mardi 26 juillet 2016

Dany le nain - épisode 31

LE CARNET DE VOYAGE DE DANY LE NAIN – ÉPISODE 31

Ouhlala, je réalise pas trop… tout est passé si vite, et c’est déjà… le dernier épisode de mon carnet de voyage !  Je dois dire que ça fait tout drôle ! D’accord, dans le voyage, y’a eu des hauts et des bas, d’accord,  je reviens bien amoché de cette aventure… mais là… se retrouver à nouveau à Montevideo… Bouh, ça me rend un peu triste ! C’est que je suis nostalgique, moi ! Je suis sensible, c’est ça qui me rend attachant ! Et je suis beau, aussi. Un dieu vivant.

Malgré mes quelques petits bobos…
Pour ce dernier épisode, j’ai décidé de prendre de bonnes résolutions : je ne râlerai pas, malgré tout ce qu’ils m’ont fait endurer, durant ces derniers jours. Je resterai calme, parce que ce serait bête de finir sur une note négative. Et là, je vous imagine, derrière votre ordinateur, en train de dire « Dany de bonne humeur, on aura tout vu ! ». Et bien oui, messieurs dames, tout le monde peut changer, même le nain de jardin quelque peu irascible que je suis ! Et oui ! Et puis d’abord, c’est quoi cette manie de… Non, Dany, reste calme… respire… houuu…  Voilà.
Donc non, je ne m’énerverai pas, malgré le fait qu’ils aient partagé une fondue au chocolat alléchante sans même me laisser y goûter…
Qu’ils m’en aient ensuite enduit la moustache, en se moquant de moi de manière abjecte…
Qu’ils m’aient mis dans la bouche d’un requin, dans le seul but que je me fasse dévorer (alors qu’en fait, ce requin était très sympathique, il s’appelait Michel et était fan de cassoulet )…
Qu’ils m’aient écrasé au sol, pour faire croire à un accident de train…
Et qu’ils m’aient obligé à faire 100 pompes au bord de l’eau…

Parce que, après tout, de tous ces mauvais moments, je garde un bon souvenir… Par exemple, de ces pompes au soleil, je garde le souvenir du merveilleux coucher de soleil qui se déroulait sous mes yeux…
Et puis je me suis fait de nouveaux amis… un peu trop sérieux pour moi, cependant… Mais sympa ! il faut toujours garder le positif de toutes ces aventures…
Vous voyez, quand je veux, je sais être positif, avec quelques efforts ! C’est plutôt sympa, d’ailleurs !
Et puis, tous ces beaux paysages vus, ces beaux pays traversés ne peuvent pas être gâchés par un simple sac rempli d’une odeur nauséabonde de pâté, ni par un petit accident au Salar d’Uyuni…
Tous ces amis que je me suis fait, toutes ces belles rencontres…












Et puis, les copains, j’ai pas que ceux là, j’ai aussi tous mes amis de Gifi… Rackham, Lindbherg… Y’a aussi Paulo, mon pote farceur… Je le reverrai, celui-là…
Et puis, toutes les bonnes choses ont une fin… C’est ce que je me suis dit, et je suis allé rejoindre les Mollalpagas qui buvaient un café. Ils étaient eux aussi très nostalgiques. Je me suis installé avec eux. Pour rigoler un peu, Sylvain a dit :
« Eh, vous voulez que je vous raconte une blague, j’en connais une bonne !
- Eh, ouais…
- C’est l’histoire d’un fou, qui repeint son plafond… »
A ce moment, tout s’est mis à bouillonner à l’intérieur de moi. J’avais beau faire tous les efforts possibles pour me contenir et rester de bonne humeur… impossible ! Toutes mes bonnes résolutions de paix intérieure se sont écroulées.  Il pouvait faire plein de choses, mais pas ça ! Il n’avait pas le droit ! Une année passée à tenter de me rappeler de cette blague, alors que môssieur la connaissait depuis le début ? Je fus pris d’une terrible envie de lui mettre une baffe, de lui mordre le mollet, de lui tirer les cheveux (ah non, impossible…trop courts, enfin, pour ce qui lui reste), je ne sais pas, mais j’étais prêt à exploser ! Tous ces efforts, réduits à néant, à cause de lui ! A cause de ce petit… Ce petit… Vous avez de la chance que je sois poli ! Grrrrr ! Il a poursuivi sa blague. J’avais envie de me boucher les oreilles, afin de ne plus entendre sa voix abjecte, et pour ne pas voir tous ces efforts anéantis en quelques mots, mais ma curiosité l’a emporté, et j’ai écouté.
« C’est l’histoire d’un fou, qui repeint son plafond, quand soudain, y’a un autre fou qui passe, et qui lui dit « accroche toi au pinceau, j’enlève l’échelle ! » Hahaha ! Elle est bonne, hein ? »
Personne n’a rigolé. Cette blague est nulle. To-ta-le-ment nulle. Pourrie. Nullos. Pourritos. J’ai gâché tout ce temps pour ça ? Pour ça ? Pour cette blague nulle et archi-nulle ? J’étais tellement triste et à fleur de peau, que j’ai senti une larme couler sur ma joue. J’ai toujours été un nain très malheureux, de toutes façons… alors un choc comme ça, j’encaisse le coup…C’est pas facile de réaliser, mais on prend l’avion dans quelques jours… C’est la fin d’un beau voyage…
Voilà, c’est ici que s’achève mon carnet de voyage de petit nain malheureux, et je crois que je suis encore en train de pleurer. Pardonnez-moi, c’est l’émotion !

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