vendredi 22 juillet 2016

Brésil, Uruguay du 6 au 15 juillet : Canela, Gramado, Chuy, Parque Santa Teresa, Punta del Diablo, Laguna Negra, Aguas Dulces, La Paloma

970 km parcourus du 6 au 15 juillet
36 905 km parcourus depuis le départ



Mercredi 6 juillet :

Oh que le temps passe vite ! Dans 20 jours, nous serons déjà dans l’avion qui nous ramènera en Europe... Au programme de notre visite du Brésil, il ne nous reste plus que deux petits villages à visiter. Ensuite, ce sera la route vers l’Uruguay d’ici deux à trois jours.
Nous sommes arrivés hier soir après une bonne journée de route à Taquara. Après l’école de ce matin, il ne nous reste plus que 40 kilomètres à parcourir pour arriver à Gramado et Canela. Ce sont deux villes voisines de 8 kilomètres et perchées à 800 mètres d’altitude. Nous traversons sans nous arrêter la première ville où nous reviendrons demain.
Nous nous arrêtons au site « Mundo a Vapor ». Il s’agit d’un musée consacré à l’histoire de la Révolution Industrielle et de la vapeur.
La façade du bâtiment est la reproduction de la gare Montparnasse de Paris et représente, avec une vraie locomotive suivie du wagon-poste, le fameux accident ferroviaire de 1895. Un train venant de Granville, sans frein et sans contrôle, entra en gare à toute vitesse, arracha tous les butoirs et parapets en bout de quai, traversa la façade du bâtiment et l’immense rosace vitrée pour finir sa course 10 mètres plus bas sur la place de Rennes.
Le musée est un ensemble de répliques de machines à vapeur servant à différents usages construites par les trois frères de la famille Urbani.

Toutes les machines sont mises en situation et fonctionnent. Des guides animent les stands et nous expliquent chaque scène. Anaïs et Victor sont passionnés par cette visite et ces différentes machines : sidérurgie, céramique, rouleau compresseur, carrière, usine thermo-électrique, usine hydro-électrique, tracteur agricole, fabrique de papier...


Il y a même une horloge à vapeur. La seule autre horloge au monde à fonctionner ainsi est à Vancouver, au Canada.
Nous allons nous garer dans le centre ville de Canela. L’église Notre Dame de Lourdes est jolie avec ses murs en grosses pierres. L'intérieur est assez moderne.

Il fait un temps glacial et les rues de Canela sont battues par le vent. L’hiver s’installe doucement d’autant plus que nous descendons vers le sud du continent sud américain.
De plus, l’architecture des maisons et bâtiments ne méritant pas forcément de s'attarder très longtemps, nous nous réfugions vite dans le camping-car et bivouaquons dans une petite rue résidentielle de la ville, en remettant le chauffage...
Il y a tout de même de mignonnes maisons typiques en briques ou en bois.


Il fait toujours nuit de bonne heure, dès 17h30 et cela réduit considérablement les journées. D’ailleurs, sur l’ensemble de notre voyage, nous n’aurons eu que très peu de longues journées. Il aura fait nuit en moyenne tous les jours vers 18 heures, guère plus. C’est pour cette raison que nous ne veillons jamais trop le soir pour être en forme de bonne heure le matin et profiter au maximum de la journée.
Au fait, je ne vous ai pas dit, mais il y a une sacrée nouveauté depuis une quinzaine de jours, le frigo fonctionne de nouveau à une vraie température de frigo (ou presque) et le congélateur fait du vrai -15° ! Nous n’avons pourtant rien fait. Peut-être le changement d’altitude, d’humidité dans l’air, qualité du gaz... Bref, c’est cool.
Bon, par contre, il y a une mauvaise nouvelle car on n’a plus assez de gaz permettant de faire fonctionner le frigo quand on ne roule pas. Autant, il a été toujours assez facile de faire recharger nos 2 bouteilles (française et argentine) dans tous les pays traversés, autant au Brésil, nous ne trouvons pas d’adresse pour cela. La prochaine adresse est en Uruguay, quelques jours avant de reprendre le bateau et sur le bateau, les bouteilles doivent voyager à vide... Nous avons donc éteint le frigo qui est le plus gros consommateur de gaz et croisons les doigts pour que le fond de la bouteille que nous avons nous permette de tenir encore une vingtaine de jours pour la cuisson et le chauffe-eau... Après tout, nous avons bien déjà passé plusieurs mois sans frigo...

Jeudi 7 juillet :

Nous visitons en fin de matinée le Parque do Caracol. Situé entre les villages de Canela et de Gramado, il s’agit d’un parc où l’on se balade en pleine nature.

Les magnifiques arbres sont en majorité de majestueux araucarias. Nous en avions déjà beaucoup vu au Chili mais plus au sud, vers le 40ème parallèle.



Le parc est très agréable et bien aménagé. Nous longeons le rio qui se déverse sur de magnifiques « Corredeiras » (cascades).

Puis nous arrivons en haut d’un belvédère où nous avons un superbe point de vue sur une chute d’eau haute de 130 mètres. Dommage que l’escalier qui descende à son pied soit en maintenance.

Après avoir profité du beau soleil (mais pas très chaud...) en mangeant dehors, nous prenons la route pour quelques kilomètres et allons visiter le « Museu e Casa de Chá », appelé aussi « Castelinho Caracol ». Il s’agit d’une magnifique demeure construite en 1913 par une famille allemande. La maison est édifiée en bois d’araucarias.

Nous avons accès à toutes les pièces de la maison superbement meublée et décorée comme une riche demeure du début du siècle dernier.

Le parc de la demeure est aussi très agréable et nous visitons les dépendances dont la scierie à vapeur de la famille Franzen.




La journée continue en poursuivant la route vers Gramado. La ville est très touristique, très chic mais cependant bien agréable. Elle ressemble à un village de montagne de Suisse ou d’Allemagne avec ses chalets, ses constructions en bois et en briques et ses maisons à colombages.





En effet, beaucoup d’européens ont immigré ici. Ambiance vraiment montagnarde des Alpes avec ses restaurants de fondue, ses boutiques de vêtements réservées à une clientèle aisée, ses magasins de chocolat... Avec Victor, nous comprenons vite qu’en rentrant dans ses dernières, nous avons le droit à une dégustation gratuite. Ça tombe bien car nous sommes gourmands et c’est l’heure du goûter.
Nous complétons ces petits carrés de douceur par un excellent chocolat chaud bien épais. Délicieux et cela nous réchauffe un peu.
Il fait meilleur qu’hier et le soleil est au rendez-vous mais la température ne dépasse pas les 12° avec un petit vent frais. 

Vendredi 8 juillet :

Nous nous réveillons le bout du nez tout froid. Il fait 11° dans le camping-car...
Ecole puis nous visitons le musée « Mundo de Chocolate ». Une odeur gourmande nous monte déjà au nez dès qu’on entre dans celui-ci. Une fontaine de chocolat nous accueille dès l’entrée.
La salle suivante est entièrement en chocolat, du fauteuil à la bibliothèque en passant pas le tableau de La Joconde jusqu’à la table et au jeu d’échecs.

Puis, c’est une succession de salles sur le thème de différentes régions du monde avec 200 sculptures, pour certaines dépassant les 2 tonnes de chocolat.
Nous voyageons entre la jungle africaine, l’Egypte, l’Inde, la Chine, les Etats-Unis d’Amérique, Rio, Paris, Londres...







L’éléphant pèse 350 kg, la pyramide d’Egypte pèse 2000 kg autant que la voiture de Mister Bean !
Dégustation pour les gourmands et les gourmandes qui rêvent devant une parure de bijoux... en chocolat bien entendu.

En sortant dans le village, nous apprenons que le relais de la flamme olympique des prochains JO de Rio passe ici dans quelques instants. Quel hasard de se trouver ici, alors qu’elle est partie d’Olympie le 21 avril et qu’elle sillonne les 26 Etats du Brésil jusqu’à la cérémonie d’ouverture le 5 août grâce à plus de  12 000 relayeurs qui parcourent 20 000 km sur terre en passant par plus de 300 villes !
Nous sommes sur la ligne d’arrivée du relais et patientons devant une petite bière pendant que les brésiliens patientent avec leur Maté.

Puis au bout de deux heures d'attente, la flamme olympique passe devant nous en 3 secondes.
La flamme se conserve après son arrivée dans une lampe de mineur et la torche est ensuite éteinte jusqu’à sa prochaine étape.
Nous nous offrons un resto. Comme vous l’avez déjà compris, nous sommes vraiment en manque de fromage depuis le début de notre voyage... et là, dans les restos, ils servent de la fondue savoyarde !
Après avoir bien entendu négocié le prix et obtenu une remise de 30% sur le prix du menu, le demi-tarif pour Anaïs et la gratuité pour Victor, nous nous attablons dans un sympathique petit resto. Encore un patron qui n’a pas dû gagner beaucoup d’argent ce midi...
En entrée, fondue de fromage à volonté...
...en plat, pierrade de viandes à volonté, accompagné d'une multitude de sauces...
... et en dessert, fondue au chocolat à volonté...
On n’en peut plus...
Nous terminons la visite de Gramado par une cristallerie. Intéressante démonstration de souffleurs de verre qui passionne Anaïs et Victor.


Nous roulons pour descendre un peu en altitude pour avoir un peu moins froid cette nuit et bivouaquons en bord de route sous les projecteurs d’une station-service. 

Samedi 9 juillet :

Voici une journée un peu tristounette, celle qui va nous rapprocher de l’Uruguay. C’en est fini pour les visites au Brésil. 600 kilomètres nous séparent de la frontière. Nous en faisons 500 sous une pluie battante toute la journée. Les paysages ont l’air joli mais nous ne pouvons en profiter.
On ne va pas se plaindre, car nous avons eu depuis le début de notre voyage énormément de chance avec le beau temps et les rares journées de pluie ont souvent été des journées de route.
Bref, pas grand-chose à raconter aujourd’hui à part un grand sentiment de tristesse que notre si belle aventure se termine bientôt. D'un autre côté, l'idée que nous allons bientôt revoir les gens que nous aimons nous réconforte...
Le trait tracé par Audrey sur la carte d’Amérique du sud affichée dans le camping-car à tendance à se rapprocher du point de départ d’il y a un an. 

Dimanche 10 juillet :

Nous nous remettons de notre petit blues d’hier. Le soleil est de la partie aujourd’hui et nous comptons bien en profiter.
Dernier plein de carburant au Brésil et certainement du voyage, histoire de solder nos dernier Reais et aussi pour profiter du prix du gasoil meilleur marché au Brésil (0,40€/litre) par rapport à l’Uruguay. C’est le 122ème plein du voyage, déjà 3 600 litres consommés à une moyenne de 13 litres aux 100...
Une famille de brésiliens vient discuter avec nous et visiter le camping-car. Encore des gens charmants, accueillants et avec qui nous prenons plaisir à discuter. Ils sortent l’appareil photo, le trépied et immortalisent notre rencontre. Des premiers jusqu’aux tous derniers kilomètres parcourus au Brésil, nous aurons vraiment pris plaisir à discuter avec les Brésiliens qui sont certainement l’un des peuples les plus chaleureux que nous ayons rencontré. La barrière de la langue nous a malheureusement souvent obligé à abréger les conversations même si nous arrivions souvent à nous débrouiller en « portugnol », ce mélange de portugais et d’espagnol.
30 kilomètres nous séparent de la frontière uruguayenne. Nous pouvons aujourd’hui apprécier les paysages de cette langue de terre coincée entre l’immense Lagoa Mirin et l’océan Atlantique. Il a dû beaucoup pleuvoir récemment car les marécages sont bien inondés.
Nous arrivons à la ville frontière de Chui ou de Chuy selon le côté duquel on se trouve en ville. Pour une ville frontière, c’en est vraiment une... la ville est coupée en deux. Le poste de frontière brésilien est quelques kilomètres avant Chui.
Celui de l’Uruguay est après Chuy. La ville est dans un « no man’s land ». Elle s’étend le long d’une longue avenue. Du côté gauche de cette dernière, des duty-free. Du côté droit, des duty-free. C’est moche comme beaucoup de villes frontières. Un trafic pas très légal se déroulerait ici. Quelle différence avec les villes du Brésil si bien arrangées et propres. De nouveau, les rues sont défoncées par endroit, les poubelles traînent, les chiens abandonnés errent, des voitures en piteux état circulent...
Comme nous l'avions déjà vu au début de notre voyage en Uruguay, nous voyons de nouveau des épaves de vieilles voitures abandonnées dans les rues. Les charrettes attelées à des chevaux font partie de la circulation de Chuy.




Nous partons faire les démarches douanières pour entrer en Uruguay et revenons dans Chuy faire quelques courses.
Sympathique barbecue au bord d’un cours d’eau. Les perruches chantent dans les arbres. Les chevaux sauvages gambadent autour de nous. Bon, il y a aussi plein de poubelles qui traînent mais on ne les voit pas sur les photos.

Nous allons visiter le Fuerte de San Miguel dont la construction par les espagnols a commencé en 1734 avant que les portugais reprennent le site 3 ans plus tard.

Jolie construction défensive, bien restaurée. Les lichens jaunes orangés font encore mieux ressortir les 300 mètres de périmètre du fort.



A l’intérieur, visite des cuisines, des salles de commandement... Expo de médailles et de tenues militaires.

Par-dessus les fortifications, magnifique vue sur les alentours. Nous sommes dans le Parque Nacional San Miguel. C’est une immense réserve de Biosphère. De nombreuses lagunes et de marécages occupent cette zone en partie inondée en ce moment.

Il est 15h30, et il nous reste juste une demi-heure avant le coup d’envoi de la finale de l’Euro ; juste le temps de trouver un endroit où le match est diffusé. Retour à Chuy et c’est du côté uruguayen de la rue que nous cherchons en premier. Les brésiliens, vivant dans une ancienne colonie portugaise, parlant encore le portugais ont tendance à supporter les... portugais. Et ils ont encore en travers la finale de 1998. Nous avons eu l’occasion de passer une soirée avec des brésiliens où ils n’ont pas arrêté, avec beaucoup d'humour, toute la soirée, de nous reparler de ce match et de m’appeler Zidane...
Nous trouvons un bar où évidemment nous sommes les seuls à supporter les bleus. Mais, à nous 4, nous sommes toujours plus nombreux à supporter les français qu’il n’y a de spectateurs uruguayens ou brésiliens à regarder le match ! Les plus petites contenances de bière sont de un litre ; nous n’avons donc pas le choix.
Bon la suite du match, vous la connaissez...
Bivouac sur le parking de la frontière en sécurité sous les projecteurs et devant les douaniers. Nous ne sentions pas trop le centre ville de Chuy.

Lundi 11 juillet :

Matinée tranquille à faire l’école, des courses, recharger la bouteille de gaz (encore merci à l’indispensable (au moins pour le gaz) application iOverlander sans laquelle nous n’aurions jamais trouvé ce particulier qui recharge les bouteilles par transvasement avec une sécurité très relative au fond de son garage !). Nous pouvons enfin remettre en route notre frigo.
Avant de faire les courses, nous passons nous renseigner à la douane qui n’accepte pas que l’on  entre en Uruguay avec des produits frais. Oui, mais la ville de Chuy est à cheval sur les deux pays alors comment faire ? Réponse du douanier : on peut acheter de la viande et des fruits et légumes du côté gauche de la rue, pas du côté droit ! Et on doit garder le ticket de caisse pour leur montrer. Et on ne doit surtout rien acheter dans les boutiques Duty free.
Nous en profitons pour retirer des pesos uruguayens mais le DAB nous avale la carte de crédit. La banque me dit qu’ils ne peuvent pas ouvrir le distributeur sans la présence de la police qui passera peut-être dans l’après midi. Ou peut-être pas. Tant pis, nous avons d’autres cartes qui nous permettront de terminer le voyage sans problème. Coup de fil à notre banque pour faire opposition. Merci aussi à l’appli Skype qui nous permet de passer des coups de fils internationaux gratuitement (enfin, seulement 5€ pour un an !). Bien pratique pour les futurs voyageurs.
Nous roulons quelques kilomètres et nous arrêtons pour passer l’après-midi face à l’océan. Anaïs et Victor se font des cabanes dans les dunes de sables. Nous scrutons au large les baleines mais sans succès.
Bivouac sauvage au bord de l’eau. Sympa. L’orage arrive. Moins sympa. Nous nous réfugions dans le camping-car. Jeux de société, chocolat chaud, coloriages, préparation de l’itinéraire des 15 derniers jours...

Mardi 12 juillet :

Matinée tranquille. On prend vraiment le temps. Il nous reste 15 jours pour faire 300 km et rejoindre Montevideo !
Les enfants, après l’école, sortent terminer leur cabane commencée hier sur la plage. Le temps est gris ce matin mais moins venteux qu’hier. Durant le repas, le beau temps arrive et les nuages se dissipent pour laisser apparaître un grand ciel bleu.
Nous prenons la route qui à un moment devient étonnement d’un coup une piste d’atterrissage de secours ! Elle s’élargit sur environ 2 kilomètres avec possibilité de faire demi-tour pour les avions en bout de piste. Pas d’Airbus A380 en vue, nous passons.
Nous entrons dans le Parque Santa Teresa. Le parc est sympa et s’étend le long de l’océan. Planté d’eucalyptus et de palmiers, il est paraît-il noir de monde l’été, mais là nous sommes les seuls à nous y promener.





Un zoo est aménagé mais les animaux sont dans de tristes volières et cages. Quelques autres sont en semi-liberté. Mais les sentiers sont bien boueux avec les pluies des derniers jours.



A l’entrée du parc, un joli bâtiment manquant pourtant lui aussi d’entretien abrite des serres verdoyantes. Quelques fontaines, cascades et bassins agrémentent les lieux.

Le Sombraculo est un autre jardin à l’ombre d’une jolie structure en bois.


Nous accédons par un réseau de passerelles bien aménagées à la Laguna de Peña.

Mais l’hiver est là et  nous ne pouvons y observer beaucoup d’oiseaux, à part ces Pics Dominicains.
Nous allons à la rencontre de 3 sympathiques jeunes français juste arrivés en Uruguay et partis sur les routes des 3 Amériques jusqu’en Alaska.  Ils circulent à bord d’un vieux Combi Volkswagen de 1962...
Descente sur la plage et nous montons en haut du Mirador de las Ballenas mais toujours pas de chance et pas le moindre cétacé en vue. Il est peut-être encore un peu tôt dans la saison.


Nous ne pouvons bivouaquer dans le parc, sauf en payant. Nous faisons donc quelques kilomètres jusqu’au prochain village de pêcheurs, Punta del Diablo, et trouvons un superbe bivouac à quelques mètres de l’océan sur la Playa del Rivero.

Le tourisme s’est récemment développé dans ce village mais tout en conservant le charme de pittoresques quartiers de pêcheurs.

Nous croisons de jeunes hippies habitant les lieux. Les cabanes et maisons sont superbes. Construites avec des matériaux de récupération pour la plupart, elles sont en bois peint de toutes les couleurs et recouverts de tôles ou de chaume.











Encore un joli coucher de soleil sur la Playa del Rivero.

Mercredi 13 juillet :

Pendant qu’Audrey fait l’école à nos deux enfants, je pars avec l’ordinateur sous le bras à la recherche de wifi et également d’un point de recharge. Nos 2 PC sont assez gourmands en énergie et comme nous ne roulons pas beaucoup ces derniers jours, les deux batteries auxiliaires du camping-car faiblissent un peu. Et comme il n’y a du soleil qu’un jour sur deux, notre trop petit panneau solaire de 75W ne suffit pas. Autant nous avions bien réfléchi à l’aménagement du véhicule avant le départ, autant nous ne pensions pas être si juste en capacité d’énergie dès lors que nous ne roulons pas pendant deux ou trois jours et que nous rechargeons les PC portables. Si c’était à refaire, je partirai avec deux panneaux de 100W minimum.
Me voilà donc parti à longer la playa de los pescadores et assister au retour de pêche nocturne. Des marins peinent à sortir de l’eau leur petit chalutier et à le hisser sur la plage grâce à un treuil d’un autre âge. D’autres marins réparent ou fabriquent des filets de pêche. D’autres encore se réchauffent au soleil après leur nuit fraîche passée en mer. J’adore l’ambiance des ports. Surtout dans ce village hippie. Tout le monde est cool, tout le monde se salue. Je trouve un sympathique accueil dans un charmant endroit, « La Parisina » où une Tour Eiffel est dessinée sur la devanture.
Xavier, le patron, cuisine des quiches lorraines en vue de l’ouverture de son établissement tapissé d’affiches de Bob Marley. Ici, le café est gratuit, et on met une pièce dans un bocal en verre sur le comptoir. Des infusions d’herbes à 5 feuilles parfument le lieu. Les drogues douces sont légales ici et leur fumée embaume les lieux. Je lui demande pourquoi il a baptisé son bar d’un nom français. Il me répond tout simplement que c’est très « marketing » et que tout ce qui est français aide à vendre... Pas de wifi, qu’importe ! Je bois un café et discute avec Xavier et un ami à lui. Ils ont pas mal baroudé en Amérique du sud et nous échangeons agréablement.
Retour au camping-car. Les enfants sont déjà en récré sur la plage et jouent entre les rochers.

La vue sur l’océan est paradisiaque. Pourquoi s’appelle-t-il Punta del Diablo ? Le lieu est magique. Un petit havre de paix avec les 2000 habitants peuplant ce village. Malheureusement, la population décuple l’été et cela ne doit pas avoir le même charme.
Nous quittons ce séduisant port de pêche et retournons dans le Parque Santa Teresa visiter la Fortaleza du même nom.


A la différence de celle visitée il y a deux jours, ce fort a été construit en 1762 par les portugais avant d’être repris par les espagnols un an plus tard. Durant 100 ans, il passera ensuite plusieurs fois de la main des espagnols à celle des portugais. Il est deux fois plus grand que le Fuerte San Miguel et son périmètre mesure 600 mètres. Parfaitement rénové également, nous apprécions beaucoup ce lieu. La pierre poreuse est incrustée de lichens jaunes. Nous visitons les différents bâtiments du site : commanderie, cuisine, salle d’armes, poudrière, chapelle.






La vue sur les alentours est magnifique. D’un côté, l’océan Atlantique, de l’autre, la Laguna Negra où nous irons cet après-midi.


Nous partons pour la Laguna Negra, un agréable lieu sauvage, une immense réserve d’eau douce où nous accédons par une bonne piste de 5 kilomètres.
Encore un bivouac comme nous les adorons, seuls au monde à admirer la nature, les oiseaux et à voir Anaïs et Victor se construire des cabanes partout ou à s’amuser des heures avec deux morceaux de bois et trois cailloux...
L’endroit est reposant, calme, très bucolique comme dirait ma sœur. La végétation est recouverte de lichens.






L’endroit est réputé pour son coucher de soleil mais nous n’aurons pas cette chance. Les nuages nous ont laissés tranquilles toute la journée mais arrivent maintenant.

Jeudi 14 juillet :

Depuis quelques jours, nous avons prévu de nous retrouver avec Valérie et Christian, voyageurs au long cours que nous avions croisés au mois de janvier, dans le désert d’Atacama au Chili. En fin de matinée, ce sont donc les retrouvailles dans le village côtier d’Aguas Dulces et c’est avec grand plaisir que nous échangeons sur nos derniers mois. Eux ont passé 3 mois en France pour retrouver leur famille et viennent juste d’arriver en Uruguay. Ils sont donc de retour sur le continent sud-américain et continuent leur lente remontée vers l’Alaska. Ils sont au volant d’un camion qui nous fait rêver même si nous ne nous verrions pas au volant de cet énorme engin. Notre camping-car paraît bien petit à côté de ses quasi 10 mètres de long et 3,80 mètres de haut pour environ 12 tonnes.


Nous préparons un délicieux poisson au barbecue offert ce matin par une habitante du village à Valérie. Puis nous partons marcher sur la plage. Elle est déchaînée et une importante écume accompagne les vagues.



La mer doit souvent être forte ici car de nombreuses maisons construites sur la dune tombent petit à petit dans l’océan.

Retour par les rues de cet agréable et paisible village.



Nous poursuivons la soirée ensemble et prenons beaucoup de plaisir à échanger avec Valérie et Christian qui ont une grande expérience du voyage. Nous nous régalons et les envions en les écoutant parler. 

Vendredi 15 juillet :

Avant de nous séparer, nous partageons un café et chacun prend la route de son côté, eux vers le nord et nous vers le sud en espérant se revoir en France... ou en Afrique...
Nous ne sommes plus qu’à environ 300 kilomètres de Montevideo où nous avons prévu d’arriver d’ici une semaine. Nous avons donc tout notre temps pour traîner sur la côte uruguayenne entre stations balnéaires désertes et petits villages de pêcheurs.
Nous traversons les paysages de la lagune de Castillos et espérons pouvoir faire une excursion en barque dans la forêt insolite  de la plus vaste étendue au monde d’ombúes, une sorte de plante gigantesque. Mais encore une fois, pas de sorties en basse saison. Nous allons frapper à quelques portes mais personne ne peut nous emmener à la découverte de cette réserve naturelle. Nous profitons néanmoins de ces jolis paysages.





Nous poursuivons notre route jusqu’à La Paloma, station balnéaire pas très belle mais où nous trouvons quelques mignonnes maisons sur le rivage. Agréable promenade sur le sable de la plage en bas du phare.




Anaïs et Victor cherchent des coquillages. Nous voyons un Huîtrier de Garnot.
Un uruguayen nous aborde gentiment par quelques mots d’un bon français pour nous présenter toute sa sympathie suite à l’effroyable attentat survenu hier à Nice.
La journée se termine pour moi sur internet dans un bar pour mettre en ligne cet article et pour Audrey et les enfants à se mettre à jour dans leur cahier où ils collent prospectus, tickets d’entrées des différents lieux visités durant notre parcours.