mercredi 20 janvier 2016

Argentine du 8 au 13 janvier : Cañón de Talampaya, Vallée de la Lune-Ischigualasto, Chilecito, Fiambalá


962 km parcourus du 8 au 13 janvier
17 464 km parcourus depuis le départ






Vendredi 8 janvier :

Après avoir partagé un nouveau bivouac sympa avec la Mamayouria à Barreal, chacun de notre côté, nous prenons la route en direction de San Jose de Jachal.

Nous empruntons pour cela une jolie route de montagne qui descend en serpentant.



Très jolie. Mais un peu moins que les guides touristiques ne nous l’avaient vendue ! Il faut dire que nous avons vraiment été enchantés par la route d’hier.




Petite pause méridienne pour faire quelques courses, faire les pleins et vidanges du camping-car avant de repartir en direction d’Ischigualasto (à vos souhaits...) pour aller visiter la  vallée de la lune, parc national classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Nous y retrouvons Mary et Manu comme convenu et nous installons au camping du parc.
Le parc est aujourd’hui fermé car la piste que l’on doit emprunter pour le visiter n'est pas praticable à cause des récentes intempéries.
Mais il doit rouvrir « si no chubia esta noche », comprenez « s’il ne pleut pas cette nuit ».
Soirée asado bien agréable à se faire griller 2,5 kg de viande (on est quand même 8 à manger !). Que ça fait du bien de manger de la viande. On n’arrête pas de manger des boîtes de thon et de sardines, ou des saucisses Knackis avec nos problèmes de frigo.




Samedi 9 janvier : 

Il n’a pas plu cette nuit mais le parc reste fermé quand même et ouvrira peut-être demain... Nous décidons de partir à un autre parc voisin (il y a juste 90 km), celui de Talampaya. Veremos.
La route traverse de jolis hauts plateaux à 1300-1500 mètres. Le paysage est aride. De gros cactus, en forme de candélabres de 2 à 3 mètres de haut, sont en fleurs.  




Le parc national du cañón de Talampaya, aussi classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité, se situe à quelques dizaines de kilomètres mais dans la province de La Rioja.
Nous arrivons avec Mary et Manu en début d’après midi dans ce parc dans lequel nous avons failli ne pas venir en raison du prix d’entrée un peu cher et surtout du mode de visite proposé. Effectivement, nous étions restés à la lecture des guides, sur le seul mode de visite en minibus ou en gros bus 4x4 accompagné d’un guide qui fait 4 arrêts photos sur le parcours. Le site est géré par des sociétés d’exploitation privées. Les visites s’enchaînent toutes les heures avec des gros camions qui polluent le site. Bof. Il est impossible de visiter ce parc seul.
Un autre moyen de visiter le canyon, assez marginal, permet de faire une rando de 5 heures, elle aussi accompagnée d’un guide mais qui ne se fait que le matin. Nous réservons pour demain matin en passant par une association de guides. Il fera aussi moins chaud car en ce début d’après-midi, c’est la fournaise. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres d’endroits où des pluies diluviennes se sont abattues la semaine dernière inondant et barrant les routes. Mais curieusement dans ce parc, il ne tombe que 150 mm de précipitions par an. L’humidité relative est de 12 à 14%. Pratiquement un désert !
Nous empruntons le petit sentier Triásico.
La période du Triasique (il y a 250 millions d’années), pendant laquelle se sont développés les dinosaures a laissé dans cette région d’importants gisements de dinosaures fossilisés. La courte balade permet de voir différentes reproductions de ces animaux.


Pour nous occuper le reste de l’après-midi, nous partons un peu plus au nord nous promener dans le cours d’un río afin de nous rafraichir. Bonne idée d’ailleurs. L’eau est à 30° environ et nous remontons en pataugeant dans l’eau.

Autour de nous, volent des dizaines de couples de perroquets Balanqueros. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, il s’agit de la même espèce que celle que nous avions vue à Balneario El Condór près de Viedma ; là où il y avait des dizaines de milliers de couples nichant dans la falaise.

Petite pause où les 4 enfants et les 2 papas construisent un barrage.
Pendant que les filles rentrent à Talampaya avec les enfants, je pars avec Manu encore un peu plus au nord à Villa Unión faire quelques courses en vue de l’asado de demain soir. Impossibilité de retirer au DAB des pesos. Heureusement, nous trouverons à échanger des US$ contre des pesos à un taux plus avantageux de 8% par rapport au taux officiel. Comme je vous l’avais dit dans le précédent article, la récente libéralisation de l’économie argentine suite aux nouvelles élections présidentielles a ramené le taux officiel du peso à 1€ = 14 pesos au lieu de 10 pesos au mois de novembre. Le change au blue perdure toujours mais à un taux moins avantageux qu’auparavant où nous changions entre 15 et 16 pesos.
Retour au bivouac du parc de Talampaya. Négociation avec les guardaparques pour ne pas payer le camping.  Je leur explique que nous payons déjà l’entrée du parc, l’excursion de demain et que nous n’utilisons pas les sanitaires. Il ne veut pas et m’envoie son chef. Ce dernier accepte.

Dimanche 10 janvier : 

A 7 heures du matin, tout le monde est prêt à randonner... sauf le guide qui n’est pas à l’heure. Il arrive à 8 heures !
Un minibus nous emmène sur une dizaine de km à l’entrée de cet impressionnant canyon creusé dans la roche rouge. Le canyon est le fruit du mouvement tectonique des plaques et de la formation des Andes. Par la suite, durant des millénaires, l’érosion du vent et de l’eau ont crée ce superbe résultat que nous avons sous les yeux.
L’avantage de randonner à pied, outre le fait de ne pas polluer ce fabuleux site, est d’une part d’en profiter au maximum et surtout d’emprunter la Quebrada de Don Eduardo. Ce canyon est parallèle au Canyon de Talampaya et ne se pratique qu’à pied.
Le parcours est tout simplement extraordinaire. Les mots sont durs à trouver pour vous décrire ce que nous avons sous les yeux. Le vent et l’eau ont crée des formes impressionnantes dans la roche.



Notre guide, Lucas, prend le temps de bien nous expliquer les phénomènes géologiques du parc. Le temps est en ce début de matinée couvert mais cela donne une atmosphère particulière à la visite de cette Quebrada.





La végétation est surprenante. Le guide nous fait découvrir un arbre qui aurait plus de 1000 ans. Il se défend par d’énormes épines.

Il en est de même pour les rares arbustes arrivant à pousser dans ce quasi désert. Ils ont tous ces épines longues jusqu’à une dizaine de centimètres.
Ces épines sont utilisées par les oiseaux pour construire les nids. Les prédateurs n’ont qu’à bien se tenir.
Autre curiosité, ces arbustes verts appelés Breas, où le phénomène de photosynthèse s’effectue même sur les racines et les troncs. Ils sont verts fluo...



La Quebrada est superbe.  Nous ne nous en lassons pas.


Nous arrivons au bout de ce canyon de Don Eduardo et sur la Quebrada. Du haut du belvédère où nous avons une vue à 360° sur le site, c’est Whaouuuu...




Le grand ciel bleu est arrivé et la lumière devient différente. Superbe contraste avec le rouge de la roche.
Sur une des parois du canyon, nous voyons la Catedral Gótica, où des formes simulent les tours d’une construction de cathédrale. Magnifique.
 



Au dessus de nos têtes, planent très haut des condors et des vautours.

Malheureusement, de nombreux nids ont été abandonnés à cause du bruit des 4x4 et autres camions promenant les visiteurs. Quelle gestion écologique de ce patrimoine de l’Humanité ! Mais que fait l’Unesco ?
La faune dans ce parc est importante et nous voyons des zoros (renards), des ñandous (autruches), des marras (lièvres), des guanacos, des perroquets...




Le retour se fait en empruntant l’incroyable canyon de Talampaya et ses falaises hautes de 150 mètres.


Le paysage n’a rien à voir avec la Quebrada de Don Eduardo. Il y a moins de formes taillées par l’érosion. Les parois sont incroyablement lisses et ondulées par le vent.
Nous longeons le cours du río Talampaya large de quelques dizaines de centimètres. Difficile d’imaginer que ce même cours d’eau a eu assez de puissance pour creuser ce canyon.
Le vent, en s’engouffrant dans la roche, a aussi creusé sur toute la hauteur de la paroi des cheminées.
Nous avons aussi découvert des pétroglyphes laissés par les ancêtres des indiens de la région qui occupèrent les lieux il y a 2000 ans. Scènes de chasses et formes géométriques sont ainsi sculptées dans la roche.
D’autres gisements ont permis de découvrir des traces plus récentes de vie sur ce site et notamment dans les quelques grottes du site.
Nous revenons à 13 heures, ravis de notre rando. Les enfants ont tous bien marché pendant 12 km et 5 heures sans rechigner une seule fois. Victor me dit qu’il préfère avoir fait cette découverte du canyon à pied plutôt qu’en bus car il a ainsi profité pleinement des paysages. Je suis fier de mes enfants.
L’après-midi, nous faisons le pari de revenir sur nos pas à la vallée de la Lune, à 90 km, parc qui était fermé lors de notre précédent passage. Nous apprenons que le parc est toujours fermé est qu’il ouvrira peut-être demain « si no chubia esta noche » ; un air de déjà vu il y a quelques jours. Ah, ces argentins... Bref, veremos. On croise les doigts pour demain.
Ce soir, c’est asado et de nouveau nous faisons cuire 2,5 kg de viande rouge sur nos braises. Alors que nous étions seuls sur ce bivouac il y a deux nuits, ce soir, c’est regroupement de francophones ! 2 couples de voyageurs suisses et 1 belge viennent nous saluer.
Au cours du repas, rôdent autour de nous un renard (rien de méchant, ils ont l’habitude et nous aussi) et une tarentule qui ne fait pas rire Audrey. Elle est pourtant jolie.
Encore une agréable soirée passée en compagnie de la Mamayouria. Demain, après peut-être la visite du parc, nous repartirons chacun de notre côté.

Lundi 11 janvier :

Audrey a mal dormi et a cauchemardé d’araignées et a eu du mal à se rendormir quand Victor l’a réveillée en pleine nuit car il a vu une bête sur son oreiller. Elle a eu beau démonter son lit, elle n’a rien trouvé ! Moi, je me disais bien qu'il ne devait rien y avoir, c'est pour ça que je suis courageusement resté au lit.
Ce matin, la grosse niveleuse dès 7 heures du mat’ part travailler la piste de la vallée de la Lune. Mince espoir que le parc puisse rouvrir à midi.
Fin de matinée, une fois l’école terminée et après avoir bu quelques cafés avec Mary et Manu pendant les récréations, je pars faire un tour à l’entrée du site et apprends avec plaisir que le parc a rouvert en partie. Seules 3 stations sont ouvertes sur 5 mais nous allons pouvoir goûter aux charmes de la vallée de la Lune.
Ischigualasto est l’autre nom donné à ce parc provincial, classé à l’Unesco, dans lequel nous voyons des formations rocheuses dans les tons blancs et gris incroyables, faisant penser à un paysage lunaire. Ischigualasto signifie « terre sans vie » en quechua. La température dépasse les 40°. Pourtant, il y a 250 millions d’années vivaient les dinosaures dans une végétation luxuriante. C’est ici qu’auraient été retrouvés les fossiles les plus vieux au monde, celui de l’Eoraptor Lunensis.
Le problème de ce magnifique parc est que le seul moyen de le visiter et de le faire avec son propre véhicule, en file indienne de dizaines de voitures, qui se suivent à 30km/h, en polluant... Là encore, on se demande pourquoi l’Unesco ne réagit pas à cette catastrophe écologique. Bref, nous contribuons à ce rejet de CO2 dans l’atmosphère et parcourons une vingtaine de km sur les 40 que compte normalement la boucle. A chacun des arrêts, un guide du parc nous instruit de ces formations géologiques.
Le premier arrêt se fait à la vallée pintada. Les ondulations des roches paraissent peintes dans des tons de gris et d’ocre. Superbe.





Nous reprenons la piste et suivons le van de la Mamayouria à travers des paysages indescriptibles.







Un peu plus loin, nous faisons une pause à la Cancha de Bochas, un joli terrain de pétanque.
D’étranges boules parfaitement sphériques jonchent le sol. Datant de centaines de millions d’années, à l’époque où des lagunes recouvraient le parc, des éléments minéraux, des ossements animaliers ont été entourés de carbonate de calcium, de sable... et ont donné naissance à ces boules de 20 à 40 cm de diamètre. Certaines sur le parc auraient un diamètre supérieur à 1 mètre.


Autre formation extraordinaire, ce sphinx ou ce chat sculpté par le vent.

La vue sur l’immensité du parc est incroyablement belle avec en toile de fond, la Barranca Colorada, barre rocheuse rouge et le Cerro Morado, point culminant du parc à 1850 mètres.
Nous nous faisons aux particularités de prononciation de la région. Ici, même le « r » se prononce « che ». Ce n’est pas toujours facile à comprendre. Le Cerro Morado se prononce donc le « Checho Mochado »...
En milieu d’après-midi, nous quittons la Mamayouria, pour faire route chacun de notre côté. Un air de déjà vu... On se dit au revoir et on se retrouve souvent quelques km plus loin mais toujours avec autant de plaisir. Ce dernier arrêt se fait en bordure de route, au milieu du désert, entourés de cactus plusieurs fois centenaires. Ils sont d’ailleurs en ce moment en fleurs. Les enfants découvrent un phasme.



Nous montons dans le camping-car, mettons la clim’ et un « C’est pas sorcier » sur... les phasmes... aux enfants.
Nous faisons route vers le nord. La chaleur est torride (dehors et dans le frigo).
Nous rejoignons la route 40 qui depuis peu est entièrement bitumée entre Villa Unión et Sañogasta.
Nous traversons les paysages de la Cuesta de Miranda. La route est impressionnante et se contorsionne de virage en virage, le long du précipice jusqu’au col à 2020 mètres avant de redescendre sur la vallée del Bermejo.



La roche est rouge. Des cactus poussent, seule végétation avec quelques autres arbustes capables de résister à cette chaleur écrasante.



Nous rejoignons la grande route et allons bivouaquer dans uns station YPF à Chilecito. Pas très agréable mais pratique pour le wifi et vous donner des nouvelles via ce blog. En voulant attraper quelque chose dans le lit de Victor, Audrey tombe nez à nez avec de charmantes petites bêtes que nous pensions avoir laissées à la vallée de la lune, entre scarabées et cafards... hum... Il faut dire qu'on était garé juste à côté d'un nid et que nous avons pu les observer par centaines ce matin. Nous partons donc avec entrain (ou pas) à la chasse au scarabée/cafard. La soute est entièrement vidée, tout comme les bacs de linge, de jeux des enfants... il fait 42°. On s'amuse comme des petits fous. On pense avoir gagné. On remet chaque chose à sa place. 10 minutes plus tard, une petite bête traverse le couloir. Le temps de tout nettoyer, on a laissé toutes les fenêtres ouvertes. Les moustiques ont pensé qu'on avait besoin de compagnie. Des dizaines de boutons viennent décorer nos 8 jambes en quelques minutes. Quelques couches de crèmes anti-démangeaisons et une spirale anti-moustique plus tard, nous allons nous coucher... en espérant ne pas avoir trop de compagnie pendant la nuit !

Mardi 12 janvier :

Matinée école et internet. Nous prenons la route et allons découvrir une ancienne friche industrielle, le Cable Carril.
Il s’agit d’un ancien téléphérique datant de 1904. Sur une distance de 35 km, il acheminait dans des petits wagons des mineurs et leur matériel jusqu’à 4600 mètres d’altitude et en retour acheminait or, cuivre et argent.


Nous prenons la route, et nous faisons doubler par... la Mamayouria qui a changé ses plans et a finalement décidé comme nous de rejoindre l’étape du Dakar qui passe dans le coin. Pas beaucoup plus passionnés de sports mécaniques que nous, Mary et Manu trouvaient dommage de ne pas profiter du passage de cette course mythique à quelques kilomètres de là.
Cela nous oblige à quitter la route 40 et à nous engager sur la superbe route 78. Nous découvrons encore de merveilleux paysages dont nous ne nous lassons pas.

En convoi, nous montons en direction de Fiambalá.
Les dernières pluies ont coupé la route en divers endroits. Il n’y a pas de ponts et la route descend dans le lit de la rivière.
Le ripio et la chaleur torride ont eu raison de ma durite d’air alimentant mes suspensions pneumatiques arrières. Pourtant protégée dans une gaine électrique, celle-ci a fondu à proximité de l’échappement suite à la rupture d’un collier. Résultat, la suspension perd ses 3 bars de pression d’air et le camping-car se met à pencher de 10 cm vers la droite. Le temps que je m’en rende compte, mon pneu arrière gauche s’est beaucoup usé à l’intérieur. Réparation de la fuite couché sur le sol bouillant aidé de Manu, et c’est reparti.
Les paysages verts jusqu’à présent, avec des plantations de noyers se transforment en zone désertique, très désertique.



Nous arrivons à Fiambalá, petite ville perdue sur la route du Chili. Étrangement, on y arrive par une 4 voies bordée de luminaires. On se croirait arriver dans une grande ville. D’énormes infrastructures équipent la ville qui semble profiter de l’argent du Dakar passant ici quasiment chaque année. Les dunes de sable de Fiambalá, c’est un peu le Tourmalet ou l’Alpe d’Huez du Tour de France.

La dixième étape du Dakar 2016 fait une boucle autour de cette ville demain. Les agents de sécurité, pensant certainement que nous faisions partie de la caravane du Dakar avec nos camping-cars, nous laissent passer aux différents points de contrôle. Nous trouvons un emplacement idéal sur un parking sur les berges du río (prononcez « Chio » !) dans lequel camions, voitures, motos et quads passeront dès demain à partir de 7h. Emplacement idéal mais terrain sablonneux.
Nous partons à pied en ville découvrir le bivouac de motos dans l’école de la ville. Nous sommes derrière des grillages sans avoir accès au parking des motos bien gardé par des agents de sécurité.
Avec Manu, nous trouvons cependant un accès non gardé, qui en traversant les cuisines nous permet d’accéder au bivouac et de nous retrouver au milieu des compétiteurs. Incroyable. Nous sommes au milieu de ce gigantesque parking de motos où chacun s’affaire à la remettre en état pour la prochaine étape. Deux gendarmes nous repèrent et nous demandent nos badges, qu’évidemment nous ne pouvons leur présenter, mais ne nous virent pas pour autant.


Nous repérons, Luc Alphand, ancien champion du monde français de ski et également ancien vainqueur du Dakar en 2006. Aujourd’hui consultant pour France Télévisions, il suit le Dakar depuis l'hélico. Nous nous approchons et tapons la causette avec lui. Super sympa.
Nous assistons au briefing des compétiteurs pour le prochain départ. Fascinant d’être au milieu de toute cette agitation.
Nous rejoignons nos familles à l’extérieur et allons manger quelques empanadas et boire quelques bières.

Mercredi 13 janvier :

En milieu de nuit, des spectateurs arrivent et remplissent déjà le parking où nous avons bivouaqué. Les hélicoptères commencent à tourner de bonne heure au-dessus de nos têtes.
Les spectateurs se massent sur le pont pour voir passer le Dakar dans le lit du río Abaucan dès 7 heures du mat’. Distribution d’objets pub que les spectateurs s’arrachent.

Puis, incroyable : à 7h10, alors que tout le monde attend, une énorme vague marron dévale bruyamment à toute vitesse le lit de la rivière jusqu’alors sec. Il a plu cette nuit et de gros orages ont éclaté en amont.



On comprend alors vite que le Dakar ne passera pas ici. 2 à 3 heures passent sans explication de l’organisation, car il n'y a tout simplement pas d'organisation. Je monte avec Manu dans le village où nous voyons passer les compétiteurs.
Hollandais, Français, Chiliens, Tchèques, Kazakhs sont les nationalités que nous voyons le plus passer au volant des voitures et des camions ayant 1000 chevaux sous le capot pour 10 tonnes à déplacer !







Nous sommes effarés de la sécurité inexistante. La circulation des riverains n’est pas interrompue. Les énormes camions doublent assez vite les camions de livraison, les voitures garées en double file, évitent les piétons.






On comprend mieux pourquoi malheureusement chaque année, il y a des victimes dans les villages traversés. Dramatique organisation du Dakar. Il n’y a d’ailleurs aucun membre de l’organisation.
Nous restons garés sur le parking où nous sommes car le parcours modifié passera au retour sur le pont dans quelques heures.
Avec Manu, en bon français, nous sortons le drapeau tricolore et la bouteille de rouge et attendons les coureurs.
Peterhansel sur Peugeot 2008 passe devant nous et sera le vainqueur de l'étape avec son copilote Cottret, tous deux français, 1er au classement général avec 1 heure d'avance sur le deuxième.
Puis, Al Attyah Nasser le suit de peu sur Mini avec un capot en moins.
Passe également le camion qui remportera l'étape du jour avec De Rooy (polonais) au volant, également 1er au général.
Cependant, l’attente des autres compétiteurs n’est pas agréable en raison d’une violente tempête de sable qui de lève.
Les conditions de course en sont d’autant plus compliquées et les voitures et camions, ayant du mal à terminer la course sont très espacés à passer devant nous.
En début d’après-midi, nous levons le camp et allons tremper dans les thermes de Fiambalá perchés en haut d’une magnifique route à 17 km de la ville.

 
Petit havre de paix, à l’abri du vent au milieu des montagnes... L’eau s’écoule de bassin en bassin. La température de 48° se retrouve à 24° une douzaine de bassins plus bas. Du bonheur après tout ce sable que nous avons mangé ce matin et une bonne occasion de se décrasser.


Nous terminons la journée avec une nouvelle agréable soirée partagée avec la Mamayouria avec qui nous avons bien sympathisé.

Bivouac sur les hauteurs de Fiambalá avec une jolie vue sur la ville éclairée, et sous un soleil merveilleusement étoilé.

Jeudi 14 janvier :
Petite journée tranquille. Matinée devoir entrecoupée de récrés/cafés avec Mary et Manu. Puis, la Mamayouria prend la route. Nous nous disons au revoir au cas où nos chemins ne se croisent plus en Amérique du Sud. 
Le temps passe. Linge, reprise de ma réparation de fuite d'air sur mon tuyau rilsan.
15 heures, nous voilà décidés à faire quelques centaines de km. Nous n'allons faire que 3 km. 
Nous rejoignons le bourg de Fiambalá et trouvons sur la place centrale 3 camions poids-lourds de voyageurs dont Catherine et Philippe, déjà croisés à plusieurs reprises depuis le début du voyage. Ils sont aussi venus voir le Dakar et sont avec un couple de réunionnais et un autre de martiniquais voyageant plusieurs années en Amérique du sud. Je bave devant leur camion.

Nous discutons tout un moment avant que chacun d'eux ne reprenne la route. Quant à nous, nous restons sur la place mettre à jour le site. Nous roulerons demain !

Je vous laisse en compagnie de notre ami Dany le nain qui pour une fois n'est pas désagréable.