Photo Alpagas

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lundi 7 décembre 2015

Chili du 25 novembre au 1er décembre : île de Chiloé


892 kilomètres parcourus du 25 novembre au 1er décembre
13 451 kilomètres parcourus depuis le départ 



Mercredi 25 novembre :

Nous avons passé notre dernière nuit autour de San Carlos de Bariloche et la superbe région des lacs où nous avons dormi à Villa La Angostura sur le parking de la bibliothèque. Après l’école, le temps est à la pluie et les enfants se réfugient dans la bibliothèque où l’étage est dédié aux enfants. Ils feuillettent des livres en espagnol, jouent avec les tractopelles et avec les coussins... Une classe arrive et la maîtresse invite Anaïs et Victor à s’intégrer au groupe pour la lecture d’un livre.
Pendant ce temps, nous terminons notre mise à jour du blog, préparons notre itinéraire vers l’île de Chiloé, faisons la lessive et un brin de ménage et buvons des cafés. Audrey part chercher les enfants, et revient une heure plus tard avec eux et un sapin de Noël, après avoir participé à un atelier d’origami avec Karina, la bibliothécaire.
Nous prenons la route et nous apprêtons à quitter l’Argentine. Nous embarquons un colombien qui attendait depuis bientôt 4 heures quelqu’un qui veuille bien le prendre en stop. Audrey passe à l’arrière avec les enfants. Moi, j’échange un peu avec lui mais la conversation est un peu difficile compte tenu de son débit de parole. Il vient d’Ushuaia en stop et compte arriver à temps en Colombie pour passer les fêtes de Noël en famille...
Nous arrivons au poste de frontière côté argentin où les formalités se passent en quelques minutes. La douane chilienne se trouve à 40 kilomètres de l’autre côté de la Cordillère. Mais, les Andes ne sont pas encore très hautes ici, et le col à 1300 mètres se passe facilement. En tous cas, il se passe beaucoup mieux que ne va se passer le contrôle des douanes chiliennes.
Sachant qu’il ne faut pas rentrer d’aliments frais, nous avions pris soin de vider notre frigo (à 14°...) de ses aliments frais et non cuisinés. Nous signons un papier sur l’honneur comme quoi nous ne transportons pas de produits d’origine végétale ou animale. Ayant des petits morceaux de bois ramassés en souvenirs par les enfants, je cache la boite les contenant sous la couette. Mais la douanière monte dans le camping-car, ouvre tous les placards, monte dans le lit et tombe sur les boîtes. Et ce qui la dérange, outre les morceaux de bois, c’est plus tous les petits souvenirs que nos enfants ramassent dans la nature depuis le début du voyage en prenant le soin d’étiqueter les petites pochettes plastiques contenant des graines de plantes (INTERDIT !), un morceau de mâchoire d’animal (INTERDIT !), une plume d’oiseau (INTERDIT !), du kapok (INTERDIT !)... Elle me demande de lui sortir tout ce que je pourrai avoir d’autre de caché en m’expliquant que si c’est elle qui tombe dessus, ça n’allait pas le faire. Je lui montre alors les 2 bâtons de marche des enfants que tonton Laurent avait taillé dans du noisetier et gravé avant notre départ... Elle veut les confisquer m’expliquant qu’on ne peut lui justifier qu’ils viennent réellement de France. Bon, son indulgence de ce côté nous permettra de les conserver. Par contre, elle part voir son chef, avec tout le reste qu’elle nous confisque en nous menaçant d’une amende de minimum 200€. Tout dépend du chef, ça peut être plus... Je l’accompagne. Tel un dealer de drogue, j’assiste à la pesée sur une balance électronique de mes graines : 10 grammes ! Elle demande à son collègue douanier d’aller contrôler la soute du camping-car mais il nous fait comprendre par ses sourires en coin et son regard qu’il s’en fout et retourne voir sa collègue en disant qu’il n’y a rien. Heureusement, car on avait d’autres morceaux de bois... Finalement, elle nous laisse repartir sans amende et sans nos graines. J’ai tenté de retourner la voir pour négocier en lui expliquant les pleurs de mes enfants. C’est pourtant la troisième fois que nous entrons au Chili mais bien la première qu’un douanier nous embête à ce point... et bien la première fois que nous passons autant de temps pour entrer dans un pays.
Notre colombien, qui passe la douane tout seul en étant descendu du camping-car avant (on ne sait jamais...) se voit vider son sac à dos de 25 kg en étalant ses slips sur une table.
Nous reprenons la route avec notre auto-stoppeur et arrivons quelques dizaines de kilomètres plus tard à Entre Lagos où la pompe à essence est la bienvenue. Le gasoil de ce côté de la frontière n’est qu’à 0,70€ au lieu de 1,50€ (ou 1€ en payant au cours parallèle au blue market) en Argentine. Nous disons au revoir à notre colombien. Nous comptons dormir dans cette ville mais la pluie, et surtout les réservoirs d’eaux usées et WC pleins nous obligent à continuer un peu pour vider un peu plus loin. Tiens d’ailleurs, voici un petit mot surtout à l’attention des prochains voyageurs car pas grand monde en parle sur les blogs. Comme il n’y a quasiment pas de camping-car ici, n’espérez pas trouver des aires de services comme en Europe... Donc, nous ne sommes pas très fiers mais nous n’avons pas d’autres choix que de vider dans la nature aussi bien les eaux grises que les eaux noires, à part les rares fois, où c’est possible dans les WC de stations services. C’est la raison pour laquelle nous nous passons entièrement de produits chimiques pour la cassette des wc et ça fonctionne très bien sans. Parenthèse fermée.
Nous quittons Tres Lagos en direction de la grande ville d’Osorno. Et nous retrouvons notre ami colombien qui sous la pluie, frappe sans succès à des portes de maisons pour essayer d’y planter sa tente... Nous nous arrêtons et lui proposons de le mener sur le grand axe de la route panaméricaine sur lequel il aura plus de chance de trouver un nouveau véhicule. Nous le laissons une heure plus tard à l’entrée d’Osorno. Nous bivouaquons devant l’entrée du parc municipal.

Jeudi 26 novembre :

Sous la pluie, je pars seul découvrir les rues d’Osorno et son centre ville à la recherche d’un magasin pour acheter le modèle que j’ai retenu en appareil photo. Malheureusement, malgré les grands centres commerciaux et les grands magasins, je ne trouve pas mon bonheur. Tant pis, j’attendrai notre passage à la capitale Santiago dans une quinzaine de jours.
J’en profite pour passer devant quelques jolies maisons malheureusement bien cachées derrière un incroyable réseau de fils électriques.



Je passe sur la Plaza de Armas devant la cathédrale San Mateo construite en acier ! Pas très esthétique mais certainement très résistant aux tremblements de terre. Les 5 églises déjà construites à cet emplacement ont déjà été détruites par les séismes et incendies.
La pluie ne nous invite pas à retourner en famille errer dans les rues un peu tristes d’Osorno.
Nous sommes en contact depuis quelques semaines avec une famille de voyageurs belges, les VW on the way. Ils sont en voyage en camping-car en famille depuis 15 mois et ont déjà parcouru le Canada, les Amériques du nord et centrale et font à présent le circuit que nous avons déjà effectué mais en sens inverse durant les 7 mois de voyage qu’il leur reste. Nous espérions nous rencontrer mais malheureusement nos chemins ne devaient pas se croiser car nous sommes montés par la route 40 et eux avaient prévu de descendre une partie en ferry depuis l’île de Chiloé pour rattraper la carretera austral. Finalement, comme ils sont bloqués une semaine à attendre leur bateau et que nous avons prévu de visiter l’île, nous allons nous rencontrer. Nous quittons donc Osorno sous la grisaille et roulons sur l’autoroute (oui, j’ai bien dit l’autoroute, ce qui ne nous était pas arrivé depuis quelques milliers de kilomètres...) et arrivons au bout d’une heure à l’embarcadère de Pargua. Sans même nous arrêter, nous montons sur le ferry Cruz del sur II qui aussitôt part pour une traversée de seulement une vingtaine de minutes et autant d’euros.

Nous débarquons avec un joli soleil, sur l’île de Chiloé à Chacao.
Sans nous arrêter, nous traversons les 2/3 de l’île et parcourons une centaine de kilomètres pour rejoindre les VW qui ont trouvé un bivouac très sympa sur la costanera de la petite ville de Chonchi (ou Chichon en verlan).


Nous faisons connaissance avec Catherine, Nico et leurs deux garçons Valentin et Alexis, un peu plus jeunes que Victor. Nous passons une agréable soirée de voyageurs à discuter dans notre camping-car autour de quelques bouteilles et d’une bonne assiette de pâtes.
Durant quelques instants, la lumière du soleil couchant éclaire les bateaux de pêche et c’est tout simplement superbe.


Vendredi 27 novembre : 

Petit tour matinal sur le port qui se réveille.



Nous partons avec les VW arpenter les ruelles pentues de Chonchi, la ville aux 3 étages, et arrivons à l’église San Carlos de Borromeo, construite par les jésuites en 1754.


Ces derniers en avaient édifiées 200 à partir de 1730 sur ce petit territoire long de 180 km et large de 50 km. Il en reste aujourd’hui 150 encore debout, 16 sont inscrites au Patrimoine culturel de l’humanité de l’Unesco et 9 sont classées Monument national. Parmi elles, celle de Chonchi et de nombreuses autres que nous allons visiter au cours de notre séjour chilote. Leur particularité, comme d’ailleurs tous les monuments et maisons de l’île, est qu’elles sont entièrement construites en bois, à part pour certaines dont la toiture est en tôle ondulée. Beaucoup d’entre elles sont peintes de couleurs vives voire très vives. Les façades sont souvent habillées de planchettes en bois d’alerce superposées comme des écailles d’un poisson.
Chonchi donne une impression d’atmosphère très tranquille avec son petit port de pêche, ses nombreuses petites boutiques d’artisanats et minuscules supermarchés ou autres kiosques vendant de tout. Les maisons en bois et tôles toutes colorées rendent agréable la visite de ce petit bourg.





Nous croisons dans les rues un ramasseur d’algues.
Une étudiante de Santiago rencontrée sur l’île faisant une thèse sur les ramasseurs d’algues nous explique que ces algues partent au Japon pour être transformées en emballage. Or, ces emballages reviennent ici sous forme de bouteilles notamment et deviennent des déchets polluants... Des explications données par d'autres personnes nous indiquent qu'elles sont transformées en ingrédients pour faire des sushis, et qu'elles servent également à la fabrication des produits de beauté et des serviettes hygiéniques!
En fin de matinée, en tentant d’éviter les nids de poules, nous traversons l’île d’est en ouest et sur les bons conseils des VW, allons passer ensemble l’après-midi à Cucao dans le parc national de Chiloé.





Nous n’en visiterons que le secteur Chanquí où nous allons parcourir 3 sentiers dont le premier (sendero playa) nous mènera à une immense plage où viennent s’éclater des vagues.

Nous sommes face à l’immensité du Pacifique, ce qui pour moi et les enfants est une première. Audrey l’avait déjà vu durant un séjour en Équateur il y a une quinzaine d’années.


Les enfants sont tout excités et une fois leur pique-nique avalé, ils s’amusent comme des fous à courir sur le sable.



Durant notre petite pause, quelques chevaux passent au galop près de nous.


Nous continuons sur le sendero de las dunas qui nous offre pour commencer un joli point de vue sur la plage depuis un mirador.

La végétation rencontrée est d’une incroyable variété et très dense en raison des quelques 3 000 mm de pluie par an. L’humidité constante de ces sous-bois favorise la poussée d’énormes rhubarbes, de fougères et de mousses qui tapissent les troncs des arbres.

 


Et oui, la pluie fait aussi partie de l’île de Chiloé où paraît-il, de véritables trombes d’eau alternent avec un grand soleil. Nous concernant, depuis notre arrivée et d’après la météo des jours à venir, seul le soleil devrait être présent... et nous n’allons pas nous en plaindre !
La forêt est principalement constituée d’Olivillo, un arbre très résistant à la salinité, et beaucoup utilisé pour la construction de maisons et de bateaux. Il fait partie de cette végétation siempre verde, c’est-à-dire toujours verte en raison de ces quantités d’eau qui arrose le parc.
Nous trouvons également ici de nombreux arrayanes, ces arbres au tronc couleur cannelle.

Les genêts en fleurs parfument l’air d’une odeur agréable.
Enfin, le dernier sentier El Tepual nous permet de profiter d’une magnifique vue sur le Lago Cucao.






Nous terminerons le parcours les pieds dans la boue pour le plus grand bonheur de notre petit Victor qui se sent l’âme d’un aventurier !
Le bivouac de ce soir se fera bien au calme au pied de l’église de Cucao.

Samedi 28 novembre :

Il est l’heure pour nous de continuer notre route et de dire au revoir à la première famille de voyageurs que nous sommes sûrs de ne plus rencontrer en Amérique du sud car en général presque tous les voyageurs font le tour de l’Amérique du sud dans le même sens que nous sauf pour ceux, qui comme les VW disposent d’un peu plus de temps et parcourent les 3 Amériques, du nord au sud.


Pause déjeuner dans le petit hameau de Huillinco, au pied... de l’église.
Je me dirige vers un petit magasin pour y acheter du pain. La vendeuse m’indique de traverser la rue et de frapper à la maison blanche. Je me retrouve à y frapper et entrer dans le salon d’une dame âgée qui fabrique le pain pour le village.

Là encore, les maisons sont particulièrement atypiques et de nombreuses constructions comme sur le reste de l’île sont bâties sur des pilotis.
Nous continuons à traverser l’île sur des routes nous rappelant celles déjà empruntées en Irlande ou en Norvège. Elles sont aussi vallonnées, les paysages sont aussi verts, la végétation aussi dense, l’eau de ces lagunes, lacs et de la mer intérieure parsemée de petites îles est d’un bleu foncé.
Les riverains tentent de résister à la construction du pont suspendu qui reliera l’île au continent en 2020.
Petit arrêt à l’église traditionnelle Nuestra Señora de Gracias de Nercón, datant de 1888. Elle est, elle aussi, construite en bois de cyprès. Comme certaines autres dont le toit n’est pas en tôle ondulée, celle-ci est recouverte d’une toiture en tuiles d’alerce, ces arbres millénaires dont nous avions visité le parc national il y a une quinzaine de jours.
Puis, nous arrivons dans la capitale de l’île, Castro (54 000 habitants). Cette ville est réputée pour ces palafitos au nord et au sud de la ville. Ce sont des maisons de pêcheurs sur pilotis. Leur alignement et leurs bardages peints de toutes de couleurs sont superbes. Elles ont toutes été reconstruites après le séisme et le ras de marée de 1960.


Nous passons devant un chantier naval à ciel ouvert qui intéresse bien les enfants.
Puis nous montons les rues bien pentues de Castro jusqu’à son centre ville où l’organisation de la Teletón (traduisez tout simplement par le Téléthon !), anime bien la plaza de armas où nous arrivons.
La deuxième particularité de cette ville est bien sa cathédrale que l’on pourrait baptisée Nuestra Señora de Disneyland... Non, son vrai nom est la Cathédrale San Francisco. Elle date de 1910 et elle est peinte depuis peu en jaune et mauve !

De loin, c’est sympa mais en s’approchant, sa façade est ornée de petites plaques de métal martelé, pas très esthétiques et donnant plus une impression de revêtement en plastique. Très étonnant...
Par contre, quel contraste avec son intérieure d’une incroyable beauté et tout en bois travaillé.

La tradition chilote héritée des missionnaires jésuites a permis de construire des églises entièrement en bois. Il s’agit d’un travail de charpente et d’ébénisterie incroyable. Ni clou, ni vis pour assembler les bois mais simplement d’incroyables assemblages.
Nous quittons la ville par le nord et y voyons de nouveau des palafitos aux couleurs toujours aussi gaies.


Pour y avoir un meilleur point de vue, nous pénétrons sur la péninsule Ten Ten sur laquelle nous empruntons une piste longue de seulement quelques km mais dont je me demande encore comment le camping-car est arrivé à monter seul, et sans l’aide d’un 4x4, les pentes incroyablement raides. Par contre, d’en haut, nous avons bénéficié d’un superbe panorama sur la ville de Castro.
Le camping-car nous mènera par la suite, toujours à la découverte de cette superbe île de Chiloé, sur la péninsule de Bilán. Là encore, les paysages nous rappellent, tantôt les péninsules du sud ouest irlandais, tantôt les fjords norvégiens.
De ce côté de l’île, nous nous rendons bien compte de cet archipel éclaté de 40 îles créé par le choc des plaques tectoniques océanique et sud-américaine durant la longue période glaciaire. L’île principale de Chiloé est la deuxième plus grande de l’Amérique du sud après celle de Terre de Feu.


Le climat oriental de l’île est beaucoup plus tempéré et les pluies beaucoup moins abondantes que sur la côte Pacifique.
Sur les bords de route, nous voyons de jolies chapelles.

Nous arrivons tout au bout, dans le petit village de Rilán et là encore nous apprécions sa jolie église Santa María, classée à l’Unesco. Celle-ci a bénéficié d’une restauration totale. Les photos de cette dernière montrent que tous les bois ont été changés. Certaines églises comme celle-ci semblent avoir été entièrement reconstruites.

Dehors, sur la place du village, comme d’ailleurs dans tous les villages côtiers de l’île et du continent, de nombreux messages et panneaux sont là pour nous rappeler que tout le rivage chilien est sur une faille sismique. Dans toutes les rues, des panneaux d’évacuation sont là pour nous guider en cas de menace de tsunami. Des simulations sont même organisées, la dernière ayant eu lieu avant-hier.

Demi-tour et nous prenons la direction de notre étape de ce soir qui se fera dans le village côtier de Dalcahue. Son important port de pêche bien à l’abri des vagues du Pacifique, abrite beaucoup de chalutiers ; la pêche étant une des ressources importantes des chilotes.

Nous voyons d’ailleurs les activités de pisciculture (saumon) dans les mers intérieures de l’île.
Dans le ciel, planent de nombreux águilas pescadoras, des aigles pêcheurs. Ces énormes rapaces ont l’allure du condor.
Nous bivouaquons au pied... de l’église en bois d’alerce, considérée comme l’une des plus belles de l’archipel de Chiloé. 


Dimanche 29 novembre :

Audrey se réveille en me disant qu’elle va faire du pâté de chiens. Je la trouve un peu excessive. Certainement qu’elle a mal dormi. Cela ne l’empêche pas une nouvelle fois ce matin, de s’occuper à merveille de l’enseignement de mes deux enfants qui progressent vite et bien. Je suis fier d’elle et je suis fier d’eux car même si l’école ne se résume qu’à deux heures quotidiennes, le programme est intense et demande énormément de concentration à Anaïs et à Victor.
Au fur et à mesure de la matinée, de plus en plus de monde envahit la place centrale de Dalcahue. Comme tous les jeudis et dimanches, se déroule ici la plus grande et la plus colorée foire artisanale de l’archipel de Chiloé.
Il nous est très agréable de flâner sur une petite place et sous de jolies halles au travers des petits stands d’objets en bois, de lainages et d’osier fabriqués par les habitants de l’île.


Nous achetons des chaussons en laine de mouton avec une semelle en peau. Bon, ce n’est pas très sexy mais c’est bien efficace le soir pour nous isoler du plancher froid du camping-car. Il faut juste penser à les enlever pour déclencher la libido...
Sur la place, nous passons devant une originale ancre de bateau construite... en bois car sur l’île de Chiloé, tout est construit en bois. Mais comme le bois flotte, elle est lestée par un gros bloc de pierre en son centre.
Nous mangeons dans les Cocinerías de Dalcahue.
Il s’agit de grandes halles construites sur pilotis sous lesquelles 8 puestos, proposent des plats typiques de l’archipel, à des locaux et des touristes qui mangent accoudés au comptoir ou attablés. Nous partagerons d’ailleurs notre table avec un couple suisse. C’est l’occasion pour nous de goûter au Curanto, un plat très copieux à base de viande de porc fumée, de cuisse de poulet, de saucisse, d’énormes palourdes et de gigantesques moules, de pommes de terre, de galettes fourrées ressemblant à des gnocchis qu’on trempe dans un bouillon à la coriandre fraîche... c’est délicieux... et ça cale !
Nous embarquons au port de la ville pour une traversée de 5 minutes sur un petit ferry qui nous dépose avec notre camping-car pour quelques pesos sur l’île Quinchao.
Une nouvelle super journée s'offre à nous et le temps dégagé nous permet de voir à l’horizon sur le continent, la Cordillère des Andes et tous ses sommets enneigés. Ils se détachent sur le bleu de l’océan.
 

Une première étape nous permet d’accéder à l’église de Huyar Alto.

Sur Chiloé, les labours se passent encore à l'ancienne.
Puis quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Curacó de Vélez, un agréable petit village insulaire, avec toutes les maisons aux façades habillées de planchettes colorées.






Nous visitons, l’église San judas Tadeo classée Monument National.

Au passage, quoi de mieux pour étendre le linge qu’un moteur et une boîte de vitesse Mercedes !
Le long de la route traversant l’île, nous traversons des paysages vallonnés superbes qui nous offrent des panoramas superbes sur le golfe et la Cordillère des Andes.


Nous sommes à 170 kilomètres à vol d'oiseau mais nous voyons très bien les volcans Osorno et Calbuco que nous allons approcher à notre retour sur le continent.

Un peu plus loin, nous arrivons au gros bourg d’Achao. Nous y voyons la plus ancienne église de l’archipel, Santa María de Loreto. Elle date de 1730 et est classée au patrimoine de l’Unesco.
Nous nous reposons (la digestion du repas de midi est fatigante) un peu sur l’agréable plage. Nous avons encore une chance incroyable de visiter Chiloé sous le soleil et sans vent.
Demi-tour pour retourner non pas sur le continent mais sur l’île grande de Chiloé.
Nous stationnons au même emplacement qu’hier sur la place de l’église de Dalcahue.

Lundi 30 novembre :


Audrey s’est calmée et est moins en colère après les chiens.
Nous prenons la route côtière en direction du nord de l’île. Quelques kilomètres avant Tenaún, l’asphalte laisse place à un ripio puis à une déviation de ripio car la descente vers ce petit village de pêcheurs est en travaux. Et une déviation de ripio, c’est pas très joli... Je n’ose pas parcourir les deux derniers kilomètres en camping-car pensant ne pas pouvoir remonter la sacrée pente non stabilisée.
Nous arrivons dans ce petit village, bien calme, voire presque désert.
L’église Nuestra Señora del Patrocinio de Tenaún est également classée à l’Unesco. Comme quelques autres églises, la porte est fermée mais nous allons frapper à la maison en face où une mamie nous accompagne et nous ouvre ce joli édifice, lui aussi entièrement restauré.

Après quelques mots sympathiques échangés avec des touristes français, nous pique-niquons sur la plage et savourons nos empanadas encore chaudes achetées à Dalcahue ce matin.
Quelques petits chalutiers viennent juste perturber les eaux très calmes, tandis qu'un pelican passe devant nous.
Un bus local nous évitera de remonter la côte à pied et nous permettra de rejoindre sans effort le camping-car.
Sur la route remontant vers Quemchi, nous assistons à la tonte de moutons. C’est impressionnant le volume de laine dégagé sur un seul animal.




Quelques kilomètres d’asphalte alternant avec du ripio plus loin, nous arrivons au tranquille village de pêcheurs de Quemchi.



Et nous en profitons pour y visiter... une église ! Celle-ci est vraiment très colorée.


Puis il est temps d’aller au point de rendez-vous que nous avions fixé avec nos amis voyageurs bretons que nous avions rencontrés la semaine dernière dans la région de Bariloche. Nous retrouvons donc Alex et JB dans le village d’Ancud. Rapidement, arrive un autre camping-car de Saint Malo (Thifaine, david et leurs enfants Tao, Mathys et Manolo). Puis, de nouveau par hasard, arrive un autre camping-car de Barcelone (Carla, Paú et leurs enfants Neús, Marta et Enrique)... Vous pouvez me faire confiance : nous avons passé une bonne soirée !! Partages d’expérience, anecdotes de voyages, échanges d’infos, de numéros de téléphone et de mails en cas de problèmes, mise en relation avec d’autres voyageurs et finalement, nos chemins finissent toujours par se croiser et nous nous rendons compte que nous ne sommes vraiment pas seuls à faire ce type de voyage.
Les enfants se retrouvent à 10 quasi du même âge à jouer ensemble... 



Mardi 1er décembre :

Ce matin, chaque famille décide de ne pas faire école pour que les enfants profitent vraiment de ces bons moments de convivialité. JB descend les enfants à la plage.
Puis, profitant du beau temps, chacun s’attache à faire un gros nettoyage de printemps de son camping-car. Nous concernant, c’est un grand jour aujourd’hui car nous allons faire notre troisième laverie du voyage ! Et aujourd’hui, pour la deuxième fois, nous faisons laver nos draps !! Le luxe !!!
Nous partageons de nouveau un bon moment autour de la même table.

Puis nous prenons la route tous ensemble en direction du Faro Corona situé au bout d’une péninsule à environ 30 km. Sur la route, étrange rencontre avec une maison en forme de tasse de maté !
Petite info pour les futurs voyageurs : nous avons réussi à passer avec nos 3,05 mètres sous la barre du pont limité à 2,90 mètres, ce qui évite un beau détour.
Les paysages de ce côté-ci de l’île sont aussi superbes, un air de golfe du Morbihan, de Finistère à l'approche du phare Corona.








Rencontre avec nos premiers alpagas, cousins du lama, mais très différents des guanacos que nous voyons depuis le début de notre séjour en Patagonie.
Nous faisons une pause à la playa Lechagua sur le chemin du retour.

Puis la soirée se passe de manière très conviviale autour de quelques verres (dont des verres de vin tirés depuis une brique Tetra Pack !).


Fin de notre superbe séjour sur l'île de Chiloé. Demain, nous rejoignons le continent et commençons à remonter en direction de Santiago pour y être d'ici une dizaine de jours.

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