camping-car. Nous sommes trempés jusqu’aux os !

Mardi 5 avril :

Nous nous dirigeons à pied vers la ville nouvelle et son quartier résidentiel branché, La Mariscal.
Au sein de celui-ci, nous visitons le Museo Etnohistórico de artesanias del Ecuador Mindalae. Il s’agit d’un musée boutique ouvert par une ONG de commerce équitable et qui soutient des projets de développement dans différentes communautés du pays.
Le musée est un panorama des différents groupes culturels équatoriens à travers leur artisanat, superbement présenté et mis en valeur. Vraiment superbe. Nous retrouvons beaucoup d’éléments vus lors de notre excursion à Sarayaku.






La boutique propose à la vente toutes sortes d’artisanat : tissage, céramique...
Nous nous arrêtons manger dans un petit resto sympa et pas cher de La Mariscal puis, après une longue pause Skype avec la famille, nous nous dirigeons vers le Museo Amazonico Abya-Yala. Le musée est consacré aux principales ethnies amazoniennes et présente leur activité de chasse, de travail de poterie, de vannerie, de cuisine, d’instruments de musique...


Les pièces présentées sont intéressantes mais pour le coup, la présentation date un peu et est un peu poussiéreuse. Il faut dire qu’en deux jours, nous avons visité deux superbes musées tout récents. Là, nous restons un peu sur notre faim.
Intéressants animaux empaillés comme cet énorme condór ou ce fourmilier.

Il y a aussi une exposition intéressante de têtes réduites. Ce processus appelé « tsantsa » était réalisé par les Shuars jusque dans les années 40. C’est un peu gore mais je vous explique de quoi il s’agit. Eloignez les âmes sensibles durant ce paragraphe et les 2 photos qui suivent !
Seulement les ennemis de sexe masculin se voyaient ainsi mal finir. Après être entré en contact avec les Dieux, le « vengeur » allait décapiter son ennemi et ramenait sa tête. Près de la rivière, suite à une incision de la tête, le cuir chevelu était alors séparé du crâne. Ce dernier était jeté à l’eau pour nourrir les anacondas, vénérés tels des dieux. Les yeux et la bouche étaient cousus, les autres orifices étaient bouchés par des petites pierres de façon à ce que ne s’échappent pas les esprits de l’ennemi... C’est gore mais je continue... Le shaman faisait ensuite bouillir la tête durant 15 minutes dans l’eau après avoir mis une pierre et du sable à l’intérieur de la tête de façon à ce qu’elle ne se déforme pas. La tête se réduisait alors pour ne faire plus qu’une dizaine de centimètres. Lors du dernier jour de la semaine de fabrication, la tête était emportée en forêt pour subir sa première célébration : un trou était effectué sur le haut du crâne, un double kamai inséré et fixé à un chounta à l'intérieur de la tête, ainsi la tsantsa pouvait être portée sur la tête du guerrier, lui apportant son pouvoir personnel, son arutam (force, courage, sagesse...). Plus le guerrier avait de tsantsas, plus il avait de pouvoir.

Nous sortons de ce musée et nous dirigeons vers le Museo Nacional Ministerio de Cultura pour y consacrer un moment à la salle de l’or, et notamment voir le célèbre Sol de Oro. Nous avons un effet un petit garçon qui est passionné par l’or. Mais nous ne verrons pas ces pièces en métal précieux des principales cultures, de la Préhistoire jusqu’aux Incas. Le musée est fermé pour une longue rénovation d’environ un an. Ce n’est pas grave, on se dirige vers le tout nouveau Museo Weilbauer mais il n’est inauguré que demain. Bon, ce n’est pas notre après-midi pour les musées. Mais on en a quand même fait pas mal et nous avons bien profité. Passage au musée-boutique de ce matin et achat d’une sarbacane de l’Amazonie en souvenir. Audrey en avait déjà achetée une il y a 15 ans mais se l’était faite confisquée avant de monter avec en bagage à main dans l’avion !
Retour au camping-car. Notre séjour quiteño se termine. Nous avons adoré cette ville si riche culturellement. Il y aurait de quoi y passer encore pas mal de jours mais nous avons eu le temps de visiter les principaux monuments et musées. Et puis, d’autres belles aventures nous attendent... Nous nous dirigeons vers l’aéroport ou plutôt le parking privé et sécurisé qui va nous garder le camping-car lors de notre séjour aux îles Galápagos. Et oui, c’est là où nous partons tous les 4 en voyage de noces dès demain !

Dany le nain vient de faire publier un passionnant nouvel article !