Photo Alpagas

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lundi 9 mai 2016

Pérou du 26 avril au 2 mai : Lima, Paracas

307 km parcourus du 26 avril au 2 mai
28 090 km parcourus depuis le départ



Mardi 26 avril :

Nous sommes arrivés à Lima, la capitale du Pérou hier. Nous sommes finalement délogés, avec classe et sourire, de notre stationnement où nous étions mal garés devant un resto un peu chic. Bon d’accord, on ne discute pas. Quelques dizaines de mètres plus loin, nous réussissons à négocier un tarif raisonnable dans un parking sécurisé et gardé 24/24 avec eau et WC pour les 4 jours où nous allons rester à Lima en attendant impatiemment mon papa et Alexandre, le frère d’Audrey.
La matinée se passe tranquillement au camping-car à faire l’école et quelques démarches administratives par internet.
En début d’après-midi, nous prenons le bus pour rejoindre le centre historique de Lima. Quel plaisir de trouver une ville finalement propre et bien arrangée. Quel contraste avec l’autoroute urbaine et bondée qui nous avait tant déplu à l’aller et qui nous dégoûtait même de visiter la ville ! En même temps, les touristes étrangers qui ne font que passer sur le périf’ de Paris n’ont certainement pas trop envie d’aller visiter notre si belle capitale ! Merci Alex et JB de nous avoir donné ce bon plan de stationnement dans le quartier de Miraflores.
Les gens sont bien accueillants et souriants dans le bus et nous voyant avec notre Guide du Routard à la main à surveiller les stations de bus nous indiquent d’eux-mêmes le bon arrêt. Au bout d’une demi-heure, nous arrivons en plein centre historique Plaza de Armas.
Nous sommes accueillis par un policier qui vient vers nous pour nous présenter les principaux monuments de la place. Il propose à Anaïs et Victor de monter sur son drôle d’engin.
Nous commençons par la visite de la Cathédrale qui fut édifiée ici après le séisme de 1746 à l’emplacement d’un ancien sanctuaire. Les piliers de bois à l’intérieur lui ont permis de résister aux tremblements de terre suivants.
Une chapelle à l’intérieur recouverte de mosaïques illustrant l’arrivée des espagnols abrite le tombeau de Pizarro, conquistador espagnol arrivé au nord du Pérou en 1526.
C’est lui qui a mis fin à l’Empire Inca en décapitant en 1533 son dernier chef, Atahualpa, à Cajamarca, après s’être emparé d’une grande quantité d’objets en or qu’il avait demandés en rançon. En 1535, il fonde la capitale du royaume qui deviendra Lima. Il est assassiné en 1541. Ses restes ont été découverts en 1977 dans une caisse en plomb dans une des cryptes de la cathédrale.

Sont également ouvertes à la visite depuis peu les cryptes impressionnantes. La crypte de Nuestra Señora de la Candelaria a été découverte en 2011. 70 corps superposés ont été retrouvés dans des fosses communes. La crypte de la Asunción dont les travaux archéologiques ont commencé en 2003, quant à elle, accueillait les restes de 110 corps dont certains dans une tombe collective anti sismique... à 6 mètres de profondeur. Les ossements sont à la vue de tout le monde. Bizarre.
Le Panthéon, situé sous l’autel, abrite les tombeaux des archevêques, des canonisés, des enfants de la noblesse.
La Cathédrale compte un intéressant musée d’art religieux : mobiliers, objets sculptés, chasubles, objets cultuels, tableaux dont un intéressant présentant la Dynastie des Incas depuis Manco Capac jusqu’à Atahualpa, puis les rois espagnols qui leur ont succédé en 1533.
Sur le même côté que la Cathédrale, il y a le Palacio Arzobispal, ou Palais des Archevêques. Sa façade baroque est habillée de superbes balcons en bois sculpté.

Un peu plus loin, nous visitons la Casa De la Literatura Peruana, logée dans l’ancienne gare de la ville qui fut construite en 1851 en même temps que la première ligne de chemin de fer d’Amérique du sud.
Joli patio à colonnades, escaliers et verrières. L’endroit est aujourd’hui occupé par des bibliothèques et des espaces d’expos temporaires. Les lecteurs et étudiants sont installés en terrasse sur les anciens quais. Ambiance décontractée et sympa.


Petite pause gourmande au musée-boutique du chocolat, créé par deux français.
On y apprend les étapes successives depuis l’arbre à cacao jusqu’au produit fini. Voici un petit mot sur le cacao.
La cabosse est le fruit du cacaoyer et a la forme d’un ballon de rugby en plus petit. Chaque fruit contient environ 40 grains de cacao. Les cabosses poussent directement sur le tronc. La fève de cacao est la graine de la cabosse de cacao. Chaque fève est recouverte d’une fine peau, la coque, elle-même recouverte d’une pulpe sucrée, le mucilage. La partie interne appelée « gruée » est l’élément essentiel à la fabrication du chocolat. Les feuilles du cacaoyer sont très grandes et une fois à terre servent de nutriments à l’arbre et l’aident à se maintenir humide. La fleur est si petite qu’elle ne peut être polennisée qu’à partir de moucherons.
 

Environ 14% de la production mondiale est réalisée dans la zone intertropicale (chaude et humide) d’Amérique. Le Pérou ne produit que 1,4% de la production mondiale. L’Indonésie produit aussi 14% et le reste est produit en Afrique (dont 35% rien qu’en Côte d’Ivoire). Mais la consommation mondiale ne se fait pas du tout dans la zone intertropicale mais dans les pays d’Amérique du nord, d’Europe, en Russie, au Japon et en Australie. Chaque français mangerait environ 63 tablettes de 100 grammes de chocolat par an...
Afin de réaliser la fermentation, on verse les grains de cacao avec leur pulpe dans une caisse en bois que l’on recouvre de feuilles de bananiers et de toile de jute pour favoriser la température montante (jusqu’à 50°). La fermentation dure environ 6 jours et durant cette phase, la couleur et la saveur des fèves de cacao vont se développer. Vient ensuite la phase de séchage pendant 5 jours, de façon à  ramener la teneur en humidité à moins de 8%. Bon vous avez appris des choses ? Nous, oui... Maintenant, place à la dégustation de thé au chocolat, liqueur de chocolat, Pisco aromatisé au cacao, confiture de cacao... Mais la boutique vend aussi des produits de beauté à base de chocolat et des préservatifs au goût de chocolat... Pas testé...

Beaucoup de belles demeures sont habillées de jolis balcons.


De retour sur la place, nous passons par la suite devant le Palais du Gouvernement construit en 1920. C’est la résidence du Président de la République Ollanta Humala Tasso qui y vit ses dernières semaines de pouvoir avant le deuxième tour prévu dans quelques semaines.
Sur un autre côté de la Plaza Mayor, trône un autre édifice néoclassique, la Municipalidad (Mairie) datant de 1945.
Au centre de cette agréable place récemment restaurée, une belle fontaine en bronze datant de 1650.
Puis au sud de la place, un autre élégant bâtiment avec de jolis balcons.
Enfin pour clore cette première très agréable découverte de Lima, nous visitons l’Eglise de la Merced. Superbe façade en granit du Panamá apporté comme lest sur les navires. Le reste de l’édifice est comme souvent en Amérique du sud, coloré, ici de rose.

Ce soir, apéro, comme hier soir car il n’y a pas de raison. On est au pays du Pisco alors on en profite. 

Mercredi 27 avril :

Nous sommes garés face à une boutique appelée « La Baguette ». Pour la première fois du voyage, nous savourons du bon pain et apprécions le goût (mais pas trop la texture) de croissants français !
Journée tranquille. Je passe la matinée à travailler sur le blog et Audrey après l’école se met à jour avec les enfants sur leurs carnets de voyage. Rédaction des textes, choix des photos...
Puis, rangement, bricolage... avant l’arrivée prochaine de nos invités. Je sors cartouche de colle et de silicone pour réparer la vitre de la capucine cassée et différents « trucs » cassés ou dévissés dans le camping-car à cause des misères qu’on lui fait subir : cabine de douche, porte-serviette, échelle de lit, portes de placard, étanchéité du frigo car nous avons une odeur de gaz brûlé à l’intérieur...
Skype avec mon papa et Alexandre pour régler quelques derniers petits détails avant leur arrivée samedi.
En milieu d’après-midi, nous prenons le bus pour aller nous promener dans des parcs. Le premier est celui du Parque de la Exposición. Il est parsemé d’élégants pavillons construits en 1872 pour fêter le cinquantenaire de l’Indépendance du Pérou. Comme par exemple, le Museo del Arte de Lima, dessiné par Gustave Eiffel.

Nous voyons aussi d’autres jolis bâtiments comme le Museo del Arte Italiano ou bien encore le Centro de Estudios Historico Militare.



Il y a à l’extérieur du parc l’imposant Palais de Justice.
Nous traversons le quartier universitaire et arrivons rapidement dans le Parque de la Reserva où nous découvrons le Circuito Mágico del Agua.
Le parc rassemble 13 fontaines différentes. Ce serait le plus grand complexe de fontaines au monde. Elles sont superbes et les jets d’eau sont incroyables. Anaïs et Victor sont aux anges... La plus grande projette un geyser à 80 mètres de haut.




La pénombre venue, chacune s’illumine de toutes les couleurs. C’est vraiment très beau.




Puis à 19h15, nous assistons à un joli spectacle de son et lumière sur des airs musicaux aussi variés que le French Cancan ou El Condór Pasa avec rayons lasers et vidéos du Pérou projetés sur ce mur d’eau de 120 mètres de long et 20 mètres de haut.


Jeudi 28 avril :

Ecole. Le programme avance bien. Anaïs a quasiment fini son programme de CM1. Victor avance très bien. Il lit de manière de plus en plus fluide. Il travaille de plus en plus en autonomie. Les grandes vacances approchent à grand pas. J-2 avant l’arrivée de la famille. Durant cette période de 6 semaines, il n’y aura plus école tous les jours. Juste de la lecture et de l’écriture, notamment des textes alimentant le blog des enfants. L’école reprendra mi-juin jusqu’à fin juillet...
En fin de matinée, nous nous dirigeons vers le centre historique de Lima en passant de beaux monuments.

Nous arrivons à 11h30 devant le palais présidentiel où comme chaque jour, il y a la relève de la garde.
Nous assistons à ce joli spectacle où une magnifique fanfare composée de 32 instruments à vent, de 4 à percussions et d’un chef d’orchestre entame des airs gais et entraînants. Cela dure 45 minutes. Une centaine d’hommes en tout sont dans la cour du palais, tous habillés aux couleurs du Pérou, rouge et blanc.
Par contre, notre petit Victor n’est vraiment pas en forme aujourd’hui. Aussi, nous ne visiterons pas cet après-midi les monuments prévus car il est trop en vrac. Nous allons manger au mercado central qui comme dans chaque grande ville propose plusieurs stands de restauration. Ceviche pour les grands, poissons frits pour les petits.



Retour au camping-car dans des transports en commun bondés. On est serré comme des sardines.
Pendant que Victor entame une sieste réparatrice, nous nous lançons dans un grand ménage du camping-car avant l’arrivée de nos invités. Intérieur et extérieur, tout le monde s'y met et tout y passe.
Puis, il nous faut faire aussi un peu d’administratif : déclaration d’impôts, participation au mouvement pour la prochaine rentrée scolaire pour Audrey qui a perdu son poste en demandant un congé sans solde... L’administratif durant le voyage est assez simple à gérer grâce à internet. Merci à ma grande sœur de s’occuper de notre courrier postal et de nous faire suivre par scan les documents importants. Pendant qu’on est dans les remerciements, merci encore à ma grande sœur de passer un long moment à corriger les fautes d’orthographe de tous ces articles du blog que nous mettons en ligne.
Encore des mercis à vous tous, lecteurs de ce blog. Nous arrivons déjà à 50 000 articles consultés ! Et merci pour tous vos petits messages, souvent  via le formulaire contact qui nous font vraiment super plaisir !

Vendredi 29 avril : 

Il est 10 heures à Lima et 17 heures à Paris. Alexandre et mon papa viennent d’embarquer à Orly pour Madrid puis Lima. On est tout excité de les retrouver demain matin. Eux aussi, j’imagine.
Nous continuons notre grand ménage de printemps... euh, d’automne plutôt qui approche pour nous. Les collections automne-hiver 2016 viennent de sortir dans les magasins. Mais il fait encore super beau. Grand soleil et 25°. Très agréable et beaucoup moins chaud que lors de notre premier passage il y a tout juste deux mois où la chaleur était insupportable sur la côte.
Petit tour à la laverie. On en profite pour tout laver. C’est le pays d’Amérique du sud où c’est le moins cher, 1,30€ le kg. On limite depuis le début du voyage au maximum les laveries et nous y allons que lorsque nous avons les draps à laver, autant dire pas souvent... C’est plus par souci pratique car cela nous oblige à rester 12 ou 24 heures au même endroit en attendant le linge.
Victor est mieux mais encore un peu patraque. Anaïs prend le relais et c’est à son tour d’être en petite forme. On reste tranquillement au camping-car. On essaye de faire du rangement et de trouver une place pour nos deux passagers et pour leurs bagages. Ça devrait le faire.
Dans l’après-midi, nous nous rendons à pied sur les bords du Pacifique que nous surplombons du haut d’une corniche.
Nous sommes dans les quartiers chics. Beaux immeubles, jolis squares où des nounous péruviennes gardent des enfants aux têtes blondes. Nous sommes dans des quartiers où vivent résidents expatriés et habitants aisés de la capitale. Caméra à chaque coin de rue, gardiens à tous les immeubles.
Nous observons des écureuils en plein centre ville. Étonnant de trouver ces animaux ici de même que les colibris volant tous les matins autour du camping-car durant notre petit déjeuner.
Nous arrivons dans le quartier de Barranco, ancienne station balnéaire du 19ème siècle, et aujourd’hui peuplé d’artistes et d’intellectuels. Les demeures sont grandes et très colorées. Quartier bohème et bobo.




Le cœur de Barranco est son Parque municipal bordé d’une belle église coloniale et d’une jolie bibliothèque.

Plus bas, le Pont des Soupirs surplombe un vallon et une rue bordée de restos. Ambiance agréable.
Retour en bus Metropolitano à Miraflores où nous sommes installés en camping-car. Dernière soirée avant l’arrivée de nos très attendus voyageurs. Nous apprenons qu’ils sont bloqués à leur escale madrilène pour cause de mauvaises conditions météo. Finalement, avec 1h20 de retard, leur avion a décollé.

Samedi 30 avril :

5h du mat’, le réveil sonne. Alex et mon papa vont bientôt atterrir. Je réveille le gardien du parking afin qu’il m’ouvre le portail ; je découvre qu’il dort sur le siège de sa voiture. A cette heure-ci, la circulation de la capitale est encore fluide et nous arrivons en une heure à l’aéroport à l’instant même où l’avion atterrit. Une heure plus tard, ce sont les retrouvailles. Cela faisait 8 mois et demi que nous n’avions pas vu mon papa et le frère d’Audrey. Quelle joie et quelle émotion !

Rapidement, nous sortons du parking avant qu’il n’y ait trop de circulation et nous dirigeons quelques kilomètres plus loin vers le quartier de Pueblo Libre.
Petit déj’ partagé avec des bons croissants et pains au chocolat achetés hier à Montparnasse. On leur avait dit qu’on voulait bien aller les chercher à l’aéroport à condition qu’ils arrivent avec des viennoiseries françaises...
Puis, dès 9 heures, nous voici déjà tous les 6 à faire notre première visite tous ensemble. Nous avons choisi le Musée Larco fondé en 1926 par un archéologue péruvien, Rafael Larco Hoyle à qui l’on doit de nombreuses découvertes sur les civilisations précolombiennes. Le musée est installé dans une superbe demeure du 18ème siècle autour d’un ravissant jardin fleuri de bougainvilliers.


Ce musée balaye les différentes civilisations précolombiennes du Pérou. La mise en valeur des pièces et l’explication en français sont tout simplement excellentes. La présentation est claire et les jeux de lumière mettent superbement en valeur la richesse, la beauté  et le superbe état de conservation des pièces.
De nombreuses céramiques sont exposées, notamment de la période Mochica (avant le 8ème siècle).


Les autres salles sont consacrées aux tissages, aux sacrifices humains, métaux (or, argent, cuivre), musique et danse, vêtements et ornements.








Les guerriers partaient à l’époque au combat avec de luxueux vêtements et bijoux. Les parures étaient utilisées comme des symboles religieux et de prestige, montrant la fonction cérémonielle des combats. A ces combats, suivent les sacrifices et l’offrande du sang à certains Dieux majeurs.
Les combats rituels et les sacrifices destinés à rétablir l’ordre perdu suite à des phénomènes naturels (tremblements de terre, phénomène climatique El Niño) avaient lieu fréquemment. D’autres cérémonies importantes étaient associées au calendrier agraire.
Lorsque mourraient les gouvernants des sociétés précolombiennes, ils devaient se convertir en demi-Dieux ou en ancêtres afin de pouvoir se rapprocher des Dieux. Les rituels funéraires étaient essentiellement menés pour assurer la réussite de cette transformation. Le culte des ancêtres impliquait de la part des anciens péruviens une préparation soigneuse de l’enterrement de leurs gouvernants. Dans l’ancien Pérou, la mort n’était que le commencement d’une nouvelle vie. C’est pourquoi on trouve dans les tombes des Seigneurs toute les richesses qu’ils avaient acquises durant leur vivant et des objets fabriqués exclusivement pour la vie après la mort. Des céramiques, des poupées tissées, des objets en or accompagnaient donc le défunt.
De superbes pièces sont présentées comme cette tête de fardeau funéraire ou ces masques funéraires en cuivre doré incrustés de coquillages.

Cette momie Huari est celle d’un enfant de 4 ou 5 ans avec son masque funéraire et sa chevelure tressée ; elle date du 8ème siècle.
Nous revoyons les fameux Quipus, ancienne méthode de comptabilité Inca qui était le principal système d’enregistrement des informations de l’administration Inca. Les couleurs, les nœuds, les distances entre ces derniers permettaient de distinguer le type d’objet ou bien les caractéristiques propres à la population qui étaient enregistrées. Le positionnement des nœuds le long des cordelettes indiquait depuis les unités jusqu’aux dizaines de milliers.

Une autre pièce majeure du musée est ce trousseau funéraire en or de l’époque Chimú (1300-1532 ap JC). Il aurait appartenu à un grand Seigneur enterré dans la ville en terre crue de Chan-Chan que nous avions visitée il y a deux mois.
La visite continue par une curieuse collection d’art érotique ; les enfants nous attendent gentiment à l’extérieur... Même les morts et les animaux participent à de joyeux ébats amoureux... Les représentations sexuelles dans l’art précolombien étaient associées aux rites de la fertilité, aux sacrifices et au culte des ancêtres.


Enfin, la visite se termine par les réserves du musée soit près de 45 000 pièces disposées dans des vitrines. Incroyable de voir autant de beaux objets ici réunis.

Après cette première riche entrée en matière pour Alex et mon papa, nous retournons au camping-car après 3 heures de visite passionnante. Nous retournons nous garer dans le quartier de Miraflores.
Déballage de cadeaux (Légo, perles, livres...) et de quelques spécialités culinaires que nous ne trouvons pas ici : Ricard, Toblerone, Bâton de Berger, Coulommiers Rustique... du bonheur...

En milieu d’après-midi et après une petite sieste pendant laquelle nos voyageurs pensaient que c’était la nuit, nous partons en bus en direction du centre historique de Lima. Nous leur montrons les principaux monuments du centre historique qui sont présentés au début de cet article : plaza deArmas, Cathédrale, Archevêché, Palais du gouvernement, ancienne gare, église de la Merced..
Puis, nous allons visiter la Basilique et le Couvent de San Francisco de Asís. C’est l’un des ensembles coloniaux les mieux préservés de Lima. A gauche, l’église de la Soledad. Au milieu, le monastère. A droite, l’église de San Francisco avec son harmonieuse façade encadrée de deux clochers.


La visite du monastère commence par l’étage que l’on atteint par un escalier coiffé d’une magnifique coupole en bois de style mudéjar.
Magnifique bibliothèque abritant 25 000 ouvrages du 16ème au 20ème siècle, dont beaucoup viennent d’Europe, sur les étagères où l’accès aux galeries se fait par deux escaliers en colimaçon.
Nous entrons dans la tribune du chœur de l’église San Francisco où à cet étage, on admire les stalles sculptées dans du cèdre. Les moines assis pour la prière sur ces superbes chaises chantent les chants grégoriens apparaissant sur les livres posés sur ce lutrin rotatif du 17ème siècle.

La visite continue par le cloître aux murs recouverts d’azulejos de Séville de 1620 et les plafonds sont faits d’un remarquable assemblage de caissons en bois sculpté, de style mudéjar.



On continue par la salle capitulaire.
Puis la Pinacothèque et le réfectoire.Dans ce dernier, il y a un intéressant tableau peint par le jésuite Diego de la Puente où il s’est inspiré de « La Cène » de Léonard de Vinci en l’adoptant aux coutumes péruviennes. On y voit au centre de la table un cuy (cochon d’Inde) et quelques fruits tropicaux.
Enfin, la visite très intéressante bien que le guide la fasse un peu au pas de course, se termine par les très étonnantes catacombes. Ces fosses communes ont été découvertes en 1943. On estime que les restes de 25 000 personnes ont été entassés ici du 15ème au 18ème siècle. Certaines estimations annoncent le chiffre de 70 000 personnes.
L’église a remarquablement résisté au séisme de 1746, en particulier grâce à ses fondations antisismiques et son puits de 10 mètres de profondeur et de 3 mètres de large, en plein centre de l’édifice qui absorbe les ondes sismiques. Ce puits est rempli d’ossements humains arrangés en forme de rosace.
Nous sortons de cette remarquable visite et profitons de la nuit tombée pour admirer les monuments éclairés qui donnent une autre allure à cette ville qui grouille de monde en cette fin de journée.


Nous visitons la Casa Bodega y Quadra. Ce sont des ruines restaurées d’une maison d’une famille noble espagnole où nous voyons une petite zone archéologique où ont été remontés pans de murs, arches et soubassements.
Il est temps de rentrer au camping-car car Alex et mon papa sont bien fatigués entre les 31 heures de transport qu’ils ont eu de porte à porte, les 7 heures de décalage horaire puis cette journée bien remplie en visite.

Dimanche 1er mai :

Nous quittons Lima. Premiers kilomètres à 6 dans le camping-car. Nous disposons de 4 places assises autour du coin dinette. Chacun prend sa place. La sortie de la capitale en ce dimanche se fait facilement. Nous traversons le quartier de Barranco où nous étions venus avant-hier. Nous apprécions les rues bordées de maisons aux façades colorées. D’anciennes maisons coloniales ont de jolis balcons en bois.

De nombreuses fresques décorent les murs.


Puis, nous arrivons dans des quartiers plus populaires en sortie de ville. Les abords de la ville restent propres.
Les paysages sont pollués par des centaines de panneaux publicitaires énormes. Beaucoup mesurent plus de 50m².



Nous roulons sur la Panaméricaine sud en longeant les plages. Petite pause sur l’une d’elles pour qu’Alex et mon papa foulent pour la première fois le sable fin du Pacifique et y trempent leurs pieds. De gros rouleaux s’éclatent sur la plage.
Nous reprenons la route et traversons des paysages désertiques où une fois de plus, nous nous demandons comment font les gens pour vivre dans de tels endroits.

Il y a toujours les nombreux élevages de volailles.
Comme de nombreuses fois depuis le début du voyage, nous nous faisons arrêter pour un contrôle de gendarmerie. Je donne mes papiers. La policière passe un long moment sur son téléphone à pianoter. Au bout de 5 minutes, elle m’explique que je viens d’être contrôlé en excès de vitesse à 39 au lieu de 35 km par heure. L’amende se porte à 900 NS soit 235€ ! Elle me montre son téléphone sur lequel est effectivement écrit mon numéro de plaque d’immatriculation avec les vitesses marquées. J’y crois à peine car cela faisait plusieurs kilomètres que je roulais sur l’autoroute à environ 100 km/h... Je lui fais comprendre que je ne veux pas payer. Son collègue arrive. Je refuse toujours de payer. L’amende passe à 500 NS. Je sens l’arnaque et cela pue à fond la corruption.  Je comprends que le temps passé par la policière sur son téléphone était fait pour qu’elle rentre manuellement les fausses informations. Le dialogue continue, l’amende passe à 200 NS... Je leur dis que je vais appeler l’ambassade. Ils me disent de descendre et m’invitent à les rejoindre à l’arrière de mon véhicule à l’abri des oreilles familiales. Ils font semblant d’appeler leur supérieur qui accepte d’annuler l’amende à condition que je leur donne quelque chose. Maintenant, ce sont eux qui me demandent combien je suis prêt à donner. « Ben toujours rien ! ». Ils me disent que je dois donner pour le chef (qu’ils n’ont jamais appelé, j’en reste convaincu...) une certaine somme. Je reste sur ma position fermement mais poliment. Ils me disent de continuer ma route, sans amende, et me souhaitent un bon voyage en me serrant la main ! Avant ce contrôle, je venais juste de faire remarquer à mon papa la présence d’un panneau « Pérou, un pays sans corruption »...
Nous quittons la panam’ et nous dirigeons vers la ville de Pisco, où 600 habitants ont perdu la vie en 2007 lors d’un violent séisme de 8 sur l’échelle de Richter. La ville reconstruite en grande partie a encore quelques bâtiments en ruines dont l’église où l’état a nécessité la construction d’une nouvelle plus moderne à côté.
Nous arrivons à l’heure où le soleil se couche à El Chaco, et bivouaquons en bord de Pacifique.

Petit tour à la pharmacie car Audrey s’est bien entaillée un doigt en cuisinant. Plus de peur que de mal (quoique, elle déguste quand même...) et la plaie ne nécessite pas de point.
Anaïs de son côté est toujours malade et est assez faible. Mais nous sentons un peu de mieux.
Apéro pour fêter cette journée remplie d’émotions... Nous faisons découvrir à la famille la boisson nationale, le Pisco que l’on mélange ce soir à du Coca-Cola.

Mercredi 2 mai :

Réveil matinal pour un départ en mer. Au programme de ce matin, excursion de deux heures en mer dans la réserve nationale de Paracas, autour de l’archipel des îles Ballestas (formé de 22 îles).



La balade de deux heures en mer commence par un point de vue sur un très grand géoglyphe, « el Candelabro ».

Celui-ci reste un mystère pour les scientifiques qui n’expliquent pas son origine. Il mesure 170 mètres de haut et 78 mètres de large. Il a été fait directement sur le sable de la péninsule de Paracas. Certaines hypothèses laissent penser qu’il aurait pu s’agir d’un repère pour les navigateurs. D’autres spécialistes pensent qu’il pourrait s’agir d’une représentation du cactus San Pedro que les cultures anciennes utilisaient comme substance hallucinogène. D’autres hypothèses pensent que le candélabre pourrait dater de l’époque des espagnols... Cette figure ne s’est pas abîmée avec le temps en raison du climat très sec de cette région où il ne pleut pas. Les sillons créés en retirant le sable ont une profondeur de 10 à 60 cm aujourd’hui, là où à l’origine ils avaient une profondeur de 1 mètre.
Nous repartons en mer en direction des îles Ballestas où durant une heure, le bateau va s’approcher des rochers pour nous faire découvrir la beauté de ces îles peuplées d'une quantité incroyable d'oiseaux.








Nous voyons de très nombreux lions de mer.




Quelques gros mâles de plus de 300 kg sont affalés sur les rochers. Ils ont au cours de leur vie de 20 ans une centaine de bébés avec une dizaine de femelles différentes.
Ils se nourrissent quotidiennement de 25 kg de poissons, crustacés et de calamars. A la différence des phoques, ils ont de petites oreilles visibles. Ils se déplacent grâce à leurs larges pattes arrière. L’espèce est bien entendu aujourd’hui protégée depuis 1959 mais ils ont été chassés durant 200 ans pour leur peau, leur graisse et leur viande. Entre 1925 et 1946, 1 million de peaux de lions de mer dont la majorité appartenait à des petits ont été exportées du Pérou. En 1950, il ne restait que 40 individus au Pérou. La population aujourd’hui est estimée au Pérou à 125 000 lobos marinos.
Nous découvrons la diversité des oiseaux endémiques aux courants de Humboldt : pingüinos de Humboldt, Guanay, Piquero, Pelícano Peruano, Zarcillo, Gaviota Perunana, Chuitas...













Le manchot de Humboldt fait partie du genre Spheniscus comme les manchots de Magellan que nous avions vus à la péninsule Valdés et à Punta Tombo en Argentine ou comme les manchots des Galápagos que nous avons vus en Equateur dernièrement. Les manchots vivant dans l’hémisphère sud se différencient des pingouins vivant dans l’hémisphère nord par le fait que seuls ces derniers savent voler. Ici, les manchots n’ont pas d’ailes.

De 1840 à 1879, les îles Ballestas ont vécu de l’exportation du guano (déjections des oiseaux marins utilisées comme engrais). Durant cette période, 11 millions de tonnes ont été exportées à travers le monde. L’arrivée des fertilisants synthétiques aux Etats-Unis a mis fin à l’exploitation du guano. Il reste sur les îles les infrastructures de l’époque.

Nous avons la chance de voir des dauphins lors de notre retour.
L’après-midi, nous nous rendons à la réserve désertique de Paracas composée de 335 000 hectares de terre et de mer. Les dunes de sable prennent des tons bruns et ocres en passant par le jaune. La piste est en travaux mais en assez bon état.





Je regarde dans mon rétro quand tout à coup, je vois passer une météorite... la fenêtre de la capucine, fragilisée par sa première chute la semaine dernière, est de nouveau restée ouverte (comment a-t-on pu l’oublier une seconde fois ???) et vient de nouveau de se décrocher. Par chance, je l’ai vu tomber et surtout, elle ne s’est pas plus cassée.
Nous arrivons sur la Playa Roja qui comme son nom l’indique est faite d’un sable de couleur rouge.

Tout se passe bien jusqu’au moment où pour une raison encore inexpliquée, je m’écarte du chemin sur son côté que je pensais stabilisé. Mais j’ai très mal pensé... et me suis ensablé... et même bien ensablé. Le châssis avant est posé sur le sable. Tous mes passagers descendent pour pousser, en vain...

Des automobilistes gentiment s’arrêtent pour aider à pousser, en vain... Un premier 4x4 s’arrête mais ne souhaite pas nous aider. Je sors mes plaques de désensablage que nous arrivons à glisser sous les roues soulevées à l’aide de mon cric. Mais je suis tellement planté que les plaques sont trop en pentes et mes pneus patinent sur les tôles. Un autre minibus de touristes anglophones tente de nous pousser, avec le sourire, en posant pour les photos. Finalement, un bus de touristes s’arrête et me sort de là en quelques instants grâce à ma sangle... Ouf... On est plein de sable, car le vent souffle sur la péninsule.

Nous continuons jusqu’au petit port de pêche de Lagunillas. Nous offrons une bière à un jeune couple de voyageurs français qui nous a aidés à nous sortir du sable tout à l’heure.
Puis, nous allons savourer quelques spécialités péruviennes de bord de mer : ceviche, mariscos... régalent nos papilles et celles de nos voyageurs fraîchement débarqués au Pérou.
Autour de nous, les bateaux rentrent de pêche, accompagnés de pélicans en vol. Nous partageons un très bon moment.

En sortant du resto, nous partons assister au débarquement des caisses de poissons des chalutiers. Un pêcheur nous vend un sac de poissons qu’une femme accepte de nous préparer en filets. Anaïs et Victor lancent des petits poissons, qu’un pêcheur leur donne, aux pélicans qui ouvrent grand leur bec.

L’après-midi, nous nous promenons en camping-car à travers la péninsule. Les paysages sont incroyablement arides. Il n’y a pas un brin d’herbe. Pas un point d’eau. Quel contraste avec l’immensité bleue du Pacifique si près.
Petit arrêt sur un site où nous observons des fossiles de Turritellas qui sont des petits escargots qui vivaient dans les mers à l’époque chaude de la baie de Paracas il y a 36 millions d’années. Nous trouvons même un exemplaire que nous ramassons pour tonton Armel !

En bord de mer, nous voyons un groupe de flamants roses. 
Retour à notre lieu de bivouac d’hier soir où nous profitons de nouveau d’un joli coucher de soleil derrière les montagnes de la péninsule de Paracas.
Anaïs va mieux. Alexandre et mon papa se sont étonnamment vite remis du décalage horaire et semblent ravis, tout comme nous, de partager ces moments.

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