vendredi 29 avril 2016

Equateur du 6 au 17 avril : Voyage de noces aux Galápagos

Mercredi 6 avril :

4 heures du matin, le réveil sonne. C’est aujourd’hui le grand jour, celui de partir en voyage de noces. Nous partons pour les « îles enchantées » (premier nom donné à l’archipel au 16ème siècle), de leur vrai nom « Archipel de Colomb » mais bien évidemment plus connues sous le nom d’archipel des GALAPAGOS ! Voici une lune de miel pas commune. Pas beaucoup de « jeunes » mariés partent avec leurs enfants ! Pour ceux qui ne le savent pas, nous nous sommes mariés juste avant de partir en Amérique du sud en juillet 2015. Et nous avons été gâtés par nos invités qui ont généreusement rempli durant cette belle fête une jolie boîte qui nous permet de nous offrir cette destination de rêve ! Encore merci à toute la famille et tous les amis...
Nous sommes donc garés à Quito sur un parking privé et sécurisé de l’aéroport. Une navette taxi est prête pour nous amener tous les 4 (avec nos nombreux bagages) au nouvel aéroport Mariscal Sucre ouvert depuis 2013. L’ancien était dangereusement enclavé en plein centre ville de Quito et était considéré comme l’un des plus dangereux du monde.
Nous passons les formalités habituelles des aéroports, bien que nous n’ayons pas de douane à passer car il s’agit d’un vol national. Cependant, des formalités propres aux Galápagos nous obligent à passer à un comptoir spécial qui nous délivre une carte de transit moyennant 20$ par personne. Au même endroit, un premier contrôle des bagages vérifie qu’on n’introduise sur les îles ni aliment frais, ni graines, ni animaux. Heureusement, après vérification, ils ne nous jettent rien des 22 kg de boîtes de conserves et autres aliments secs que nous emmenons en prévision de la vie très chère sur cette destination très touristique, notamment sur l’île d’Isabella. Ce ne sera pas suffisant évidemment mais cela nous permettra de manger quasiment une semaine sans aller au resto ou sans acheter sur place dans les épiceries locales.
Avant d’embarquer, nous avons la chance depuis la première fois que nous tournons autour de la région de Quito d’avoir un ciel dégagé et qui nous permet de voir les volcans alentours, dont le majestueux Cotopaxi, ce fameux sommet qui était jusqu’à présent bien caché.
Ce cône parfait enneigé sur la moitié de sa hauteur est incroyablement beau. Et le plus beau est à venir dans quelques minutes...
7h10, l’avion en bout de piste prend son envol alors que le jour s’est levé depuis quelques dizaines de minutes.
Rapidement, nous survolons Quito distant d’une trentaine de kilomètres. En prenant de l’altitude, nous nous rendons compte de l’étendue de cette capitale de 2,7 millions d’habitants. Les nouveaux quartiers se construisent sur les pentes des dangereux volcans. Nous voyons les pistes de l'ancien aéroport de Quito.

Nous avons depuis les airs une vue à couper le souffle sur le volcan Cotopaxi et le fameux et dangereux Pichincha. Nous survolons sa caldera. Superbe.
Puis nous traversons une fine couche de nuages et voyons ensuite seulement les sommets des autres hauts volcans à 5 000 ou 6000 mètres dépasser.

Voici avant d’atterrir un petit mot sur les Galápagos. Cet archipel a été créé il y a 3 millions d’années par des volcans en éruption (mais la partie submergée de l’archipel remonterait à 15 millions d’années). Il est composé de 13 îles d’une superficie supérieure à 10km², de 17 îlots et de 47 récifs disséminés sur une surface marine de 70 000 km² dans l’océan Pacifique. La ligne équatoriale traverse cet archipel. L’activité volcanique est encore intense et donne lieu à des éruptions annuelles. Il y a 2 000 cratères dans l’archipel.
Les îles furent découvertes en 1535 et servirent de refuge et de base de ravitaillement en eau et en viande aux pirates jusqu’en 1710. Puis à la fin du 18ème siècle, les premières missions scientifiques débarquent. Le siècle d’après sera marqué par une extermination des otaries et des baleines. En 1832, l’Equateur prend possession des îles. En 1835, le célèbre naturaliste anglais Charles Darwin explore l’archipel, durant son voyage de 5 ans autour du monde. Il débarque à bord du HMS Beagle dont nous avions vu la réplique en construction à Punta Arenas au sud du Chili il y a quelques mois.
Durant cette visite historique de 5 semaines, le savant britannique se familiarise avec la faune et notamment les 13 espèces de pinsons endémiques des Galápagos, ce qui lui permet de mettre au point sa théorie de l’évolution des espèces selon laquelle, toutes ces espèces ont évolué à partir d’une seule originelle qui aurait migré depuis le Costa Rica. C’est après la parution de « L’Evolution des Espèces » en 1859, que ces îles deviendront célèbres. En 1934, les premières lois sur la protection de l’archipel sont promulguées, transformant une partie des îles en Parc National. Et en 1959, la totalité des îles devient protégée.
En 1986, est délimitée une réserve marine, la seconde au monde par sa taille. Le site fut le premier site inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1978.
26 500 habitants vivent aujourd’hui sur l’archipel et 200 000 touristes y viennent tous les ans (il y en avait 20 000 en 1980...).
Mais depuis 2007, l’Unesco a classé pendant quelques temps, l’archipel sur la liste du patrimoine mondial en péril. L’écosystème est menacé par l’importation de multiples espèces animales (chiens, chats, souris, rats...) qui modifient le contexte écologique. Le tourisme est également une menace pour l’environnement. La population locale s’accroit de 6% par an. Une marée noire a touché l’archipel en 2001 et une éruption en 2009 a durement touché les populations animales.
Voilà pour ces quelques explications sur les Galápagos. Nous sommes toujours en vol à 10 000 mètres au dessus du Pacifique et l’avion amorce sa descente. Après avoir volé 1h50 et parcouru 1 245 km, le petit Boeing 319 se pose sur l’île de Baltra, toute petite île aride située à quelques dizaines de mètres de celle plus grande de Santa Cruz. Nous nous acquittons des droits d’entrée sur l’archipel moyennant 100$ par adulte et 50$ par enfant. 
Un premier bus nous prend en charge pour parcourir les quelques kilomètres jusqu’au passage en bac qui va nous mener sur l’île principale. Chargement des bagages sur le toit de l’embarcation puis 5 minutes de traversée du canal d’Itabaca.

Puis de nouveau, nous montons dans un deuxième bus pourri qui si on a de la chance nous mènera 40 km plus loin au sud de l’île à Puerto Ayora, seule ville de l’île. Il n’y a plus de places assises dans le bus. Qu’importe, on s’assoit par terre dans le couloir central.
A mi-distance, une forte odeur de brûlé se répand dans le bus. Le chauffeur descend et remonte indiquant qu’un pneu est crevé. Il reprend la route et espère faire les derniers 20 km ainsi mais n’en fera qu’à peine la moitié jusqu’au moment où le pneu explose et le bus se retrouve sur la jante.
Il fait 30°. On est en plein soleil. Par chance, un autre bus vide est dans le coin et nous amène au centre de Puerto Ayora. Ouf... De là, nous prenons un des nombreux taxis pick-up blancs sillonnant la ville qui nous amène à l’hôtel que nous avons réservé pour une seule nuit.
L’après-midi, nous allons nous repérer dans Puerto Ayora. Cette ville est la ville principale de Santa Cruz et également de l’archipel avec ses 12 000 habitants. Ses habitants vivent du tourisme, de la pêche, du commerce et de l’agriculture.
Nous sommes évidemment immédiatement attirés par le Pacifique et ses eaux turquoise et incroyablement transparentes.







Rapidement, nous voyons les premiers fameux animaux marins pour qui nous sommes venus. Pélicans par dizaines, crabes rouges, otaries et iguanes marins nous accueillent sur le marché aux poissons où ils tentent de glaner quelques restes du retour de pêche.




Aucun de ses animaux ne semblent avoir peur des humains et en particulier les otaries qui occupent les bancs publics...


Sur la côte, poussent dans l’eau de mer les palétuviers formant la mangrove dans lesquels les pélicans sont posés. C’est un vivier de poissons, de crustacés et de mollusques. Ces arbres qui arrivent à pousser dans l’eau salée purifient l’eau, protègent la côte des vagues et tsunamis et évitent aussi l’érosion.

Nous voici embarqués, sur les conseils d’un villageois qui nous indique une plage sympa, sur un bateau-taxi qui nous fait traverser le port jusqu’à Finch Bay où nous trouvons une plage de toute beauté, la playa Punta Estrada : sable blanc et fin, eau cristalline à 25°, pas de courant, pas beaucoup de fond pour que les enfants puissent en profiter...


Nous observons une mouette de lave (Gaviota de lava) considérée comme oiseau côtier et espèce endémique de l’île. Nous verrons un peu plus loin dans cet article la même espèce mais comme oiseau marin et donc avec des pattes palmées.
Retour sur le port de Puerto Ayora et nous profitons du retour de pêche pour nous acheter 1 kg de filets préparés pour à peine 5$.
Nous ne rentrons pas très tard car nous sommes debout depuis 4 heures du mat’ et puis demain matin de nouveau, le réveil va nous réveiller pour la deuxième fois en deux jours et il faut dire qu’on en a perdu l’habitude.

Jeudi 7 avril :

6 heures, dring... Nous quittons déjà Puerto Ayora et nous nous dirigeons vers l’embarcadère du port où nous allons prendre un bateau pour nous rendre sur l’île d’Isabella. 

Mais pour rejoindre ce bateau qui ne peut accoster au port où il y a peu de profondeur, nous devons prendre un premier bateau-taxi qui nous y amène. Nous sommes une dizaine à bord d’un bateau propulsé par 3 moteurs de 200 chevaux. Autant dire que ça pousse un peu...
Les vagues sont bien formées et à la vitesse de 55km/heure, nous sommes secoués dans tous les sens. Je serai le seul de la traversée à ne pas être patraque. Audrey et les enfants ont failli donner à manger aux poissons. Voici la tête des enfants et par respect pour Audrey (c’est quand même notre voyage de noce !), je n’ose pas mettre une photo de sa tête.
Le sourire revient le court instant où trois dauphins viennent faire de jolis sauts autour du bateau.
Puis au bout de deux heures et environ 100 km parcourus, nous arrivons sur l’île d’Isabella.

De nouveau, nous devons prendre un bateau-taxi pour rejoindre le rivage et de nouveau payer des taxes portuaires.
Là, l’eau nous paraît encore plus turquoise que sur Santa Cruz, et le sable encore plus blanc ainsi que les cocotiers nous invitent à vite aller déposer nos bagages à l’hôtel du paisible village de Puerto Villamil et à rapidement plonger dans le Pacifique. C’est une première pour nous de venir dans un endroit de plages « paradisiaques » et je vous assure, c’est vraiment paradisiaque. De plus, nous sommes quasiment seuls en touristes sur la plage. C’est encore la saison creuse.



Isabella longue de 130 km et large de 82 km (dans sa plus grande largeur) est la plus grande de l’archipel mais n’est peuplée que de 2 200 habitants. Elle possède 6 volcans dont certains en activité et dont le plus haut culmine à 1700 mètres.
Nous rentrons à l’hôtel qui bénéficie d’une kitchenette très pratique pour cuisiner mais pas de table pour manger alors nous nous réfugions donc dans la chambre.
Puis, nous partons affronter la chaleur torride de l’extérieur. Nous traversons les ruelles sablonneuses du village tranquille de Puerto Villamil (1600 habitants) où il n’y a qu’hôtels, petits restos et supérettes.
Nous faisons un détour par la Poza Salinas, une agréable lagune à quelques pas de l’océan.
Nous marchons sur la longue plage de près de 3 km de long. Par endroit, des cordons de lave noire sont arrivés jusqu’à la mer.

Sur cette lave noire, des iguanes marins à l’allure de dinosaures prennent le soleil. On les distingue à peine et il faut faire attention où on pose les pieds. Ils sont là par dizaines. Ils ne paraissent pas agressifs même si évidemment, nous ne prenons pas de risques.



Les iguanes marins, endémiques (c'est-à-dire n’existant qu’ici) de l’archipel, sont avec les tortues les deux curiosités reptiliennes des îles Galápagos. Ce sont les seuls lézards marins au monde. Darwin écrivait : « c’est une hideuse créature, stupide et maladroite ». Hideuse : oui, stupide : on ne sait pas, maladroite : pas tant que ça car ils se déplacent facilement de rochers en rochers et sont bien à l’aise dans l’eau. Les iguanes descendent à 20 mètres de profondeur et ralentissent les battements de leur cœur pour rester jusqu’à une heure sous l’eau. Ils se nourrissent d’algues marines. Par des jets allant jusqu’à 30 cm, ils extraient par leurs narines de grandes quantités de sel qu’ils ont ingurgitées en se nourrissant sous l’eau. Ils intimident ainsi leurs ennemis. Les iguanes marins ont une espérance de vie de 25 à 30 ans.



Nous nous dirigeons vers le Centro de Crienza de Tortugas Gigantes Arnaldo Tupiza. Nous y voyons un élevage de tortues terrestres d’une taille impressionnante.

Ces tortues géantes appelées « Galápago » grandissent jusqu’à l’âge de 100 ans et peuvent vivre jusqu’à 150 ans. Elles atteignent alors le poids de 250 kg, certaines 400 kg.


Les tortues sont ici une espèce menacée. Il existe onze sous-espèces de la grande tortue dont 5 sont présentes sur l’île d’Isabella où nous sommes. 6 500 individus sont recensés sur Isabella dont 4 000 vivent dans le cratère du volcan Alcedo.
Un petit centre d’interprétation intéressant explique la vie des tortues.
Petit cours d’histoire naturelle pour les enfants avec qui nous assistons à la reproduction d’un couple de tortues. Les enfants s’amusent (et nous aussi...) d’entendre le grincement des deux énormes carapaces l’une sur l’autre.

Certaines tortues ont des carapaces toutes aplaties. Peut-être se sont-elles trop reproduites !
Nous y voyons celles qui ont une carapace en forme de selle de cheval, très relevée vers l’avant et où le cou et les membres sont très longs. Ce type de tortue cherche sa nourriture en hauteur (feuillage...).
Nous voyons également le type en forme de dôme où la tortue cherche sa nourriture à même le sol. Elles vivent alors dans des îles plus riches en végétation, et se trouvent dans les hauteurs des volcans.
Les tortues cherchent des lieux secs et avec suffisamment de terre pour nicher et pondre de 6 à 14 œufs avant d’uriner et de faire leurs excréments dessus afin d’humidifier le sol. Ensuite, elles recouvrent le nid et l’abandonnent.
160 jours plus tard, les œufs éclosent et les bébés tortues attendront encore 30 jours dans le nid endurci par la terre avant de sortir à la superficie. Pendant ce temps, elles survivent grâce aux réserves alimentaires contenues dans leurs corps. Plus il y a de bébés tortues, plus il sera facile de creuser un chemin pour rejoindre la surface.
Malheureusement, dans leur espace naturel, beaucoup de nids sont détruits par des espèces d’animaux qui ont été introduites par l’homme sur les îles (vaches, ânes, chiens, chèvres, fourmis, sangliers, rats...). Ils se nourrissent des œufs, des bébés tortues ou piétinent involontairement les nids. C’est pour cette raison que le Centro de Crienza aide les tortues à se reproduire et à grandir en toute sérénité.
Nous rentrons par le même sentier qu’à l’aller, super bien aménagé, qui traverse au milieu d'un paysage de lave volcanique, un réseau de lagunes et de mares magnifiques. Nous voyons des flamencos Mayor (espèce endémique des Galápagos), de mignonnes Cigüeñuela avec leurs pattes rouges et leurs longs becs noirs ainsi que des Gallareta Frentirroja avec leurs gros becs rouges.



D’énormes cactus poussent on se demande comment sur la lave.
Sous les pommiers, des milliers de mini-pommes d’environ 1 à 2 cm de diamètre sont à terre mais ces fruits ont une substance laiteuse très irritante et sont vénéneux ; seules les tortues peuvent les digérer.
Retour par la plage avec un coucher de soleil comme on aimerait en voir tous les jours.


Vendredi 8 avril :

Dès 8h30, nous voici déjà rendus à la Concha de Perla, non loin du port de Puerto Villamil. Il s’agit d’une petite crique d’environ 50 mètres de diamètre, qui à marée basse est à l’abri des vagues du Pacifique.


Pour nous donner envie de nous mettre à l’eau, un iguane nage à la surface de l’eau... On y va quand même. Même pas peur !
Nous nous équipons de masques et de tubas et allons nager parmi les poissons multicolores. Les rayons du soleil traversent l’eau limpide jusqu’à plusieurs mètres de profondeur.








Soudain, une otarie nous approche à 1 mètre de distance. Magique !

Il a été recensé plus de 50 000 otaries. Ces animaux très sociables et très joueurs peuvent atteindre 250 kg. Leur fourrure claire devient noire au contact de l’eau. Après lecture dans nos guides, on apprend que les mâles s’approchent des baigneurs pour marquer leur territoire (et peuvent mordre...) ; les femelles ne mordent pas. Bon, pas évident de les reconnaître et encore moins sous l’eau. Le mâle défend son territoire  et son groupe de 30 femelles. Pour se nourrir de sardines, elles plongent jusqu’à 60 mètres.
Retour par la côte au village. Des otaries se reposent sur les bancs et sur le sable fin.







Nous assistons au déchargement du cargo ravitaillant l’île. Ne pouvant accoster au port, ils déchargent les quelques containers sur des barges tirées après jusqu’à la plage. Ils sont alors déchargés à la main, carton par carton.

Cela explique-t-il les prix démesurés de l’alimentation sur place (4$ le kg de tomates, 0,40$ la banane, 6$ la boîte de thon...). Heureusement qu’on a prévu quelques repas en ayant fait les courses sur le continent. De plus, les restos sont 2 à 3 fois plus chers que sur le continent.
Nous traînons autour du port. Les paysages sont incroyables. La mangrove entoure le petit port où flottent quelques barques de pêcheurs.


Des pêcheurs reviennent d’ailleurs de mer avec quelques beaux poissons dont des thons.

Nous nous remettons à l’eau sur la jolie plage de sable blanc. Des pélicans bruns à l’envergure impressionnante nous accompagnent, flottent sur l’eau à quelques mètres de nous et nous frôlent en planant.






C’est l’un des plus grands oiseaux de l’archipel. L’adulte est brun avec le haut de la tête blanc. La nuque est de couleur brun roux pendant la période de reproduction.
Sur les rochers de lave, bronzent des iguanes marins.

Un petit Canario María se met à l’ombre de la mangrove.
Après avoir déjeuné et passé le coup de chaud du début d’après-midi au frais de la chambre d’hôtel climatisée, nous partons en direction de la zone marécageuse du Parque los Humedales.
Nous traversons des zones humides dont le Poza de las Diablas. Les puits, les plages, les baies, la mangrove de Puerto Villamil ont été désignées en 2002 comme zones humides d’importance internationale par la convention RAMSAR qui est un accord entre les pays pour conserver ces zones du monde entier.
Nous marchons ensuite sur la superbe plage de sable blanc de Puerto Villamil.
Nous nous dirigeons pour nous rafraîchir une troisième fois de la journée à la Playita. On y accède par un petit sentier bien aménagé au milieu de ces zones humides...
... mais ce chemin est bien gardé par... des iguanes énormes (environ 1 mètre de long) et légèrement... impressionnant. Ils n’ont pas l’air d’avoir envie de bouger. Nous n’avons pas l’air d’avoir envie de passer. Tant pis pour la plage.



Retour à l’hôtel où comme chaque soir, de nombreux Geckos envahissent murs, plafonds, vitres. Ce sont des petits lézards de 10 cm de long, couleur sable. Ils grimpent grâce à leurs pattes ventouses sur toutes les surfaces lisses. 


Samedi 9 avril : 

En fin de matinée, nous avons rendez-vous pour notre première excursion en mer à la journée. C’est en effet le meilleur moyen d’observer la faune souvent spécifique à chaque coin de l’archipel. Le prix est assez élevé, il faut donc bien se renseigner et choisir la plus adaptée à ce que nous voulons voir comme animaux. Il existe des dizaines de possibilités de partir à la journée. Il est même possible de partir plusieurs jours en croisière mais les prix sont encore plus prohibitifs.
Nous avons réservé aujourd’hui l’excursion « los Tuneles » pour rejoindre le sud ouest de l’île d’Isabella. Une sympathique équipe nous prend en charge à bord d’un bateau ne recevant que 10 passagers au maximum. Après 45 minutes de navigation, nous faisons un premier arrêt autour d’un îlot rocheux abritant une colonie de Piqueros Enmascarados, des oiseaux marins de 90 cm.

En mer, nous voyons quelques raies Manta, appelée aussi « diable de mer ». Elles peuvent atteindre jusqu'à sept mètres d'envergure et deux tonnes. Bon, pas facile à prendre en photo mais voici le bout de leur aile.
Nous continuons et arrivons à l’abri des vagues dans une petite crique. Pour nous accueillir, des Pingüinos de Galápagos sont là, posés sur les rochers.
Ils font partie des espèces de manchots les plus petites au monde (35 cm). On repense inévitablement aux manchots royaux, hauts de 90 cm, que nous avions vus en Patagonie chilienne, qui étaient pratiquement les plus grands au monde.
Puis, c’est le moment de passer à l’eau. Deux activités de Snorkeling nous sont proposées aujourd’hui.
Avec gilets de sauvetage, masques, tubas et palmes, nous partons donc tous les 4 observer les fonds marins et les poissons multicolores. Superbe.

Nous remontons dans le bateau et apprécions la ration de spaghettis au thon après cet effort dont nous n’avons pas l’habitude.
Le bateau continue vers le site de Los Tuneles. Des coulées de lave ont créé des centaines d'arcs et de tunnels. Nous faisons une petite balade sur ces formations géologiques surprenantes et profitons de ce merveilleux endroit.


Nous voyons en vol l’espèce marine de la Gaviota de Lava dont il n’existe que quelques centaines de couples sur l’archipel.
Puis nous rencontrons les fameux fous à pattes bleues (Piqueros a patas azules), une espèce endémique de l’île, dont la population est estimée à 10 000 couples.




Cette espèce de 80 cm de hauteur est appelée fou car elle est maladroite sur terre. 50% de la population mondiale vit aux Galápagos. Le plumage brun et blanc de cet oiseau contraste avec le bleu des pattes et le gris verdâtre de son bec. La tête, brun pâle, est striée de plumes blanchâtres qui lui donnent un étonnant aspect épineux. Le bleu des pattes devient plus foncé au fur et à mesure que le fou vieillit. Aussi, les femelles ont tendance à choisir des mâles plus anciens qui seront plus expérimentés pour ramener le résultat de la pêche aux petits. Le mâle se distingue par la taille de son iris qui est plus petite que celle de la femelle.

La reproduction commence par une parade élaborée du mâle au cours de laquelle il montre ses pieds bleus ; il semble danser !
L'accouplement ne peut avoir lieu sans que ne soit achevée la phase de la parade en vis à vis : comme son nom l'indique, les deux partenaires se tiennent face à face, chaque oiseau pointant le bec vers le ciel et tournant les ailes de façon à en présenter le dessus. Le mâle pousse alors un sifflement strident auquel la femelle répond en émettant des grognements. Nous assistons à ce spectacle magique.




Puis vient le moment de se remettre à l’eau pour observer de nouveau la faune marine.


Et là, nous allons rapidement être comblés car nous nageons pendant une demi-heure à côté d’énormes tortues marines qui se laissent approcher.



Elles nagent tout doucement (comme des tortues..) en se propulsant par leurs pattes avant. C’est MAGIIIIIIQUE ! Cette espèce est la tortue verte du Pacifique, l’une des 4 espèces de tortues marines présentes aux Galápagos.
Nous voyons également des raies dorées nager en groupe. Merveilleux de suivre ces corps aplatis se déplaçant par ondulations de leurs nageoires.


Un hippocampe d’environ 15 centimètres fera également partie des animaux marins observés.
Puis, nous partons à la recherche des requins ! Et grâce à notre guide, nous descendons en apnée durant une vingtaine de secondes dans une grotte sous-marine et tombons nez à nez avec une dizaine de requins à pointes blanches de récif ou requin Houareau.


C’est une espèce de requin qui vit dans les eaux tropicales de l'océan Indien et de l'océan Pacifique au large de petites îles ou dans des récifs coralliens. Le Requin à pointes blanches peut atteindre 3 m de long. Il est considéré comme super prédateur agressif, et se nourrit de poissons, de raies, de petits requins et de céphalopodes. Mais il n’y aurait aucune attaque mortelle humaine attribuée à cette espèce...
Nous nous remettons de nos émotions avec Audrey. Evidemment, les enfants n’ont pas pu descendre en apnée dans la grotte.
Nous continuons d’observer les tortues. Main dans la main en amoureux, nous allons nager avec une tortue énorme. Nous arrivons même à la caresser même si elle n’a pas dû sentir grand-chose avec son épaisse carapace !
De retour sur le bateau, nos deux enfants s’endorment malgré les secousses dues ce soir à la mer très formée.

Dimanche 10 avril :

Ce matin, nous partons randonner pour 15 km. Nous traversons le village, puis la grande plage. Le chemin passe devant des Pozas, ces grandes lagunes salées où nous voyons encore de jolis oiseaux comme cette Garza Morena (grand héron bleu).
 

En vol, des pélicans ramènent de quoi construire leur nid.
Nous entrons sur le Camino de las tortugas qui porte bien son nom car nous allons avoir de la chance et voir durant notre balade 8 énormes tortues terrestres évoluant dans leur élément naturel.

Elles sont cependant bien cachées pour certaines et nous nous amusons à les chercher. On se demande comment elles arrivent à se frayer un chemin dans une végétation si dense.

Nous assistons même au repas de l’une d’entre elle. Elles se nourrissent de cactus Opuntia Echios.
C’est incroyable de les voir tendre leur long cou pour décrocher les grosses « raquettes » de ces arbres-cactus.
Ces cactus peuvent atteindre la hauteur de 12 mètres.
Ils poussent en hauteur afin d’éviter de se faire manger par les reptiles. Sur les îles de l’archipel où il n’y a ni tortues, ni iguanes, les Opuntia  poussent au ras du sol. Les fleurs font le repas des abeilles et également des grands pinsons de cactus.
Le chemin se poursuit par une bonne piste entre mangrove et forêt d’acacias Leguminosas et de cactus candélabres atteignant 5 mètres de hauteur.
Durant toutes nos balades, nous voyons beaucoup de lézards des laves. Sept espèces sont endémiques à l’archipel. Ils mesurent de 12 à 25 cm. Les femelles se distinguent à la coloration rouge de la gorge.

Nous arrivons ensuite au Mur des larmes ou Mure de las Lágrimas.
De 1946 à 1959, l'île a accueilli un pénitencier pour les prisonniers politiques et les délinquants de droit commun. Les prisonniers avaient pour tâche de construire ce mur, pierre par pierre, dans des conditions inhumaines. Beaucoup y ont laissé la vie. Cette construction inutile est conservée en mémoire de la souffrance de ceux qui furent forcés par des gardiens réputés pour leur cruauté à édifier ce mur haut de 10 mètres, large de 6 mètres à la base et long de 120 mètres.

Il ne reste du centre pénitentiaire que des chapes de béton et quelques éléments de structures métalliques mangées par la rouille.
Nous prenons un peu de hauteur et avons ainsi une belle vue sur l’île et ses volcans dont le Sierra Negra. Son énorme cratère est le deuxième plus grand au monde avec ses 11 km de diamètre. La dernière éruption remonte à 1976.
De l’autre côté, vue sur le Pacifique et sur Victor.
Au loin, à 7 km de marche, la ville de Puerto Villamil au bout de la longue plage de sable fin. Il est temps de faire demi-tour.
En chemin, petite pause au niveau d’une nouvelle particularité géologique. Un puits naturel dont les parois sont uniquement faites de coulées de lave.
Plus loin, le Tunel del Estero a été formé par une coulée de lave comme nous avions pu en voir sur l’île de Pâques.

Après avoir marché plus de 10 km sous une chaleur torride et bu 4 litres d’eau, nous sautons à l’eau dans la petite crique de la Playa del Amor, très agréable à marée basse.


Des iguanes marins nagent en surface ou se prélassent sur les rochers. Sous l’eau, des poissons multicolores font notre bonheur.
Sur la longue plage, nous voyons un Playera Común. Ces petits oiseaux marchent d’un pas très rapide sur le sable.

14h30, nos enfants ont faim et nous passons à table de retour à l’hôtel.
Après-midi tranquille à se reposer pendant la pleine chaleur à l’extérieur. Puis, nous retournons à la Cancha de la Perla mais la marée est haute et a recouvert la crique.
C’est notre dernière soirée sur cette île d’Isabella que nous avons adorée. Nous nous offrons une « petite » pizza dans le centre de Puerto Villamil. 

Lundi 11 avril :

Une nouvelle fois, le réveil sonne. On commence à se réhabituer mais ce n’est pas facile !
Nous avons rdv à 5h30 à l’embarcadère chargés de nos 7 bagages mais qui contiennent 22 kg de nourriture en moins...
Dès 6 heures, nous voici déjà embarqués sur le même bateau qu’à l’aller pour revenir sur l’île de Santa Cruz. Petit moment de bonheur où nous assistons au lever du soleil sur le Pacifique.
Autre grand moment de bonheur pour Audrey, la mer est calme ! De nouveau, un dauphin fait quelques sauts autour du bateau. Deux heures plus tard, nous arrivons dans le port de Puerto Ayora où bateaux de croisière dans l’archipel et voiliers de tourdumondistes ont jeté l’ancre.
Nous prenons un bateau taxi pour rejoindre la terre ferme puis un des 600 pick-up taxis blancs sillonnant la ville qui pour 1$ seulement nous amène à l’autre bout de Puerto Ayora dans le studio que nous avons réservé. Pas d’hôtel cette fois-ci. Nous logeons dans un petit coin aménagé dans le terrain de particuliers. C’est toujours plus appréciable qu’un hôtel et plus personnalisé comme accueil. Les enfants sont ravis d’y trouver des petits chats et des jeux pour jouer.
Nous passons la fin de la matinée à nous reposer un peu suite au réveil matinal et au transport. Petites courses au marché où viennent s’approvisionner les locaux. Pas trop de touristes ici d’où des prix plus raisonnables qu’au « supermarché » du port. De plus, Audrey sympathise avec une vendeuse qui lui vend une dizaine de bananes pour 1$, puis lui en ajoute dix autres en cadeau, là où le client d’après achète seulement 3 bananes pour le même prix !
Après déjeuner, nous nous dirigeons vers la Station Scientifique Darwin. Ce centre assiste et protège la procréation des tortues géantes et des iguanes avant de les élever et de les relâcher dans la nature à l’âge de 4 ans sur leur île d’origine. Mais cette partie du centre est actuellement en travaux et nous ne pouvons y accéder. Il en est de même pour le centre d’interprétation. Une sympathique employée nous invite à visiter le centre des visiteurs, malgré sa fermeture et les travaux en cours. Nous y voyons un squelette de baleine échouée sur la plage et également de jolies fresques murales représentant la faune locale et réalisée par des artistes de l’île.
Bénéficiant de fonds de l’Unesco et du gouvernement de l’Equateur, la fondation Darwin a depuis 1959 pour principales fonctions l’information scientifique, la conservation des espèces marines et végétales, des reptiles et des oiseaux, le développement de programmes éducatifs, la formation de guides naturalistes...
Du haut d’un mirador, nous avons une agréable vue sur le sud de l’île et en particulier sur la principale ville de Puerto Ayora. Cette ville ne fut créée qu’il y a environ 90 ans.A l'opposé, les volcans du centre de l'île.
Nous pouvons tout de même emprunter un sentier où nous voyons de jolis spécimens de tortues géantes.
Nous voyons aussi dans un enclos nos premiers iguanes terrestres.

Il existe deux espèces d’iguanes terrestres sur les îles Galápagos qui sont uniques au monde dont une qui n’existe que sur une seule île. Les iguanes terrestres sont très vulnérables à l’activité humaine. Ils perdent généralement les combats avec les prédateurs introduits sur l’île. Les animaux introduits par les premiers colons ont porté les iguanes terrestres à la limite de leur extinction. Les chats sauvages se nourrissent d’iguanes jeunes tandis que les chiens sauvages tuent les adultes. Les sangliers détruisent les nids. Les chèvres et les ânes arasent la végétation native, détruisant l’alimentation et les lieux de nidification des iguanes. En 1976, il ne restait plus que 100 iguanes terrestres aux Galápagos. Il y en aurait aujourd’hui entre 5 000 et 10 000. Ils vivent à l’intérieur des terres dans des petites grottes ou entre les cordons de lave. Ils ont comme les iguanes marins une grosse crête dorsale. Leur couleur en revanche vire du jaune orange doré au brun. Contrairement aux iguanes marins qui ont le nez carré, les iguanes terrestres ont le nez pointu. Ils peuvent mesurer jusqu’à 1,20 mètre et vivre 60 à 70 ans.
Observation des différentes espèces de pinsons.



Ils sont arrivés il y a un ou deux millions d’années en provenance du continent et se sont dispersés sur les différentes îles en s’adaptant aux contraintes de chaque île. Avec le temps, ces différentes populations ont créé 13 espèces, toutes recensées par Charles Darwin au 19ème siècle. Il écrivait d’ailleurs sa théorie de la survie du plus adapté : « Ce n’est pas le plus fort d’une espèce qui survit, ni le plus intelligent mais celui qui sait s’adapter au changement ». La fondation Darwin s’occupe aussi aujourd’hui de contrôler et d’éradiquer les maladies qui affectent les populations des pinsons des Galápagos.
Retour par la Playa de la Estación mais la marée haute et les courants ne nous permettent pas de nous mettre à l’eau.
Petit passage chez le poissonnier et par le port illuminé.

Mardi 12 avril :

De bon matin, nous voici partis à pied jusqu’au site de Tortuga Bay. Un long chemin pavé traverse un paysage d’acacias et de cactus Opuntia qui sur cette île de Santa Cruz sont les plus hauts de tout l’archipel.

Puis nous arrivons face à une longue plage de sable blanc d’environ un kilomètre.
Le sable est d’une granulométrie fine comme nous n’en avons jamais vu. Aucun coquillage, petit caillou, algue n’est présent mais vraiment que du sable. C’est magnifique.

 La plage est quasi déserte et quelques pélicans y sont posés.

Mais les vagues et le fort courant rendent dangereuse la baignade ici. Il nous est conseillé de marcher jusqu’au bout de cette plage jusqu’à celle de Bahia Mansa. Et là, nous arrivons dans un nouvel endroit paradisiaque, une crique bordée de mangrove et de lave abrite une adorable plage. Des iguanes marins sont à l’abri des palétuviers et se reposent les uns sur les autres.

La crique est protégée des vagues du Pacifique, l’eau est peu profonde et assez chaude, en tous cas plus chaude que là où il y a de grosses vagues. Les Galápagos sont au point de rencontre du courant chaud El Niño redescendant du golfe de Panama et des eaux froides (courant d’Humboldt) remontant du sud est du Pacifique.
Je pars à la recherche avec masque et tuba des poissons, tortues et... requins car il est censé y en avoir ici mais pas de chance, je ne vois rien du tout.
Retour difficile sous la chaleur du soleil équatorien à cette heure méridienne. Nous buvons des litres et des litres d’eau. Nous sommes en effet dans la saison la plus chaude de l’année (+ de 30°) qui coïncide aussi avec la saison des pluies mais par chance, nous n’avons pas une goutte d’eau.
Début d’après-midi au frais et plus tard, nous partons faire les boutiques et acheter quelques souvenirs. Comme d’habitude, nous privilégions l’artisanat local mais il est difficile de trouver autre chose que du Made in China ou bien alors à l’extrême de très chics galeries d’arts. Nous trouvons un juste milieu en achetant des jolies sculptures en cèdre d’animaux marins des Galápagos.
Nous découvrons un petit jardin public décoré de fresques et de sculptures en céramiques.
Nous croisons pour la troisième fois de notre séjour ici, Marie-Christine, dite Titi, avec qui nous avions sympathisé sur l’île d’Isabella où nous dormions dans le même hôtel. Elle avait déjà capté l’attention d’Anaïs et de Victor en leur racontant des histoires qu’elle écrit dont celle d’ « i minuscule ». Ce matin, en la croisant sur le chemin de la plage, elle avait promis aux enfants qu’elle leur raconterait de nouvelles histoires. Assis sur un banc, Anaïs et Victor ouvrent grand leurs oreilles à l’écoute de « Madame Prout » et de « Dodo au pays de l’assiette ». De sympathiques histoires remplies d’imaginaire et de jeux de mots. Anaïs est quant-à elle très fière de raconter à son tour une des histoires qu’elle a écrite à une auteure de littérature jeunesse !
Evidemment, comme tous les soirs, nous passons acheter notre poisson sur le port où de nouveau, pélicans et otaries sont à l’affût des restes jetés par les poissonniers.

Mercredi 13 avril :

Ce matin, direction le site de Las Grietas en bateau taxi car il n’y a pas d’autres solutions pour y accéder. Nous traversons un merveilleux secteur de salines naturelles où l’eau prend la couleur rose.
Tout autour, de riches propriétaires se font construire des maisons de rêve à l’architecture intéressante. On trouve dans ce coin quelques hôtels pour clients fortunés.


Des cactus poussent sur le basalte noir.
Puis, du haut d’un belvédère, la vue est très jolie sur Puerto Ayora et ses petites criques.
Enfin, nous arrivons à un nouvel endroit magique, Las Grietas, un paysage formé par une fracture volcanique, à l’allure d’un profond canyon.


Nous nous baignons (pas Victor car il y a plusieurs dizaines de mètres de profondeur) dans cette piscine naturelle d’eau de mer. Les rayons du soleil au Zénith illuminent le fond du canyon aux parois basaltiques. De superbes poissons occupent paisiblement ces eaux claires et profondes.
Retour par la Playa Punta Estrada et pause baignade de nouveau pour se rafraîchir, sous un soleil écrasant.
En chemin, nous voyons des crabes violonistes. Ce nom leur est donné à cause de leur pince gauche démesurée atteignant une dizaine de centimètres alors que l’autre ne mesure que 2,5cm.
Autour du port, sur la lave, se déplacent d’innombrables gros crabes rouges des Galápagos, ou Grapsus Grapsus. Ils font partie des animaux emblématiques de l’archipel.
L’après-midi, nous nous rendons en taxi à Bellavista. Ce petit hameau situé à 6 km de Puerto Ayora se trouve dans une zone où la végétation est quasi tropicale.

Nous visitons la Cueva Gallardo, un tunnel de lave, le deuxième plus long d’Amérique du sud. Il mesure plus de 2 km mais « seulement » la moitié est accessible au public. Nous descendons donc quelques marches et arrivons sous terre et apprécions déjà la fraîcheur qui sort de ce boyau.
Le tunnel, situé à Bellavista, avec ses 8 à 10 mètres de diamètre pourrait largement laisser passer un métro.
Un tunnel de lave se forme lors du refroidissement en surface du cordon de lave. Se crée alors une croûte épaisse autour de ce cordon mais la lave fluide continue de s’écouler à l’intérieur d’autant plus que celle-ci ne peut plus se refroidir, n’étant pas au contact de l’air. Elle descend donc en aval des pentes du volcan, laissant cet énorme boyau sur les parois duquel on se rend bien compte de l’écoulement de la lave. Le tunnel est bien aménagé et un peu éclairé. Nous avançons à la lumière des torches fournies et cela a un goût d’aventure pour Anaïs et Victor.

Jeudi 14 avril :

Nous partons dès 7 heures du mat’ en excursion pour la journée. Un mini-bus nous amène d’abord au nord de l’île de Santa Cruz où nous embarquons sur un bateau, direction l’île de Seymour Nord que nous atteignons au bout d’une bonne heure de navigation.
L’île ne possédant pas de port d’accès, nous sautons dans un Zodiac qui nous approche des rochers de lave et nous débarquons sur une île plate de 2 km². Le décor est aride et la végétation se compose de cactus Opuntia et de Palos Santos, arbres endémiques à l’île qui attendent les pluies de juillet et août pour sortir leurs feuilles.
A l’ombre de cette maigre végétation, nous voyons des iguanes terrestres d’un jaune doré superbe. Ce sont les premiers que nous voyons dans leur espace naturel. Ils ont quand même une meilleure tête que leurs cousins marins. Certains sont très gros et dépassent le mètre de longueur. Ils ne paraissent pas du tout agressifs.

Nous faisons le tour de la partie sud ouest de l’île, à l’intérieur de laquelle nous trouvons des fous à pattes bleues. C’est toujours la saison de la drague et le mâle tente de séduire la femelle toujours d’un élégant pas de danse et en déployant les ailes, tout en sifflant longuement en pointant le bec vers le ciel.


Les fous font leur nid à même le sol sans branchage. Ils sont d’ailleurs en train de couver un à deux œufs dans un cercle créé par les jets d’excréments dessinant un soleil sur le sol. L’incubation dure un mois et demi.


Mais nous sommes venus ici surtout pour voir deux espèces caractéristiques de Seymour Norte, les Grandes Frégates et les Frégates Magnifiques. Ces oiseaux incroyables, endémiques des Galápagos, font leurs nids de branchages sur les Palos Santos ainsi que sur des buissons salés en bord de plage.
Leur envergure est aussi grande que celle de l’albatros soit environ 2,50 mètres. Cet oiseau a perdu l’imperméabilité de ses ailes et ne peut donc plus amerrir. Il passe son temps à tourner en rond dans le ciel ou à planer. Il arrive quand même à pêcher avec son grand bec et se nourrit de la nourriture volée en vol aux fous à pattes bleues. Il se nourrit également des œufs des tortues et des jeunes tortues après éclosion.
Les mâles ont un plumage noir avec un magnifique reflet bleu vert. Les ailes sont longues et pointues et la queue est très fourchue. Mais ils sont particulièrement reconnaissables en saison chaude, en période des amours. Et nous avons de la chance car c’est en mars-avril. Et nous y sommes ! Les mâles gonflent une énorme poche rouge sous la gorge dans le but d’attirer une femelle dans le nid, à des fins d’accouplement. Cette parade amoureuse dure 10 à 20 jours.



Les femelles ont le plumage noir, mais la gorge et la partie abdominale sont blanches.

Nous avons aussi la chance de voir des Frégates Magnifiques que l’on distingue par un triangle noir sur le plumage blanc de la gorge chez la femelle et par un lustre violet métallique chez le mâle.
Nous voyons des nids où les petits attendent de 130 à 180 jours avant de prendre leur envol. Les jeunes frégates ont la tête blanche.


Avant de reprendre le bateau, nous profitons du spectacle des bébés otaries qui sont très joueuses.
Puis, nous voyons un oiseau que nous n’avions pas encore vu, la Gaviota de Cola Bifurcada, étonnant avec ses yeux cerclés de rouge.
Retour sur le bateau où nous observons un requin assez impressionnant.
Puis, après un bon repas servi à bord, nous arrivons sur la Playa Bachas au nord de l’île Santa Cruz.

Belle plage de sable blanc et nous enfilons notre costume de snorkeling mais l’eau est un peu trouble pour voir beaucoup de choses. Nous avons quand même le bonheur d’évoluer à côté de quelques tortues marines de 150 kg !
Sur le retour, des frégates accompagnent le bateau.
Aurions-nous un rythme trop intense pour nos enfants ?
C’est vrai que les vacances aux Galápagos ne sont pas du grand repos pour eux mais ils s’émerveillent autant que nous à voir tous ces animaux si spécifiques à cet archipel. 

Vendredi 15 avril :

Nous faisons aujourd’hui notre dernière excursion sur l’archipel. Nous l’avons réservée au dernier moment en ayant vu le plaisir que prenaient Anaïs et Victor avec masque et tuba à observer les fonds marins.
Nous voici donc partis ce matin pour 45 minutes de bateau en direction de l’île de Santa Fe. Ce caillou de 24 km² culminant à 260 mètres est l’une des plus anciennes îles de l’archipel. Elle possède une belle végétation de cactus Opuntia et de Palo Santo. Mais nous n’avons pas le droit de mettre pied à terre.

Nous observons les oiseaux depuis le bateau dont cette jolie espèce à houppette appelée Garza Nocturna ou ses Gaviota de Cola Bifurcada déjà vus hier.

Puis nous sautons à l’eau pour une nouvelle activité de Snorkeling. Victor et Anaïs sont très enthousiastes et de plus en plus à l’aise. Anaïs évolue comme un poisson dans l’eau. Victor demande à avoir juste une main tenue.



Nous nageons au dessus d’un banc de milliers de poissons.

Puis nous voyons plusieurs espèces de poissons multicolores. C’est superbe. Jusqu’au moment où nous nageons avec des otaries et là, ça devient magique. Elles évoluent autour de nous et jouent à faire des galipettes à quelques centimètres de nous. Elles jouent avec ma caméra étanche.







De retour sur le bateau, nous contournons l’île pour entrer dans un petit lagon à l’abri des vagues de l’océan. L’eau est turquoise comme jamais nous n’en avons vue.

Nous nous remettons à l’eau, admirons les poissons et jouons de nouveau avec les otaries. Les enfants participent aussi à ce spectacle et n’ont même pas peur de ces animaux nageant si rapidement à côté de nous.





Puis nous remontons à bord pour déguster un très bon ceviche de poissons (poissons crus marinés dans du jus de citron, oignons et cerfeuil).
Enfin, cette superbe excursion continue avec une heure de bateau pour rejoindre le site de La Fe au sud ouest de l’île de Santa Cruz. De nouveau, le bateau slalome entre les rochers pour nous déposer dans une incroyable belle crique aux eaux claires et peu profondes. La lave noire contraste avec les fonds marins de sable blanc et l’eau turquoise.





Les enfants sautent à l’eau et cette fois-ci partent tous les deux sans s’occuper de nous. Je rejoins Victor pour le tenir par la main mais il me répond que maintenant il sait faire tout seul et que je peux le lâcher... Et là de nouveau, nous vivons un moment magique. Nous nageons côte à côte tous les 4 autour de bébés requins à pointes noires (Tiburon Punta Negra). Il y en a une dizaine mesurant 60 cm environ.

Photo : Stephen Moilanen
Puis un peu plus loin, une énorme raie Pastenague est immobile sur le fond marin à 1,50 mètre de profondeur. Elle mesure facilement un bon mètre de diamètre.
Photo : Stephen Moilanen
Retour à Puerto Ayora pendant lequel de nouveau, les enfants s’endorment.
Pour fêter notre dernière soirée sur l’île de Santa Cruz, nous nous offrons un petit resto et dégustons une spécialité équatorienne à base de crevettes cuisinées à la noix de coco, appelée Encocado de Camarones. Les enfants se régalent d’un hamburger avec un pain en forme de... tortue !



Retour à l’hôtel en passant par le port où des centaines de petits requins nagent.
 
Samedi 16 avril :

De nouveau, réveil matinal pour partir en bateau sur la dernière île de notre séjour, l’île de San Cristóbal. La mer est calme ce matin de nouveau.
Au bout de deux bonnes heures assis de manière inconfortable, nous arrivons au port de Puerto Baquerizo Moreno, situé dans la baie des Naufragés mais pour nous tout s’est bien passé.
San Cristóbal est la deuxième île la plus peuplée après Santa Cruz avec 6200 habitants. Puerto Baquerizo Moreno est la capitale politique de la province Galápagos. Puerto Baquerizo est aussi la seconde base navale équatoriennne.
Agréable promenade sur le Malecón ; front de mer bien aménagé où des colonies d’otaries se prélassent sur la plage, le ponton, les bancs...

L’hôtel réservé pour la dernière nuit est au bout du petit village. Sympathique accueil du proprio.
Fin de matinée, nous partons faire quelques courses au mercado et allons pique-niquer en bord de mer près des otaries affalées sur la plage.
Sous un soleil écrasant, nous allons visiter le centre d’interprétation San Cristóbal qui explique très bien l’origine, l’histoire naturelle et sociale, le climat, la faune, la flore des Galápagos. Le tout est agrémenté de statistiques alarmantes sur le tourisme de masse qui se développe et menace l’équilibre de l’archipel, mais nous sommes les premiers à faire grimper ces chiffres.
L’archipel doit faire face à la gestion des ressources et notamment de l’eau, de l’approvisionnement en nourriture, en matériaux, du traitement des déchets.
Nous empruntons un sentier pavé parmi les cactus et arbustes Palos Santos qui nous mène au cerro Tijeretas en haut duquel nous profitons d’une magnifique vue sur la côte déchiquetée et les îlots rocheux. Des frégates planent dans le ciel.





Un peu plus bas, un monument rend hommage à Charles Darwin. C’est en effet dans cette baie qu’il a débarqué en arrivant aux Galápagos.
C’est d’ailleurs ici que nous enfilons une dernière fois masques et tubas pour profiter des fonds marins qu’occupent de superbes poissons multicolores.
Pause à la playa Mann où les enfants jouent sur le sable.

Nous faisons une sympathique rencontre avec Audrey, Adrien, Axel et Arsène voyageant depuis 3 ans en catamaran. Cette famille bordelaise arrive des Antilles et se dirige vers Tahiti mais ils n’ont pas assez de place pour nous emmener avec eux...
Retour à l’hôtel. Mise à jour du blog avec ce long article (encore un avec plus de 300 photos...) en espérant que celui-ci vous ait plu.
Puis nous passons une partie de la soirée à suivre les actualités avec ce dramatique tremblement de terre qui a eu lieu sur la côte équatorienne et qui a fait des centaines de victimes. Nous n’avons rien ressenti aux Galápagos, l’épicentre se trouvant tout de même à 1000 km de nous.

Dimanche 17 avril :

C’est notre dernière journée de ce fabuleux voyage aux Galápagos. Nous nous dirigeons vers le port profiter une dernière fois du spectacle des otaries.
Puis en fin de matinée, nous rejoignons l'appart' pour déjeuner, mettre en ligne cet article et rejoindre l’aéroport de San Cristóbal situé à 500 mètres du village. De là, nous nous envolerons vers Quito en faisant une escale à Guayaquil qui a beaucoup souffert du séisme d’hier soir.

Article suivant :

Equateur, Pérou du 18 au 25 avril : lagune de Quilotoa, Puerto Pizarro, Catacaos, Huaca Rajada, Huaca El Brujo