samedi 4 juin 2016

Pérou, Bolivie du 20 au 25 mai : lac Titicaca, Sillustani, Juli, Isla del Sol



1 198 km parcourus du 20 au 24 mai
30 965 km parcourus depuis le départ



Vendredi 20 mai :

Première nuit pour Liliane et Daniel qui se sont posés hier en avion à Juliaca directement à 3 800 mètres d’altitude. Autant nous étions montés doucement par paliers avec nos précédents compagnons de voyage, autant cette fois-ci, arrivant directement sur l’Altiplano péruvien en vue de visiter les rives du lac Titicaca et bientôt la Bolivie, nous n’avions pas d’autres choix que de faire arriver mes beaux-parents à cette altitude. L’acclimatation à l’altitude, la fatigue du voyage et le décalage horaire font que la nuit et le réveil sont bien compliqués pour eux...
De bon matin, nous prenons la route vers la péninsule de Llachón, lieu où nous étions encore hier matin avec mon papa et Alexandre mon beau-frère sur les bords du lac Titicaca. Nous retournons tous les 6 sur l’île flottante Balsero Uros Titino Nativo. Nous avions pris rdv avec la famille de l’île il y a deux jours pour qu’ils viennent nous chercher en barque à moteur sur la péninsule ce matin à 9h.
Roger et son frère Adolfo viennent nous chercher avec deux petites embarcations. Nous naviguons durant une demi-heure et arrivons sur leur île flottante.



Deuxième venue pour nous mais première découverte pour Liliane et Daniel qui découvrent leur mode de vie.

Nous passons de nouveau d’agréables moments avec toute la famille Pacompia Jallahui.



 

Anaïs a préparé des petits cadeaux pour les habitants de l’île qu’elle offre accompagnés de photos imprimées de notre dernier passage.
Roger explique de nouveau le mode de vie de cette communauté. Puis, en fin de matinée, nous partons faire un tour en « Mercedes Benz » comme il l’appelle, à savoir un bateau à usage touristique construit en totora, avec deux grosses têtes de puma. A coup de rame, deux hommes peinent terriblement à mouvoir ce bateau très très lourd et difficilement manœuvrable.



Le vent s’est levé et le retour se fera tracté par une barque. Bon ce n’est pas pour ça qu’on est venu sur l’île car c’est le côté un peu trop touristique que nous n’aimons pas trop car cela ne représente pas la vie traditionnelle des habitants, mais cela leur faisait tellement plaisir de nous emmener qu’on ne pouvait pas dire non.
Retour 20 minutes plus tard. On nous dresse la table sur le bateau « Mercedes Benz ». Soupe délicieuse et perche avec petits légumes au menu.
Début d’après-midi tranquille à observer la vie des habitants de l’île.




Petite sieste pour récupérer du mal d'altitude.
Une réunion a lieu entre les différents représentants de la communauté, y compris ceux vivant à l’abri dans la réserve de totora. Ils sont là pour promouvoir et développer le tourisme, source de revenus importante pour eux.

La réunion se termine. Un des membres habitant sur une autre île nous offre un oiseau fraichement tué. Euh, c’est super gentil mais qu’est-ce qu’on va en faire ? En même temps, refuser un tel cadeau est un peu délicat. Discrètement, nous confions le cadeau à Ana, la femme de Roger.
Il est 14 heures, deux jeunes filles reviennent de l’école sur une barque à moteur.
Anaïs reprend ses activités de confection de bracelets et apprend de nouveaux modèles.
Puis, il est temps de repartir en direction de la péninsule. Nous remercions les familles avec qui nous avons partagé de bons moments. En retour, 4 femmes et un homme nous chantent un air en Aymara pour nous remercier de notre venue.
Sur le chemin du retour, Victor prend la barre, et navigue seul en dirigeant parfaitement le moteur de la barque durant un bon quart d’heure.
Nous faisons visiter le camping-car à Roger et à Adolfo qui n’en reviennent pas du confort que l’on a. Partage d’une bière, boisson qui n’est réservée pour eux qu’aux fêtes et cérémonies.
Soirée tranquille au camping-car avec un joli coucher de soleil sur le lac Titicaca.

Soirée mise à jour du blog, jeux sur la plage... et premier apéro car papi Daniel semble s’adapter à l’altitude.

Samedi 21 mai :

Avant 8 heures, nous sommes déjà en train de rouler. Nous contournons Juliaca sans avoir à y rentrer ce qui est une chance.
Nous croisons Jeannine et Jacques, un couple de retraités français, voyageurs confirmés en camping-car, ayant déjà parcouru la Chine, la Mongolie et maintenant l’Amérique du sud. Ils remontent de Bolivie et vont au Pérou et en Equateur. Nous nous échangeons donc quelques bons plans, en particulier sur Machu Picchu et sur le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez, notre prochaine excursion.

Nous roulons vers certainement le seul site Inca que nous aurons l’occasion de visiter avec Liliane et Daniel. En quittant la route principale qui descend vers la Bolivie, nous voyons d’abord des constructions que nous n’avions pas encore vues.
Il s’agit de petites fermes composées de différents bâtiments coiffés de chaume, entourées de murs. Tout est construit en adobe.

On y accède par des portiques voûtés.


Nous sommes attirés par la présence de lamas et d’alpagas devant une ferme. Pause photo lorsqu’une petite fille de 10 ans sort de là et nous invite à entrer chez elle. Elle est là seule, bien dégourdie, elle vend quelques articles d’artisanat tissés en laine d’alpaga.




En échange, nous lui faisons visiter notre camping-car. Elle pose plein de questions sur l’aménagement intérieur.
Pendant le temps que nous avons passé avec elle, une femelle lama a mis bas. Le petit est à terre et encore tout mouillé, il essaye déjà maladroitement de se mettre debout sur ses pattes.

Nous reprenons la route en direction du site archéologique de Sillustani. Sur le parking, des voyageurs sont là. Deux couples d’argentins partis pour ils ne savent pas combien de temps sur les routes d’Amérique. La récente inflation démesurée dans leur pays ainsi que la vie trop chère à Buenos Aires les ont décidés à franchir le pas de partir. Un des couples a un vieux 4x4 Ford de 1961. Cela fait envie !
A l’entrée du site, nous sommes attirés par de la musique, des danses. Les gens, qu’ils soient en tenues traditionnelles ou en tenues modernes sont tous très élégamment habillés.



Curieux, nous nous approchons, et nous nous retrouvons au milieu d’un mariage, invités à boire une gorgée de bière et à poser pour une photo avec le couple de mariés !
Nous entrons sur le site historique qui se trouve sur une presqu’île entourée des eaux bleues de la lagune d’Umayo, à 4000 mètres d’altitude.



La colline fut occupée à l’époque pré Inca, par les Collas, ancêtres des Aymaras, entre 1200 et 1440 environ. Ils inhumaient ici leurs morts dans des « chullpas », c’est-à-dire des tours funéraires.


Les Incas reprirent le site et construisirent leurs propres « chullpas », plus belles, plus hautes (jusqu’à 12 mètres) avec des pierres polies parfaitement ajustées.





Il y a sur le site une cinquantaine de tours qui recevaient pour chacune d’elles de 3 à 12 corps momifiés et placés en position fœtale face à l’unique entrée orientée vers l’est. C’est de là que renaissait chaque matin le soleil et avec lui, les morts.
Le lieu était également utilisé comme espace cérémoniel.
Sur le site, quelques vestiges incas.

De nombreux murs de clôture sont construits avec des pierres aux angles arrondis. On se demande comment ils tiennent.
Nous faisons un rapide passage au petit musée sans grand intérêt du site, qui permet de voir quelques poteries et momies retrouvées dans ces chullpas (ou pas...).
Une femme avec son enfant pose pour la photo avec une vigogne apprivoisée.

Nous reprenons la route en direction de Puno, ville de 125 000 habitants située dans une grande baie sur la rive ouest du lac Titicaca. Pas beaucoup de charme, mais une agréable Plaza de Armas avec une Cathédrale du 18ème siècle et quelques bâtiments de l'époque de la conquête.


Arrêt très rapide à Chucuito.

Dans un village lors d'une petite pause, nous voyons un monsieur grossiste en laine d'alpaga, de mouton venu acheter aux paysans du village leur production. 

Refuge dans une station service car la nuit est tombée et il est vraiment trop dangereux de conduire la nuit.

Dimanche 22 mai :

Nous venons de passer notre dernière nuit au Pérou. Nous roulons vers la Bolivie. Avant de passer la frontière, dernier arrêt dans la ville de Juli connue pour ses nombreuses églises et temples. C’est dû en partie au fait que créoles, métisses et indiens assistaient à la messe dans des lieux différents. De plus, les Dominicains et Jésuites se faisaient concurrence pour revendiquer le maximum de fidèles.
Le Templo San Pedro a une belle façade sculptée et une tour baroque de 1565 réalisées par les Dominicains et modifiées plus tard par les Jésuites. L’intérieur est très riche et orné de bois sculpté d’or et d’argent.


100 mètres plus bas, le Templo San Juan de Letrán a été construit en 1570 par les Dominicains. Le portail latéral est très ouvragé avec des motifs végétaux. Cette église est aujourd’hui un musée présentant des fresques et des toiles de l’école de Cuzco avec des encadrements incroyables.



Les ouvertures et les colonnes sont superbement taillées dans la pierre. Les plafonds, pour certains d’origine, sont en eucalyptus et recouverts de peaux de vigognes.
Les vitrages ne sont pas en verre mais en pierre tellement fine que la lumière passe au travers.
Le Templo de la Virgen de la Asunción a été construit par les Jésuites en 1568. Son campanile a été endommagé par la foudre.
Nous assistons à la fête dominicale : défilés de différents groupes du village. 



Nous reprenons la route. Ce n’est pas la grande forme pour Liliane qui peine à se remettre du changement brusque d’altitude. Nous la dopons avec des infusions de feuilles de coca...
Nous continuons à longer le lac et à traverser des villages où les maisons sont peintes aux couleurs des deux derniers candidats aux Présidentielles du week-end prochain dont la favorite Keiko.




Direction la frontière. Tout d’abord, comme d’habitude, il s’agit de faire les formalités pour sortir du pays, en l’occurrence, le Pérou. Douanier pénible qui me demande des papiers inutiles. Selon lui, le précédent douanier qui m’a fait le papier d’importation temporaire que je lui présente pour sortir du pays a fait une erreur en remplissant une case. Il me reproche d’avoir signé le papier sans rectifier l’ « erreur » dans le type de véhicule. Le douanier me menace de devoir retourner au poste d’entrée dans le pays, Thumbes situé à 2000 km !!! Discussion... Négociation... le douanier sans me le demander, attend juste que je lui propose un petit billet, chose que je me refuse à lui proposer. Finalement, il accepte de « me faire une faveur »... C’est bon, on est sorti du Pérou. A présent, il faut entrer en Bolivie. Le tampon sur le passeport s’obtient facilement mais en revanche les douaniers refusent de nous octroyer les 90 jours légaux pour séjourner dans leur pays et ne nous donnent que 30 jours, ce qui n’est pas suffisant pour nous car nous avons prévu de rester en Bolivie environ 1 mois et demi. Discussion... Négociation... Enervement... Malgré notre insistance, on est obligé de lâcher prise et de partir avec notre autorisation de seulement 30 jours. Nous serons donc contraints de passer dans un bureau de douane situé dans n’importe quelle grande ville pour faire prolonger notre autorisation. Grrrr...
Dernière étape, obtenir l’autorisation temporaire pour le véhicule. Le douanier fainéant au lieu de remplir le formulaire sur son ordinateur comme tous les autres l’ont fait depuis le début du voyage, (soit déjà 14 fois !), m’invite à aller au cyber café du coin pour faire son boulot en me connectant moi-même sur le site des douanes et à remplir le PDF avec les champs de ma carte grise et de mon passeport.
Je reviens vers lui. Il demande à contrôler le camping-car, les numéros de châssis... Finalement après vérification, il m’imprime le précieux papier avec seulement 30 jours de délai avant de sortir du pays. Il m’explique qu’il s’aligne sur la durée de ses collègues du service des Migraciones. Je lui explique qu’ils n’ont pas pu me mettre 90 jours. Il me répond qu’ils auraient pu mais qu’ils n’ont pas eu la volonté de le faire... Nous devrons donc aller en plus dans le bureau de la Sunat dans une grande ville pour faire prolonger la durée pour le camping-car. Des amis voyageurs entrés à d’autres postes de frontière en Bolivie ont eu directement 90 jours sans négocier...
Nous roulons vers Copacabana, ville en bordure du lac Titicaca, que fréquentent des routards venus du monde entier, et notamment de France. Nous bivouaquons au bord de l’eau. La plage est pleine de pédalos moches aux couleurs de Donald...

Coucher de soleil sur le lac. 

Lundi 23 mai : 

De nouveau réveil matinal. Nous nous préparons à embarquer sur un bateau qui va nous amener en 2h30 de navigation au nord de l’Isla del Sol. Elle n’est pas si loin, mais le bateau en surcharge avec plus de 100 personnes à bord, peine avec ses 2 petits moteurs de 50 chevaux. A peine parti, tous les gaz d’échappements s’engouffrent dans la cabine et l’air devient irrespirable. Finalement, le capitaine coupe l’un des moteurs qui fume. On avance encore moins vite...
 
Liliane va beaucoup mieux. Maintenant, c’est Daniel qui prend des tons vert gris durant la traversée.
Nous débarquons dans un petit port au fond d’une crique dans le village paisible de Challapampa. La vue est superbe. L’eau est obscure. Les paysages de l’île sont faits de kilomètres de terrasses étagées.



Sortis du bateau, nous rencontrons Marie, Guillaume et leurs deux enfants Cassandre 4 ans et Hector 2 ans. Ils pédalent durant 5 mois dans la Cordillère des Andes. Ils ont prévu de faire 5000 kilomètres en vélo. Chapeau ! Nous partons marcher ensemble pour rejoindre les ruines de Chinkana. Le sentier longe la plage sur laquelle des habitants ramassent des algues pour les animaux.

Puis il continue de longer le littoral en s’élevant tout en nous offrant une superbe vue sur le lac et sur la Cordillère Royale en toile de fond.




Nous découvrons des vestiges Incas. D’abord, une table sacrificielle, puis le rocher sacré de Titikala où naquit le Dieu Créateur Viracocha selon la légende.

En contre-bas, le Palacio del Inca se compose d’un ensemble labyrinthique de murets en pierres sèches dans lequel les enfants aimeraient jouer plus longtemps encore à se perdre. Il s’agissait d’un complexe comprenant greniers et Acllahuasi (ou sanctuaire des Vierges du Soleil).



Nous quittons déjà Marie et Guillaume car nous devons nous dépêcher à reprendre notre bateau pour rejoindre le sud de l’île et le village de Yumani.
De là, nous empruntons à pied le grand escalier des Incas qui monte, monte, monte.
Les petits et les grands parents ont du mal avec l’effort en altitude. Nous continuons seuls avec Audrey jusqu’au sud de l’île où se trouvent les ruines de Pikkokaina.



Cet ancien palais Inca a été bâti sur une terrasse juste au dessus du lac sur deux niveaux. Il possède les fenêtres typiques trapézoïdales mais sa construction est faite de pierres rustiques et non de pierres parfaitement ajustées comme nous avons pu le voir dans les Palais et Temples Incas jusqu’à présent.
De là, superbe panorama sur le lac, l’Isla de la Luna et la cordillère Royale avec, entre autres, l’Illampú qui culmine à 6368 mètres.
 
16 heures, nous sommes les deux seuls touristes que le bateau, sur lequel Liliane, Daniel et leurs petits enfants ont pris place au port sud, passe chercher à Pikkokaina.
Retour vers Copacabana. Le tangage du bateau ou bien le sandwich de ce midi acheté sur le port feront vomir Victor sur... moi.
Discussion très agréable sur le pont avec un couple de Boliviens de Cochabamba amoureux de leur pays. Nous échangeons sur les niveaux de vie de nos deux pays. Ici, le salaire minimum est de 200€. Le coût de la vie est aligné sur ce salaire. Un bon resto coûte ici 5€. L’aller-retour en bateau, soit 5 heures de bateau, nous a coûté 3,50€.
Nous avions prévu de rouler ce soir un peu mais du coup, vu l’état de nos vêtements, à Victor et moi, une bonne lessive s’impose et nous profitons de l’eau du lac pour bien laver tout ce que nous avions sur nous (polaire, blouson, jean...).
Viennent frapper à la porte, Laetitia et Valentin, un couple Breton/Picto-Charentais, voyageant un an et demi en 4x4 Toyota jusqu’en Alaska.
Nous nous réfugions dans notre camping-car, tous les 8. Ils sont bien contents de grignoter un morceau de saucisson et de Reblochon que Liliane et Daniel nous ont ramenés. Rapidement, les enfants fatigués vont se coucher. C’est au tour d’Anaïs de vomir. Nous ne sommes plus que 6 à table. Puis, c’est Liliane et Daniel que nous perdons de fatigue. Nous ne sommes plus que 4. Puis, c’est au tour de Laetitia de mal se sentir... Nous nous retrouvons à 3 autour de la table... avec une énorme marmite de pâtes qu’Audrey a préparée pour 8 !
Soirée néanmoins sympathique à s’échanger des infos sur la Bolivie, le Pérou et l’Equateur, à se raconter nos anecdotes (bonnes et mauvaises) de notre merveilleux voyage, à se parler des différentes familles voyageuses rencontrées.

Mardi 24 mai :

Nous commençons la journée par la visite de la Cathédrale de Copacabana, haut lieu du Christianisme andin. Ce bâtiment est l’un des bijoux de l’architecture baroque de la Bolivie. Immense et d’un blanc immaculé, elle est coiffée de plusieurs coupoles recouvertes de faïences.

Dans son chœur est exposée la Virgen de la Candelaría, dont on change les vêtements tous les 3 mois.

Dans une salle annexe, fleurie, est exposée une importante quantité d’autres vierges superbement vêtues.
Nous prenons la route vers San Pedro de Tiquina. La route pour la première fois depuis des centaines de kilomètres s’élève pour monter à 4150 mètres. Incroyable point de vue sur le lac vraiment gigantesque et sur la Cordillère Royale. Un détroit sépare le lac Titicaca en deux parties. De là haut, nous les voyons toutes les deux. Superbe. Le soleil comme depuis des semaines, est au rendez-vous. Les températures sont chaudes en journée malgré l’altitude.

Puis nous amorçons notre descente vers le détroit de quelques centaines de mètres entre San Pedro de Tiquina et San Pablo de Tiquina. La traversée se fait sur une barge très sommaire, mais vraiment très sommaire. Nous sommes rassurés par d’autres barges arrivant avec des camions et des bus dessus.


Enfin, « rassurés » est un grand mot quand il s’agit à notre tour de prendre place sur cette embarcation. Nous comprenons vite que tout se négocie en Bolivie. Le batelier me demande combien j’ai payé à l’aller. Je lui dis que je ne sais plus (c’est normal, on n’est jamais passé !). Il m’annonce 80 BOL. Je lui dis que j’ai payé beaucoup moins à l’aller. Il me propose 60 BOL. Je lui dis que je me souviens avoir payé 50 BOL soit 4€, il accepte.
La traversée se passe finalement bien même si mon porte-à-faux passe à quelques centimètres du sol en descendant de la barge en marche arrière.
Nous roulons, toujours dans cette partie appelée Altiplano, cet immense plateau situé entre 3800 et 3900 mètres d’altitude allant du sud de Cuzco au Pérou jusqu’au sud de la Bolivie sur des centaines de kilomètres. Nous continuons à longer le lac. La route est sinueuse mais étonnamment en bon état. Nous approchons de la redoutée traversée de la capitale bolivienne de La Paz et de ses 2 300 000 habitants. La Paz est la capitale la plus haute au monde. Elle culmine à 4000 mètres. Nous arrivons dans l’agglomération par la ville d’El Alto, perchée à 4100 mètres. Cette ville chaotique de banlieue compte 1,2 million d’habitants. Tout est en brique, rien n’est fini de construire... Des ferrailles sortent des murs. Aucune façade n’est crépie, encore moins peinte, si ce ne sont celles couvertes des couleurs des sociétés de téléphonie mobile.
Les routes d’El Alto sont en travaux et cela nous impose des déviations empruntant des chemins improbables ou plutôt des pistes dans un état pitoyable. Le camping-car a du mal à franchir certains passages.
Finalement, en suivant les voitures locales, nous arrivons à ne pas nous perdre et à retrouver l’axe principal. Le reste de la traversée de la capitale se passe finalement mieux qu’on ne le redoutait. La circulation est assez fluide et les gens sont globalement assez disciplinés. Il y a peu de voitures mais des centaines de minibus collectivos qui démarrent et s’arrêtent sans cesse.


Contre toute attente, la première station service accepte de nous délivrer du gasoil. En effet, les stations boliviennes refusent de servir les étrangers. Pas très évident quand on a prévu de rester plus d’un mois dans le pays. Le prix officiel que payent les boliviens est de 3,72 BOL par litre. Les rares stations qui acceptent de servir les étrangers font payer 8,98 BOL par litre ! Nous faisons un premier plein en négociant (vous me connaissez !) à 6 BOL le litre.
Aux différents carrefours de la capitale, des agents font la circulation déguisés en zèbres. Sur le ton de l’humour, ils tentent de faire respecter les règles de conduite.
Nous sortons facilement de La Paz et rapidement nous nous retrouvons de nouveau sur les hauts plateaux de l’Altiplano, et toujours avec des paysages incroyables.
La route est longue aujourd'hui, les enfants patientent avec des dessins animés.
Les rares véhicules fument noir, peut-être est-ce dû au manque d’entretien ou bien à la qualité du gasoil. En prévention, je rajoute de l’additif « Chameau Plus » de Bardahl.

Nous rencontrons de nombreux troupeaux de lamas et d’alpagas.



Autour de nous, courent des kilomètres de murs. On se demande vraiment à quoi ils servent : délimitation de parcelles, enclos pour les animaux ?

Mercredi 25 mai :

Après une nuit passée dans une station service à Oruro, nous voici de nouveau sur la route. Nous changeons de nouveau de paysage. Nous retrouvons les mêmes formations géologiques que nous avions vues au nord de Salta en Argentine (Quebrada de Escoipe, de Humauaca...). Les strates des montagnes en forme de vagues sont de différentes couleurs allant du vert au violet en passant par le jaune... Tout ceci est érodé par le vent et la pluie. C’est tout simplement superbe.



Lors d’un arrêt rapide dans un village, je vois de la fumée sortir du capot. Je cherche et vois qu’elle vient de l’amortisseur avant gauche qui fuit. De l’huile s’en échappe. Oups... On n’est plus très loin de la prochaine grande ville dans laquelle j’espère trouver un mécano. Je continue un peu mais par peur de faire plus de mal, je m’arrête. Je regarde de plus près et au bout d’une petite heure, je parviens à remettre en place un caoutchouc pare-poussière qui n’était plus à sa place. J’espère que cela tiendra.
Nous traversons la polluée ville de Potosí. J’en profite pour faire le tour de quelques marchands de pneus car je viens de m’apercevoir que mon pneu arrière gauche a deux grosses hernies, certainement dues aux pistes empruntées lors des déviations hier dans La Paz. Mais je n’achète pas les pneus d’occasion qu’on me présente, espérant que l’hernie ne grossira pas.
Cet après-midi, les paysages changent et sont plus montagneux. Nous sommes sur les contreforts de l’Altiplano.




Dans des lagunes, paissent des centaines de lamas que des bergers en cette fin de journée tentent de rassembler. Certains lamas ont des morceaux de laine accrochés à leurs oreilles ou à leur cou pour être reconnus par leurs propriétaires.








Petite pause pour se reposer de cette longue journée de route. Je contrôle l’amortisseur. Plus de fuite. Je contrôle mon pneu arrière. Une des hernies a grossi et le pneu est prêt à exploser. Je change avec l’aide de Daniel la roue (bien joué Miguel, j’y suis arrivé !).
Il est 18h15, nous arrivons en même temps que le soleil se couche à Uyuni. Mission remplie. Nous avions prévu de faire la route entre le lac Titicaca et Uyuni en trois jours. Nous avons réalisé ces 1000 kilomètres en seulement deux jours. Arrivés à Uyuni, nous apprenons qu’une ancienne piste a été goudronnée depuis Oruro. Cela nous aurait évité de faire 200 km de plus et de gagner 4 heures de conduite !
Nous stationnons et bivouaquons devant l’agence Expediciones Empexsa avec qui nous avons réservé notre excursion dans le salar d’Uyuni et le Sud Lipez pour les 4 prochains jours et réglons quelques dernières formalités.
Soirée dans une pizzeria où bien que nous soyons les seuls clients, nous attendons une heure avant d’être servis. Liliane attend toujours son plat de pâtes !
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